Société

Dans la tête de ces inconscients qui boudent la nationalité camerounaise

Depuis quelque temps, la toile est prise en otage par des déclarations les unes aussi fracassantes que les autres de certains personnages connus ou non du public, sur leur nationalité et leurs origines camerounaises.

Qui ne se souvient pas du geste de Richard BONA, star de musique mondialement connue et reconnue, mettant en pièces et en mondovision son passeport camerounais ? Combien d’entre nous ne parle pas du talentueux Joël MATIP, sociétaire du club mythique de Liverpool en Angleterre, du « prodige » Kylian MBAPPE qui fait les beaux jours de l’équipe nationale de France de football, de Nolan SONG, fils du footballeur international Alexandre SONG et bien d’autres, qui ne sont pas passés par des chemins tortueux pour déclarer leur lien quasi inexistant avec le pays d’origine de leurs géniteurs ? Les exemples sont légions. Et pas seulement dans le monde du sport, bien plus visibles tout de même.

Les réactions suscitées par ces actes et autres déclarations sont plutôt virulentes. Certains n’y vont pas de mains mortes, traitant leurs auteurs de « parvenus », de « traitres », d’ « arrivistes »…….. A se demander pourquoi cette « haine » à peine voilée contre ces personnes. Ne sont-elles pas libres de choisir ce qui les arrange ? Si le très talentueux musicien Richard BONA ne veut plus du passeport camerounais, c’est son plein droit.

Sauf que la manière dont il l’a manifesté mérite selon certains, que sa musique ne soit même plus jouée sur la place camerounaise, à la radio, à la télé, dans les cabarets etc….. Si ces footballeurs, aussi talentueux qu’ils soient décident de tourner le dos à la sélection nationale camerounaise, pourquoi ne pas respecter leurs choix et voir ailleurs ? Pourquoi en faire des sujets de débat à n’en pas finir ? Sont-ils indispensables ? Que non ! Nul n’est indispensable. Nous le savons tous. Ils sont libres de leur choix de vie. Entièrement. Sauf que la vie, c’est pile ou face.

Le Cameroun regorge d’énormes ressources de rayonnement. D’innombrables talents à valoriser. Voici une kyrielle d’exemples. Le premier et non des moindres, c’est Manu DIBANGO. Les faits et l’histoire parlent d’eux-mêmes. Joël EMBIID et Pascal SIAKAM portent haut l’étendard du 237online.com au championnat Nord-américain de basket-ball NBA. Ils n’ont pas renoncé à leur nationalité. Et pourtant ils sont très convoités par d’autres pays afin de défendre leurs couleurs. On a eu Thomas NKONO, Roger MILLA, Joseph Antoine BELL, Grégoire MBIDA, Stephen TATAW, Patrick MBOMA, Samuel ETO’O et bien d’autres… Aujourd’hui nous avons Eric-Maxime CHOUPO-MOTING, Vincent ABOUBAKAR, André ONANA, Jean Charles CASTELLETTO, Karl TOKO EKAMBI et une pléthore de plénipotentiaires du football mondial confirmés.

Dans le domaine académique nous avons eu des Professeurs émérites notamment ANOMAH NGU Victor, Ferdinand Léopold OYONO…. Des hommes d’affaires de renommée internationale Victor FOTSO, Paul SOPPO PRISO, Baba DANPOULO… Des écrivains, des avocats, des journalistes, des médecins, des banquiers…. Qui n’ont jamais changé de nationalité. Encore moins avec fracas, tambours et trompettes. Toujours prêts à défendre le triangle national. Malgré ses nombreuses imperfections renégates. Pourquoi tout ce tapage médiatique autour d’une extrême minorité de personnages voulant faire le buzz sur les réseaux sociaux, et augmenter ainsi leur (pseudo) popularité ? Il est évident qu’un énorme travail est à faire pour encourager les uns et les autres à ne pas renoncer à leur nationalité. Pour quelques raisons que ce soit. Ce rôle échoit à nos gouvernants qui pour la plupart, pensent prioritairement à leurs poches, leur bien-être individuel et clanique, avant l’intérêt général. Surtout dans une société camerounaise, politisée à tous les niveaux. Et dans tous les secteurs. A tort et à travers. A temps et à contre temps. Comme si la politique a déjà été le moteur de développement d’une quelconque société.

Toutefois, il ne faudrait pas systématiquement en vouloir à ces personnes qui disent avoir « honte d’être camerounais ». Tout dépend probablement de la manière dont elles expriment cette sensation de rejet. Tant que nos sociétés, africaines pour la plupart, seront dominées par les joutes politiques et politiciennes sans saveur, sans pudeur, sans valeur et sans lueur, il est à craindre que ce genre d’attitude se multiplie.

Que ces personnes sachent une bonne fois pour toute, qu’on peut changer de nationalité, mais jamais ses origines, encore moins ses racines. N’hésitez donc pas, si vous voulez changer de passeport, mais faites-le dans le silence, comme si vous divorcez de votre conjoint ou conjointe. Sans sirène, ni cortège. Il y’a de la place pour chacune et chacun dans ce monde truffé d’incohérence, d’impertinence et d’incontinence.

A se demander, si ce n’est pas l’apanage des pauvres en général, des africains en particulier. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas changer de patronyme carrément ? Bigre !!!

François DINA VALDEZ
Journaliste, Master of Arts in Journalism

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