Politique

Cameroun: Le faux débat sur la perte de vitesse du Pcrn et Cabral Libii

Essai de compréhension de la sortie de piste d’une poignée de conseillers municipaux du Pcrn lors des premières élections Régionales du 06 décembre dernier.

Le mauvais jeu, les tacles par derrière et certains actes d’anti-jeu de certains conseillers municipaux du Parti camerounais pour la réconciliation nationale dans les eaux du fleuve du Nyong font « mousser » une analyse à savoir que le Pcrn serait en perte de vitesse; que son président Cabral Libii aurait mordu de la poussière. Il y en des plus excessifs qui parlent de « claque » ou « flop Magistral » du Pcrn et Cabral Libii, lâchés par certains conseillers municipaux dans le département du Nyong et Kelle ( que certains voyaient déjà comme le bastion imprenable du Pcrn. Il ne sert à rien de verser dans la surenchère, de crier « Haro sur le baudet » de cacher du venin dans un verbiage inconscient et inconséquent. À la lecture de certaines analyses « biaisées » et sentencieuses, le jugement apparaît sévère, la sentence hâtive. Inutilement. Un premier faux-pas électoral d’un parti assez jeune est une défaite, un échec, c’est possible. Mais faut-il pour autant faire porter le chapeau à Cabral Libii. C’est dur; pas du tout encourageant pour les jeunes qui se lancent dans la politique.

Le flagrant délit et la « tragédie » des accointances avec le Rdpc

Accéder à cette analyse, c’est être très peu structuré, c’est donner facilement raison à certains barons du Renouveau, hantés par le fantôme de la retraite mais qui s’accrochent aux affaires malgré l’enlisement de la situation politique du pays. Condamner Cabral Libii à la lecture des Régionales du 06décembre 2030, c’est être solidaire, de connivence, hélas avec les esprits moyenâgeux qui affirment de façon péremptoire que les jeunes sont trop jeunes (pas prêts) pour la politique. Regarder cette affaire de cette façon, c’est trop vite oublier que l’échéance électorale (Régionales) est un rendez-vous spécifique. D’abord pour l’histoire.Beaucoup de conseillers municipaux du Pcrn, ont déjà été sanctionnés par le top management du parti pour leurs accointances avec le Rdpc lors de la mise en place des exécutifs communaux. Du fait de leur rancune tenace, il est fort possible que ces derniers aient simplement poursuivi avec la rébellion en douce. Attendons les prochaines échéances électorales populaires pour crier Haro sur le baudet; accabler, tirer à balles réelles contre le président du Pcrn. Pour l’instant, il ne fait pas sérieux de s’avancer de manière insidieuse et hâtive vers des conclusions quelque peu approximatives, cavalières et radicales.

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Régionales comme une élection du président de la Fecafoot Avouons aussi que les Régionales de par le code électoral critiqué qui les organise ressemblent étrangement à l’élection du président de la Fecafoot; une véritable caverne d’Ali Baba. Les Régionales sont une occasion pour beaucoup de conseillers municipaux de faire fortune. Certains se sont allés dans le monnayage de leur vote.Outre le Pcrn, il y en a qui dans certaines formations politiques (le Sdf et l’Undp par exemple), se sont affranchis de la discipline et les consignes du parti. Une autre lecture donne à voir que les Régionales 2020 (au vu de la moisson, la fiole qui en sort) marquent le retour en force des barons, caciques, dinosaures, fossiles et brocanteurs politiques en flagrant délit de contrebande, de la corruption, des collusions d’intérêts et de la pollution des conseils régionaux.
Hier aux affaires juteuses où ils ont amassé de grosses fortunes, aujourd’hui, ils défoncent toutes les portes à la recherche d’un asile de retraite dans les conseils régionaux. Leur course effrénée, déjà visible de par la manière qu’ils ont envahi et assiégé les conseils municipaux des communes, était révélatrice de ce que, une telle incursion aux frontières outrancières d’une invasion était une opération coûte-que-vaille devant aboutir au « viol » sur les consciences des pauvres conseillers municipaux. Irrésistibles de par leur trop-plein du porte-monnaie, qui pouvait oser arrêter ces vieillards « engagés ». La bataille éternelle et contreproductive des prétendants « héritiers » du « Mpodol » Ruben Um Nyobe dans les eaux du Nyong.

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Lourd fardeau

C’était bien illusoire de penser qu’à peine sorti du berceau, Cabral Libii pouvait avec son Pcrn porter assez rapidement sur ses frêles épaules, le lourd fardeau des batailles de clochers devenues séculaires des prétendants « héritiers du Mpodol » Ruben Um Nyobe dans le Nyong et Kellé, bastion en temps normal, imprenable de l’Upc. Beaucoup de conseillers municipaux ont pris le manteau du Pcrn juste pour avoir une visibilité politique et mieux rebondir. Il y en a qui à l’étroit, déçus, désavoués, désabusés, réduits à rien malgré leur dévouement au Rdpc ou à l’Upc ont pensé pour un éventuel retour en zone se débarrasser des oripeaux de leur formation politique initiale pour revêtir le costume du Pcrn. Pêchant par naïveté, Cabral Libii et les siens qui ont ouvert leurs portes à ces brocanteurs politiques étaient loin d’entrevoir les ambitions démesurées, l’espièglerie, l’art de l’esbroufe et le flagrant délit de l’imposture. Sans vouloir verser dans la tragédie du soupçon, on peut spéculer sur le rôle de ces amateurs de la politique, pointés du doigt comme acteurs ou coupables de trahison, de concussion et de collusion d’intérêts avec le Rdpc.

Au lieu d’être inutilement sentencieux (ce qui pourrait s’apparenter à un réquisitoire à charge, contre-productif), une analyse froide, structurée, sa concession, ni a priori ou parti pris suggère de voir dans la défaite du Pcrn un signe annonciateur d’une nouvelle ère; l’occasion « germinale » d’une fabuleuse aventure; premier coup de pioche s’il en faut du véritable commencement de la longue marche du Pcrn. Les problèmes années sont un déterminant à même d’éclairer l’avenir du Pcrn et son président Cabral Libii. Un adage enseigne que « le maçon est jugé au pied du mur ». Le mur à élever dont il s’agit ici n’est pas le Rendez-vous des « Régionales », mais les prochaines échéances électorales populaires: municipales et législatives.

Souley ONOHIOLO

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