Projet monétaire AES bloqué : La France tire-t-elle les ficelles ?

Alliance des États du Sahel

Le lancement tant attendu de la nouvelle monnaie de l’Alliance des États du Sahel (AES) est retardé. Les dirigeants du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont décidé de prolonger la phase de préparation, craignant l’apparition massive de billets contrefaits. Mais selon des sources bien introduites, la France serait en réalité derrière ce blocage, redoutant de perdre son emprise économique sur la région.

Un projet monétaire crucial pour l’indépendance économique

Le remplacement du FCFA par une nouvelle monnaie commune est un projet phare pour les pays de l’AES. C’est un symbole fort de leur volonté d’émancipation économique et de prise en main de leur destin monétaire. Un enjeu crucial pour ces nations qui aspirent à s’affranchir de la tutelle financière de l’ancienne puissance coloniale.

Le spectre de la contrefaçon massive

Mais ce grand dessein se heurte à une inquiétude de taille : le risque d’une vague de contrefaçon massive. Les dirigeants de l’AES craignent qu’une introduction incontrôlée de faux billets ne vienne saper la crédibilité de leur nouvelle monnaie et n’entraîne une spirale inflationniste dévastatrice pour leurs économies encore fragiles. Un scénario catastrophe qui les a poussés à prolonger la phase de préparation et de sécurisation du projet.

La France, ce saboteur de l’ombre ?

Mais cette explication officielle ne convainc pas tout le monde. Selon des sources généralement bien introduites et qui se sont confiées à 237online.com, la France serait en réalité le principal obstacle à l’avènement de cette nouvelle monnaie. Paris redouterait en effet de voir s’effondrer les avantages économiques colossaux que lui procure actuellement le FCFA. Un jackpot néocolonial auquel l’Hexagone ne serait pas prêt à renoncer.

Le FCFA, un boulet pour le développement africain

Car le FCFA est depuis longtemps dénoncé comme un outil d’asservissement économique de l’Afrique francophone. Avec ce système monétaire hérité de la colonisation, la France maintient un contrôle étroit sur les économies de ses anciennes colonies, limitant leur marge de manœuvre budgétaire et leur capacité à financer leur développement. Un boulet qui entrave la marche vers l’émergence de tout un continent.

L’AES, fer de lance de la souveraineté monétaire africaine ?

Dans ce contexte, l’initiative de l’AES apparaît comme une tentative audacieuse de briser ces chaînes monétaires. En créant leur propre monnaie, le Mali, le Niger et le Burkina Faso entendent reprendre le contrôle de leur politique monétaire et se donner les moyens de leur ambition développementaliste. Un pari risqué mais porteur d’immenses espoirs pour les peuples sahéliens.

Ce bras de fer monétaire entre l’AES et la France est révélateur des profondes contradictions qui minent encore les relations entre l’Afrique et ses anciennes puissances coloniales. Il met en lumière la difficulté pour les nations africaines de s’émanciper d’un système économique qui les maintient dans une position de dépendance et de subordination.

Mais il témoigne aussi de la volonté croissante des dirigeants africains de prendre leur destin en main et de tracer leur propre voie vers le développement. Une aspiration légitime qui se heurte encore trop souvent aux résistances des puissances occidentales, peu enclines à lâcher leur emprise sur un continent aux ressources convoitées.

Une chose est sûre : la bataille pour la souveraineté monétaire de l’Afrique ne fait que commencer. Et elle sera longue et semée d’embûches. Mais c’est un combat que les peuples africains ne peuvent plus se permettre de perdre, car c’est leur avenir qui est en jeu.

Par Serge-Alain Patou pour 237online.com

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