Société

Covid-19 au Cameroun: De la psychose à l’indifférence

La courbe de contamination au covid-19 va croissant. Au sein des populations, les habitudes ont la peau dure.

La vie reprend progressivement son cours, dans l’insouciance des uns et l’indifférence des autres. Bien loin de la psychose, au déclenchement de la crise sanitaire de la maladie à coronavirus. La courbe de contamination au Covid-19 continue sa croissance. À ce jour, 14 septembre 2020, le Cameroun enregistre 20009 cas confirmés, dont 767 cas actifs et 18837 personnes guéries. 415 décès sont à déplorer. Une situation inquiétante de crise sanitaire qui mobilise toutes les énergies et oriente l’ensemble des actions gouvernementales ces deux derniers mois.

Mais une situation qui semble ne plus émouvoir les populations. La panique qui s’était emparée d’elles par effet de surprise s’est dissipée. La psychose est désormais loin derrière. Cela se constate au coin de la rue, sur les terrains de football, dans les marchés, dans les gares routières…

La Covid-19, jusqu’à la gare

Carrefour Elig-Effa, à la lisière de la gare routière du marché Mokolo, dans l’arrondissement de Yaoundé 2, point de stationnement des taxis et des motos qui assurent la desserte du département de la Lékié. Cris de vendeurs ambulants de cache-nez et klaxons s’entremêlent. Les usagers pressent le pas pour vaquer à leurs occupations. Il y a trois mois en arrière, cet endroit était presque vide aux heures de pointe. Un passager à qui on demande de porter un masque avant d’accéder au véhicule de transport en commun, s’offusque. Il tempête. « Ma santé, c’est mon affaire », fulmine-t-il. Et cela ne regarde personne, croît-il. Soit ! Mais en ces temps de propagation du Covid-19, le masque est obligatoire. Autant pour le conducteur que pour l’ensemble des passagers. Sous peine d’amende pour tout contrevenant…

Lire aussi
Téléphonie mobile : Orange Cameroun dans le collimateur de l’ART

L’homme n’en a cure. Pour lui, tout cela ne compte que pour du beurre et cache un autre agenda : Créer une situation de psychose pour paralyser l’économie des pays africains. En un mot, du dilatoire ! Même si cet argument ne tient pas la route, l’homme y croit dur comme fer. D’autres personnes y pensent de même. La face visible de la crise de confiance entre l’exécutif et les populations. La prise en charge gratuite des malades du covd-19 par le gouvernement, l’aménagement des stades de football et les sites pour prendre en charge les malades ; les 26 centres de dépistage gratuit, tout ceci lui parlent peu, à l’interrogation de son vis-à-vis. Il n’a pas reçu un cache nez de l’Etat Camerounais en faveur des plus vulnérables. Lui, ouvrier dans l’informel qui voit son monde s’écrouler du jour au lendemain. Alors, tout reste effet d’annonce, tant que sa pitance quotidienne est incertaine.

Lire aussi
Incroyable mais vrai : Voici le vrai fabricant du coronavirus

Désintérêt

Un peu plus loin, au marché central de Yaoundé, un petit embouteillage. On commençait à en perdre l’habitude du fait du Covid-19. Un sympathique embouteillage qui permet d’apprécier un beau temps ensoleillé en cette matinée, tout en observant le mouvement agile des vendeurs à la criée. Ils se faufilent entre les voitures en stationnement momentané, pour proposer des gels hydroalcooliques et des cache-nez. La tendance du moment. Les camerounais ne se bousculent plus pour arracher les gels hydroalcooliques ; le citron, le gingembre, le miel et les masques comme en mi-mars, à l’apparition de pandémie du Covid-19 en terre camerounaise. Les pots de différents formats sont bien visibles sur les étals des supermarchés. Surproduction ? Non. Plutôt désintérêt. Les prix au début exorbitants ont même baissés. Finie la surenchère !

Dans les rues de Yaoundé, tout semble si ordinaire malgré les dispositifs de lavage des mains, bien visibles devant certaines enseignes. On discute, on rit, on se tape sur l’épaule.

Elvis Serge NSAA

Afficher plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page