Société

Revendications des enseignants : Paul Atanga Nji traque les grévistes

Pourquoi le ministre de l’Administration territoriale ordonne aux gouverneurs des régions d’identifier les adhérents du mouvement On a trop supporté (Ots).

Paul Atanga Nji hausse le ton et menace, à propos d’informations, selon lui, dignes de foi, qui font état de la résurgence des revendications « fantaisistes » dans le secteur de l’éducation émanant « de groupuscules » d’animateurs des mouvements « On a trop supporté » (Ots) et « On a trop attendu » (Ota). Le ministre de l’Administration territoriale, dans une lettre adressée aux gouverneurs de régions portant en objet Identification des pseudo-représentants et adhérents des mouvements Ots-Ota, prescrit fermeté à l’encontre des enseignants qui font grève : « Vous voudrez bien procéder, dès ce jour à l’identification systématique et à l’interpellation, le cas échéant, des signataires de « tracts » véhiculés par les mouvements « Ots » et « Ota », conformément aux lois règlements en vigueur.»

Un durcissement que Paul Atanga Nji s’emploie à justifier : « Malgré les efforts du gouvernement pour satisfaire les doléances des enseignants, il y a lieu de constater avec regret que des esprits malveillants qui se réclament tantôt des mouvements « Ots » tantôt « Ota », dénués de toute légitimité, inondent les réseaux sociaux de « tracts » demandant aux enseignants d’observer des mots d’ordre de grève. Le document publié en date du 23 avril en est une parfaite illustration. »

A ce jour, explique Atanga Nji, « il apparaît que les mouvements « Ots » et « Ota » disposent d’une centaine de représentants. Ce qui confirme le caractère illégal de ces mouvements couplé au fait que le gouvernement se retrouve confronté chaque fois à de nouveaux interlocuteurs avec des revendications additionnelles. » Le ministre de l’Administration territoriale lève un pan de voile sur ce qu’il comme une instrumentalisation de ce mouvement : « Certains enseignants qui se réclament des mouvements « Ots » et « Ota » ont été surpris en pleine réunion avec des responsables de partis politiques et d’Ong. L’objet des échanges n’avait aucun rapport avec les doléances des enseignants mais plutôt des projets politiques à caractère insurrectionnels. Ces suspects sont actuellement en cours d’exploitation. »

Syndicats

Pour le ministre de l’Administration territoriale , le gouvernement œuvre en vue d’apporter des réponses appropriées aux problèmes soulevés par les enseignants. A ce propos, il rappelle que le Premier ministre a instruit certains de ses collaborateurs de tenir des concertations avec les représentants des syndicats formellement reconnus et les autres parties prenantes « n’ayant, pour certaines d’entre elles aucune personnalité juridique ». Paul Atanga Nji souligne que ces concertations ont abouti à des mesures spéciales et urgentes prescrites par le Chef de l’Etat.

Et, souligne-t-il, ces mesures sont perceptibles pour certains enseignants à travers les salaires des mois de mars et avril 2022. « Ce qui montre la volonté ferme du gouvernement de régler de manière progressive les problématiques soulevées dans ce secteur névralgique, malgré leur incidence financière considérable sur le budget de l’État. On peut également citer entre autres la réduction considérable des délais de traitement des dossiers d’intégration et d’avancement des enseignants ; une innovation qui mérite d’être saluée », se félicite Paul Atanga Nji.

Au cœur des revendications des enseignants demeure la signature de leur statut particulier élaboré depuis l’an 2000, et dont une copie revue et corrigée a été déposée cette année-même à la présidence de la République pour signature. De ce statut dépendra, en effet, la résolution de tous les autres problèmes posés par ces personnels de la fonction publique. Comme l’automatisation des avancements et des effets financiers aussi bien dans le secondaire que le primaire, ou encore le paiement des primes de logement dus aux personnels enseignants issus des six dernières promotions de l’Ecole normale supérieure (Ens) de Yaoundé. Une prime qui représente les 20% du salaire de base des enseignants. A côté de ces revendications, il y a l’accélération du traitement des dossiers d’intégration et la suppression du système du 1/3 érigé en norme depuis bientôt sept ans.

Filouterie

Le début de la vague de revendications des enseignants a été déclenché en février dernier. Dans un communiqué en circulation sur les réseaux sociaux, des enseignants appellent à une grève du 9 au 13 mai prochain dénonçant ce qu’ils qualifient de filouterie du gouvernement « qui ne veut manifestement pas résoudre les problèmes soulevés depuis février par les enseignants relevant du ministère des Enseignements secondaires. »
En rappel, l’ordre de Paul Atanga Nji aux gouverneurs fait suite à la menace brandie il y a quelques jours par la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga qui a exigé des patrons des établissements de cet ordre d’enseignement qu’ils lui fassent parvenir les listes et noms des personnels enseignants qui continuent de bouder les cours.

Claude Tadjon / 237online.com

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