Economie

Péages automatiques: 34,7 milliards Fcfa pour réaliser le projet au Cameroun

Il concerne 14 postes dont les recettes nettes à reverser à l’Etat partiront de 5,482 milliards Fcfa en 2021 à 48, 995 milliards Fcfa en 2039.

Après quatre années de procédure, nous voici (enfin) parvenus à la phase d’opérationnalisation du projet d’automatisation des péages routiers sur certains axes routiers au Cameroun. Phase d’opérationnalisation qui s’est matérialisée le 10 décembre 2020. Avec la pose de la première pierre des travaux de construction de 14 postes de péage automatiques dont la cérémonie s’est déroulée dans la localité de Mian à Mbankomo dans le département de la Mefou et Akono, région du centre. L’événement a été présidé par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, qui avait à ses côtés Louis-Paul Motaze le ministre des Finances et Jean Ernest Ngalle Bibehe le ministre des Transports. Il marque donc un tournant historique dans la modernisation des infrastructures routières au Cameroun et singulièrement des péages routiers.

Il faut dire que le projet s’exécute dans le cadre d’un Partenariat public-privé avec le partenaire Tollcam qui assure le financement, la conception, la construction, l’équipement, l’exploitation et la maintenance de ces ouvrages. C’est un investissement financier de 34,752 milliards Fcfa à amortir sur une vingtaine d’années. Les axes routiers concernés étant Yaoundé-Douala-Limbé, Yaoundé-Bafoussam-Bamenda, Douala-Bafoussam et l’accès à l’aéroport de Nsimalen. Pour des postes de péage automatiques de Mbankomo, Tiko, Mbanga, Manjo, Boumnyebel, Edéa, Nsimalen, Nkometou, Bafia, Bayangam, Foumbot, Bandja, Matazem et Dschang. Selon le rapport d’étude du Comité technique de concertation sur l’automatisation du péage routier d’octobre 2010, la mise en œuvre de l’automatisation serait rentable immédiatement pour 14 postes sur les 45 du territoire national, qui à eux-seuls représentent 75% des recettes. Selon le ministère des Travaux publics, l’objectif de cette opération est d’optimiser les recettes de péage routier à travers l’automatisation des postes de péage.

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Outre l’optimisation et la sécurisation des recettes, l’un des objectifs assignés par le ministère des Travaux publics à l’égard du partenaire privé est de contribuer à la création d’un espace économico-technique sur le territoire national à travers ce projet. Ainsi, apprend-on, il y apparait une évolution des recettes générés par les 14 postes de péage qui partiront de 7 milliards Fcfa en 2021 pour atteindre 53,59 milliards Fcfa en 2039 sur la base d’un tarif unique fixé à 500 Fcfa. Les recettes nettes à reverser à l’Etat partiront de 5,482 milliards Fcfa en 2021 à 48, 995 milliards Fcfa en 2039 (fin du contrat).

Taux de fraude élevé

S’agissant de l’évolution actuelle des recettes du péage routier camerounais, il faut dire de manière générale, que la tendance est à la hausse des recettes du péageroutier depuis sa mise en place. Selon les chiffres de la Direction générale des impôts, au cours des vingt récentes années (1995-2016), les recettes de péage routier ont quasiment doublé en se situant en 2016, à 5,7 milliards Fcfa. En dépit des baisses importantes enregistrées au cours de certaines années. Au total, près de 100 milliards Fcfa ont été collectés depuis 1995. Malgré la tendance à la hausse d’une année budgétaire à l’autre depuis son instauration, le péage routier n’a pas encore atteint son seuil potentiel. Un taux de fraude très élevé et une gestion contestable justifient ce sentiment, indique-t-on au ministère des Travaux publics.

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Le péage se devait de fournir 5,7 milliards Fcfa en 2006 (ce qui n’a pas été le cas) en vue d’atteindre 8 milliards Fcfa en 2012, raison pour laquelle il est apparu urgent de trouver des solutions visant à améliorer son efficacité. C’est donc au terme des travaux de la 8è session du Conseil national de la route e, décembre 2009, et sur instruction du Premier ministre, que le ministère des Travaux publics a été responsabilisé pour conduire le projet d’automatisation des 14 postes de péage sus-évoqués.

Achille KAMGA

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