Cameroun : « Presse Morte » le lundi 4 mai

Greve des journalistes

Les éditeurs de presse du Cameroun ont décidé d’observer une journée « Presse morte » lors de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse.

Le dimanche 03 mai 2020 est jour de célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse. Rendue à sa 27eme édition, le thème de cette année est « Le journalisme sans crainte, ni complaisance ». A cet effet, l’objectif de cette journée, chez les acteurs des journaux, consiste à sensibiliser et rappeler aux gouvernements leur obligation de respecter et faire respecter un droit. Il s’agit de liberté d’expression consacrée à l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme. Et c’est au cours de ce fameux jour que le Prix Mondial de la Liberté de la Presse est décerné.

Au Cameroun, les éditeurs de presse entendent là célébrer d’une façon tout à fait particulière. Le 03 mai étant un dimanche, ils observeront une journée « Presse morte » un jour après la célébration (04 mai 2020). C’est ce qu’il en ressort d’une réunion tenue le 28 avril dans la ville de Yaoundé. Prenant à témoin la communauté nationale et internationale sur les misères infligées aux entreprises de presse, ils justifient leur acte pour de nombreuses raisons. 237online.com les a relevées :

1- Le refus de l’État de soutenir la résilience de la presse à capitaux privés face à la pandémie du Covid-19 ;

2- L’accentuation de la fragilité économique de la presse du fait des mesures de restriction prises par l’État dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 ;

3- Le non déblocage à temps de l’appui institutionnel de l’État anciennement appelé (aide à la presse) aux médias à capitaux privés ;

4- L’accumulation des arriérés de payement des prestations dues à la presse par les organismes et administrations publiques ;

5- L’accès très limité des journaux à capitaux privés à la commande publique, en ce qui concerne les insertions publicitaires ;

6- L’amaigrissement croissant du portefeuille publicitaire et les prolongements inexpliqués des dates de payement desdites publicités par les entreprises ;

7- La mévente des journaux consécutive aux difficultés de distribution sur l’étendue du territoire ;

8- La fiscalité inadaptée à l’entreprise de presse et le non-respect des conventions et des accords nationaux et/ou internationaux ;

9- La non mise en œuvre des recommandations pertinentes des États généraux de la Communication de 2012, notamment le non toilettage de la loi sur la communication sociale au Cameroun ;

10-Les arrestations arbitraires des journalistes dans l’exercice de leur fonction et le maintien des peines privatives de libertés pour des faits de presse en contradiction avec les standards et engagements internationaux du Cameroun.

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