Brazzaville : Vives tensions après des actes criminels, la communauté camerounaise ciblée

pillages

Des informations alarmantes nous parviennent de Ouesso, au Congo-Brazzaville. Selon des sources locales relayées par 237online.com, la ville serait le théâtre de graves exactions visant spécifiquement les ressortissants camerounais, sur fond d’accusations criminelles. Une situation explosive qui suscite l’inquiétude et appelle à la plus grande prudence.

Rumeurs d’enlèvement et de viol, la communauté camerounaise dans la tourmente

À l’origine de ces tensions : des allégations d’enlèvement et de viol d’une jeune Congolaise par deux individus qui seraient de nationalité camerounaise. Les suspects auraient également réclamé une rançon de 2,5 millions de francs CFA pour libérer leur victime.

Des accusations graves, qui ont rapidement enflammé les esprits et donné lieu à des appels à la vindicte contre la communauté camerounaise dans son ensemble. Selon nos sources, plusieurs boutiques tenues par des Camerounais auraient été vandalisées et pillées en guise de représailles.

Amalgames dangereux et risque d’escalade

Si ces actes criminels sont avérés, ils suscitent une légitime émotion et appellent à une réponse ferme de la justice. Mais ils ne sauraient en aucun cas justifier une chasse aux sorcières visant toute une communauté sur la base de sa nationalité.

Car c’est bien le risque qui se profile : celui d’un engrenage de violences et de représailles, nourri par des amalgames dangereux. Un scénario catastrophe qui ne ferait que des perdants et déchirerait un peu plus le tissu social entre deux peuples frères.

Appels à la retenue et au respect de l’état de droit

Face à cette situation explosive, les appels à la retenue et au calme se multiplient. Autorités locales, leaders communautaires, simples citoyens… De nombreuses voix s’élèvent pour prêcher la sagesse et le respect de l’état de droit.

« Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes criminels s’ils sont avérés, mais nous refusons la stigmatisation de toute une communauté », déclare un responsable associatif camerounais à Ouesso. « La très grande majorité des Camerounais ici sont des gens honnêtes et pacifiques, qui ne demandent qu’à vivre en harmonie avec leurs frères congolais. »

La Voix de la raison doit l’emporter

Au-delà de l’émotion légitime, c’est bien la voix de la raison qui doit l’emporter. Justice doit être faite, dans le respect des droits de chacun et des principes de l’état de droit. Les coupables doivent être identifiés et punis selon les lois en vigueur, sans que cela ne donne lieu à une vendetta aveugle.

C’est un appel à l’apaisement et au dialogue que nous lançons aujourd’hui. Camerounais, Congolais, nous sommes tous frères et nous aspirons tous à vivre dans une société de paix, de justice et de concorde. Ne laissons pas le crime de quelques individus entacher nos relations séculaires et briser notre unité.

Aux autorités, nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces graves accusations, avec diligence et transparence. Aux citoyens, nous rappelons que la stigmatisation et la violence ne sont jamais des solutions. Seuls le droit, le dialogue et la fraternité nous permettront de sortir grandis de cette épreuve.

Plus que jamais, Camerounais et Congolais doivent rester unis dans l’adversité. Car c’est ensemble, et seulement ensemble, que nous pourrons bâtir un avenir de paix et de prospérité partagée pour nos deux nations. Ne laissons pas la haine l’emporter, soyons les artisans d’une Afrique de la tolérance et de la fraternité !

Par Emmanuelle Mbenga pour 237online.com

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