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L’Euro coûte plus cher… Peut-on parler de dévaluation du Fcfa en catimini ?

Dans les faits, il faut désormais plus de FCFA pour avoir un euro. Le FCFA commun aux 6 pays de la CEMAC aurait-il été dévalué à l’insu de tous ? Voici ce qu’il en est.

La toile s’est enflammée lundi dernier au sujet du débat sur la dévaluation du FCFA après que des utilisateurs aient publié des coupons de transactions de leurs opérations avec la BNP Paribas montrant clairement que l’euro s’échangeait à 740 voire 741 FCFA. S’il faut désormais plus de FCFA pour avoir un euro, doit-on en conclure que la monnaie ayant cours légal au Cameroun s’est-elle dépréciée ? Sujet d’un débat qui méritait un éclairage.

Les avis des experts sollicités ne tranchent pas nettement la question en y apportant des réponses simples pour tout le monde. On s’en serait d’ailleurs douté, les questions économiques et singulièrement monétaires n’étant pas des plus aisées. Reste que la convergence de toutes ces réponses plurielles à la même question renseigne bien sur le fait qu’il n’y a pas eu de dévaluation et par conséquent la monnaie ne s’est pas dépréciée dans l’absolue. Cette dépréciation relative est le fait de nouvelles normes récemment introduites dans les transactions bancaires sans trop de publicités et que les usagers découvrent avec un relatif pincement au coeur et dans le portefeuille. Il s’agit de la nouvelle réglementation Num2/18/CEMAC/UMAC/CM du 21/12/18. Celle-ci stipule en son art 37 que : “ Les transferts à destination de l’extérieur peuvent être soumis à une commission de transfert déterminée par le jeu de la concurrence.” Avant cette directive, le taux de commission de transfert était bloqué à 0,5%. Un verrou qui a été levé pour laisser libre cours à un taux flottant déterminé par “le jeu de la concurrence” (sic). Les Banquiers se sont donc engouffrés dans cette brèche pour diligenter les opérations avec la clientèle au mieux de leurs intérêts et de leurs profits. Pour les opérations qui justifient le débat de ce début de semaine, le taux de commission de transfert dans les faits, est donc passé de 0,5% à 6% net.

On retient aussi que cette innovation créée par la nouvelle directive CEMAC a rendu possible l’intervention de nouveaux partenaires liés aux Banques commerciales. C’est le cas de “Alternate Solutions” dont le nom apparait dans la transaction querellée de BNP Paribas et dont la mission serait de surveiller la valeur de l’opération en sa monnaie d’origine, une opération qui comporte un risque, pour lequel l’opérateur doit être rémunéré. Ainsi les 6% observés au final intègrent les gains de l’opérateur, de la banque et l’exploitant du Guichet automatique de Banque (GAB).
Au-delà de ces mécanismes qui alourdissent les transactions financières, le constat est que ce nouveau taux se rapproche de la valeur observable dans les circuits des cambistes informels que l’on rencontre dans les couloirs de nos aéroports ou tout au long des rues qui jouxtent l’hôtel Akwa Palace pour ceux qui sont à Douala, la capitale économique du pays.

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Michel Eclador PEKOUA
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