Société

Cameroun: 33,7 % de la population souffre d’insécurité alimentaire à l’Extrême-Nord

Pendant la période de mars à mai 2019, 749 430 personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire grave et 227 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë.

L’insurrection de Boko Haram dans le bassin du lac Tchad continue de provoquer un afflux massif de réfugiés provenant du Nigéria ainsi que des
déplacements internes de personnes dans la région de l’Extrême-Nord. De plus, l’Est du pays accueille des réfugiés de la République centrafricaine.
La crise dans les deux régions anglophones du pays a également touché le Cameroun et notamment les régions du Littoral et de l’Ouest, en raison
des populations qui recherchent des zones sécurisées. Plus d’1 million de personnes sont déplacées et les agriculteurs sont contraints d’abandonner
leurs champs et par conséquent leurs moyens d’existence. De surcroît, les personnes déplacées exercent des pressions sur les ressources natu-
relles, déjà limitées, des communautés d’accueil vulnérables.

Situation préoccupante de la sécurité alimentaire

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), 33,7 % de la population de l’Extrême-Nord du Cameroun souffre d’insécurité alimentaire. Et 38 % vit sous le seuil de pauvreté. Pendant la période de mars à mai 2019, 749 430 personnes sont estimées en situation d’insécurité alimentaire grave et 227 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Les activités agricoles continuent d’être gravement touchées, en particulier dans la région de l’Extrême-Nord, en raison des chocs climatiques récurrents et de troubles sociaux qui s’étendent depuis le Nigeria. Dans la région, les activités d’élevage ont également été touchées par la crise, avec un nombre important de vols de bétail. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où 70% de la population dépendent de l’agriculture pour leurs moyens d’existence, la recrudescence de la violence entre groupes armés et forces gouvernementales a engendré le déplacement d’environ 438 000 personnes, obligeant les agriculteurs à abandonner leurs champs.

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Cela a entraîné une baisse de la production agricole ainsi qu’une hausse des prix des produits alimentaires de base, tels que le maïs et les haricots. L’insécurité a également entravé les mouvements de population et a limité l’accès aux marchés, ce qui entraînera l’épuisement des stocks et accroîtra la vulnérabilité de la population face à l’insécurité alimentaire aiguë. L’organisation humanitaire note que c’est la recrudescence des attaques du groupe terroriste Boko Haram qui a plongé les populations de l’Extrême-Nord dans la situation d’insécurité alimentaire. «Les attaques sont en augmentation constante depuis quelques mois et leurs conséquences sur la population sont inquiétantes. Durant les trois derniers mois de l’année 2019, le nombre d’attaques a augmenté de 72,5%. Les deux derniers mois de l’année ont comptabilisé 70 attaques en novembre et 69 en décembre de la même année. Ces chiffres sont les plus élevés depuis 4 ans», Souligné.

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Améliorer la production alimentaire

L’irrégularité des conditions météorologiques et l’insécurité généralisée continuent de réduire la production agricole. En 2020, il est fondamental de continuer à fournir une assistance agricole aux communautés vulnérables du Cameroun, tout en soutenant les moyens d’existence afin d’accroître la production alimentaire et de renforcer leur résilience. Dans le cadre du Plan de réponse humanitaire pour 2017–2020, la Fao requiert 20 millions d’Usd pour 2019 afin d’assister 231 350 agriculteurs touchés par la crise, à travers notamment l’amélioration de la production vivrière et maraîchère, et de l’élevage. La Fao codirige les activités du Cluster sécurité alimentaire afin de renforcer la résilience des populations vulnérables et soutenir les acteurs locaux à faire face aux crises. Grâce à la collecte et l’analyse de données sur les risques futurs, ainsi que à la mise en place d’une assistance coordonnée et vitale aux populations vulnérables, la Fao vise non seulement à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, mais aussi à renforcer l’accès à l’information.

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