Economie

Fonction publique: Il faut revaloriser les salaires des fonctionnaires au Cameroun

C’est l’une résolutions prises lors du colloque national sur la modernisation de la Fonction publique.

La question de la rémunération des agents publics a meublé les débats et l’unanimité faite autour d’une judicieuse revalorisation des salaires. Une exigence forte des syndicats du secteur public portée aux hautes autorités.

Le débat a été houleux entre le gouvernement et les responsables syndicaux tout au long des années 2000. Alors que les syndicalistes revendiquaient le rétablissement des salaires des fonctionnaires à leur niveau de 1990 et leur revalorisation de 30%, le gouvernement attirait leur attention sur un préalable : il faut d’abord maitriser la masse salariale avant toute augmentation.

L’actualité récente au ministre des Finances donne raison au gouvernement qui a joué la carte de la prudence car l’opération de comptage physique a permis de détecter plus de 20 000 fonctionnaires fictifs qui émargeaient chaque mois au budget de l’Etat. D’autres personnes vivant à l’étranger et n’exerçant aucune activité pour le compte de l’Etat du Cameroun touchaient un salaire mensuel. L’adoption récente par le MINFI du virement individualisé des salaires a également permis d’épingler ceux qui émargeaient indûment au budget de l’Etat. Des économies engrangées – et cela ne relève que de la haute hiérarchie – devraient permettre d’envisager une revalorisation des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat.

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Avec un fichier solde infesté de fonctionnaires fictifs, une augmentation substantielle de salaires aurait fait plus de mal que de bien aux caisses de l’Etat. Il y avait donc un indispensable assainissement de ce fichier solde. Même si tout n’est pas gagné, les opérations lancées par le ministre des Finances donnent déjà une idée sur la masse salariale réelle de l’Etat. C’est pourquoi, les recommandations du colloque national sur la modernisation de la Fonction publique énoncent les points critiques sur lesquels devront se concentrer les réformes en cours.

On a ainsi pu relever, entre autres recommandations : la maîtrise de la dette salariale, ainsi que l’organisation de la fonction publique locale, avec le contexte actuel de l’accélération de la décentralisation ; la maîtrise du phénomène d’affectation, de mobilité entre les ministères, d’abandons des postes et de décès non déclarés; la biométrie, afin de garantir l’identification des agents publics ; l’amélioration de l’assiduité des agents à leur poste de travail ; l’éradication du phénomène d’agents fictifs et d’indemnités indues ; la numérisation de l’archivage documentaire.
Ce colloque s’est tenu sous le très haut patronage du président de la République et présidé par le Premier ministre chef du gouvernement. Une indication que les recommandations issues des travaux de Yaoundé seront remontées au sommet de l’Etat.

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Christophe Mvondo

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