Economie

Conséquence de la mauvaise gouvernance au PAD : CMA CGM quitte le Port Autonome de Douala

Au Port Autonome de Douala, le malaise est profond et ne cesse de s’amplifier au fil des jours. L’une des conséquences immédiates de celle-ci, est irréfutablement la récente décision de transbordement prise par l’armateur mondial CMA CGM.

Selon l’information relayée par Jeune Afrique Business+, « pour l’une de ses lignes (dénommée Euraf 4), CMA CGM va supprimer à compter du 11 avril la double escale à Douala et à Kribi. Tous les conteneurs pour le Cameroun seront déchargés à Kribi et ramenés à Douala par des petits porte-conteneurs (feeders).»

À l’origine de cette décision, faut-il le souligner à grand trait, le temps d’opération des navires à Douala, qui a fortement augmenté ces dernières semaines. Toute chose ayant conduit les armateurs à s’adapter. Il est vrai que tous les armateurs qui desservent Douala sont habitués aux difficultés d’un port d’estuaire qui est contraint par la marée et le tirant d’eau. Mais à cette situation sont venues se greffer les contraintes opérationnelles du terminal à conteneurs de Bonaberi, maladroitement exploité depuis le 1er janvier 2020, par la RTC (la Régie du Terminal à Conteneur).

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« Alors que le port est doté de trois portiques, il y a tous les jours des navires qui travaillent avec leurs grues de bord. Pour décharger un feeder, il faut actuellement 72 heures, contre 48 heures en temps normal. », renseigne un professionnel portuaire interrogé par Jeune Afrique Business+. Conséquence : le temps d’attente moyen pour entrer au port (dans l’ordre de présentation sur rade) était de six jours en février. Des armateurs présentent désormais leurs navires en rade de Douala, attendent parfois deux jours, et les font repartir pour ne pas sauter leur fenêtre d’escale dans un autre port de la côte ouest-africaine.

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En clair, en dehors de l’armateur CMA CGM qui a décidé de quitter définitivement le Port Autonome de Douala, il faut dire que, plusieurs navires, lassés de faire la queue pendant des jours, quittent ce port tous les jours. Toute chose qui impacte négativement sur la productivité et la rentabilité PAD, en dépit de ce que laissent entendre les responsables de ladite institution. Il faut ajouter qu’à côté de la lenteur proverbiale observée au terminal à conteneurs, le malaise des armateurs, notamment du fait de l’augmentation inique des tarifs portuaires décidées unilatéralement par les autorités portuaires, continue de faire des vagues.

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