Afrique

Union Africaine : La crise anglophone évoquée à Addis-Abeba

La délégation camerounaise s’est prononcée sur la question auprès des instances de l’organisation panafricaine.

Avec la crise anglophone, des Camerounais, plus que jamais, ont quitté leur lieu de vie pour s’installer ailleurs. On compte désormais plus de réfugiés camerounais dans le monde. De même que des déplacés internes. Les exactions de Boko Haram avaient déjà conduit certaines populations à se déplacer à l’intérieur du triangle national. « Les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées en Afrique » est le thème du 32e qui s’est achevé hier à Addis-Abeba en Ethiopie. C’est le thème de l’année 2019.
Il faut combattre les causes qui poussent les gens à partir, pense Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine. Pour le
nouveau président de l’Union africaine, Abdel Fattah al-Sissi, il y a beaucoup de fléaux en Afrique qui poussent les gens à fuir. «Le nombre de
déplacés est énorme. Il faut trouver des emplois et des moyens d’existence pour nos populations. Faire que les Africains restent en Afrique
» , a-t-il
déclaré lundi lors de la cérémonie d’ouverture.

La situation du Cameroun, l’une des plus récentes, si ce n’est la dernière en Afrique, aurait-elle pu échapper aux travaux d’Addis-Abeba ? On l’a craint après la cérémonie d’ouverture de lundi dernier, au cours de laquelle les crises qui secouent le pays n’ont pas été évoquées. Il a tout de même été question des élections qui se sont tenues en Afrique en 2018.
Et les allusions faites n’ont concerné que Madagascar et la République démocratique du Congo (dont les résultats ont été un moment contestés par
l’UA). Les chefs d’Etat élus (Rajoelina et Tshisekedi) ont même été félicités par les présidents entrant et sortant. Mais rien sur le Cameroun, dont
l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 a été contestée par l’opposition. Cette crise post-électorale bat d’ailleurs encore son plein en ce moment,
avec la détention du candidat Maurice Kamto et de plusieurs cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), son parti.
Hier, peu de temps avant la clôture du sommet, répondant à une question, Ismail Chergui, le commissaire paix et sécurité de l’Union africaine, a tout
de même tenu à rassurer. «Nous donnons intérêt à toutes les situations sur le continent, sans aucune exception. Donc, soyez assurés que nous
dialoguons avec le gouvernement (camerounais, Ndlr) sur ces questions
» , a-t-il déclaré.

Le commissaire algérien a, de façon certes superficielle, dit un mot des discussions menées avec les autorités camerounaises dans le cadre de la
crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. «Hier (lundi, Ndlr) la délégation camerounaise a fait une déclaration au sommet pour dire
qu’ils ne minimisent pas les événements qui se sont passés chez eux, mais qu’ils sont en train à la fois de favoriser le dialogue, de promouvoir les
solutions qui peuvent effectivement répondre à certaines demandes des populations de ces deux régions. Et il me semble que nous, en tant que
Union africaine, nous avons eu par le passé à discuter avec les autorités du pays. Nous avons aussi les moyens de discuter avec les pays quand il
s’agit de questions de ce genre, que nous ne rendons pas automatiquement publiques
» , a dit Ismail Chergui.

Nous avons également appris que le Premier ministre Joseph Dion Gute, qui représentait le Cameroun à ce sommet, aurait rencontré le secrétaire
général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Gutteres, ainsi que Moussa Faki Mahamat.
Le Cameroun s’est également illustré à travers sa position de doyen du corps diplomatique. Et c’est à Joseph Dion Gute, qu’il est revenu de présenter le nouveau bureau de l’Union africaine. La présidence égyptienne était déjà connue. Le bureau a été complété au cours du huis clos qui a précédé la séance d’ouverture. Il est composé de Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud, 1er vice-président), Félix Tshisekedi (R.D. Congo, 2e vice-président), Mahamadou Issoufou (Niger, 3e vice-président), et Paul Kagame (Rwanda, 4e vice-président). Le PM camerounais a également annoncé l’élection de Cyril Ramaphosa, qui présidera l’Union en 2020.
Premier constat : les présidents de 2018, 2019 et 2020 se retrouvent donc dans le bureau de 2019. Ce qui peut être une assurance de continuité.
Second constat : Félix Tshisekedi fait une entrée en fanfare dans le club, en devenant membre du bureau dès son premier sommet, alors même que
l’Union africaine avait contesté son élection.

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Source
Jules Romuald Nkonlak, à Addis-Abeba
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