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Naturopathie : Les mille et une vertus du « roi des herbes »

Considérée par les naturopathes et les tradipraticiens comme la mère des plantes, « l’ageratum conyzoides » est un puissant remède aux vertus multiples.

Connu sous le nom « keda » en Ghomala (langue Bandjoun, dans la région de l’Ouest Cameroun), le roi des herbes est une plante chargée de valeurs spirituelles et médicales. Elle agit donc sur deux aspects de la vie : physique et spirituel. Sur le plan de la naturopathie, c’est un véritable antibiotique naturel. « Le roi des herbes intervient dans la composition de nombreuses potions avec lesquelles nous soignons certaines maladies comme le mal des nerfs, le paludisme, la typhoïde et plusieurs autres infections sanguines. Il intervient aussi dans le traitement de certaines infections sexuelles C’est un antibiotique qui n’a pas d’égal, très efficace », confie un naturopathe qui a souhaité garder l’anonymat. L’ageratum conyzoides est aussi utilisé en cas de morsures de serpent : « la macérer et l’appliquer les minutes qui suivent une morsure de serpent, concoure à stopper l’évolution du venin dans le corps, et atténuer considérablement ses effets sur la santé de celui qui a été mordu. Elle a un côté mystique et spirituel qui est aussi vaste et intéressant » poursuit notre interlocuteur.

Antipoison

Pour ce qui est du volet spirituel, les tradipraticiens font recours à cette plante pour trouver des solutions à de nombreuses préoccupations : « le roi d’herbe est comme son nom l’indique, le roi de toutes les herbes. Ceux qui la connaissent profondément savent que c’est une plante qui impose qu’on la respecte et la cueille avec dignité et de bonnes intentions. Car elle sert à sauver des vies », confié Dr Tatfo tradipraticien. D’après lui le « keda » agit intensément dans les cas d’empoisonnement : « nous utilisons cette plante pour extraire le poison, qu’il soit consommé dans un repas ou la nuit pendant le sommeil. Dans ce dernier cas, elle est associée à la banane mur et consommée dès le réveil. Le mélange rejette le poison soit par des vomissements soit par des diarrhées. Pour les poisons lents, nous l’associons à d’autres écorces pour guérir le malade », explique-t-il.

A côté de ce rôle d’antipoison, l’ageratum conyzoides est utilisé pour les déblocages : « c’est un excellent purificateur. On l’utilise pour les lavages, les déblocages, la protection contre les mauvaises ondes. On l’utilise aussi pour apaiser l’atmosphère dans une maison. Tout y va de la parole qui l’accompagne ». Cependant, le tradipraticien met en garde contre la mauvaise utilisation de la plante : « elle marche généralement avec le jujube (grains de la paix) et pourrait se retourner contre l’utilisateur, si celui-ci a des mauvaises intentions ».

Ageratum conyzoides comme astuce

Dans la coutume Bamiléké, les mamans utilisent « le roi des herbes » pour : calmer les maux de têtes en appliquant la plante macérée sur le front ; calmer certaines fièvres du nourrisson en frottant tout le corps ; faire purger les enfants en cas de constipation chronique. Cette dernière est aussi pratiquée par les adultes en cas de douleurs abdominales dues aux indigestions. L’ageratum conyzoides (son nom scientifique) est une petite plante herbacée poilue, de tige robuste et de feuilles molles régulièrement dentées sur les bords. Son fruit contient une seule graine restant enfermée. La plante dégage un fort parfum quand on l’écrase. Elle pousse dans des zones humides des parcelles agricoles, les terrains abandonnés. Elle pousse abondamment pendant la saison pluvieuse et se raréfie en saison sèche à cause du soleil.

Noel TALA (Stg)

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