Pratique du journalisme au Cameroun : la croix et la bannière ?

Greve des journalistes

Le rapport annuel Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ), rendu public le 15 décembre dernier, vient remettre en question la liberté de ton dans l’exercice de la profession du journalisme. 

Selon cette organisation à but non lucratif, fondée en 1981 et basée aux États-Unis, dont le but est de lutter contre les abus faits à l’encontre de la presse, le Cameroun est dixième pays au monde et deuxième en Afrique subsaharienne où la liberté de la presse est menacée.

Ce classement se fonde sur le nombre de journalistes incarcérés dans les prisons, recensées par cette organisation. D’après le Comité pour la Protection des Journalistes, c’est pour la deuxième fois consécutive, que le Cameroun détient au moins 8 hommes de médias derrière les barreaux, notamment, Paul Chouta (28 mai 2019) ; Amadou Vamoulké (29 juillet 2016) ; Adalbert Hiol (7 novembre 2019) ; Kingsley Fomunyuy Njoka (5 mai 2020) ; Manchon Bibixy (17 janvier 2017) ; Thomas Awah Junior (2 janvier 2017) ; Tsi Conrad (8 décembre 2016) ; Wawa Jackson Nfor (15 mai 2018).

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le cas du jeune lanceur d’alerte Paul Chouta, incarcéré depuis, le 28 mai 2019, pour diffamation semble refléter à suffisance la position peu enviable que le Cameroun en matière de liberté de la presse. Paul Chouta aurait écopé de ce procès renvoyé ad vitam aeternam, s’il avait eu lieu, au maximum 6 mois de prison ferme. Mais ça fait 19 mois qu’il croupit derrière les barreaux de la prison centrale de Yaoundé sans que cela n’émeuve personne.

In fine, il faut dire que même si dans l’ensemble les journalistes jouissent d’une liberté de ton, celle-ci reste relative, surtout dans des domaines pointus de l’investigation politique, économique, et de tout ce qui peut mettre en mal certains pontes de la République.

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