Cameroun : Médecins Sans Frontières dans le viseur du gouvernement

Médecins sans frontières

Le communiqué du Mindef qui affirme que cette ONG entretient des relations étroites avec les terroristes opérant dans la région du Sud-Ouest est un épisode d’une relation emprunte de suspicion.

Médecins Sans Frontières (MSF) une fois de plus sur le banc des accusés, dans une opération d´exfiltration par cette ONG d´un présumé terroriste, Mbu Princely Tabe alias « général Moving star », interpelle dans la région du Sud-Ouest. Pour le gouvernement MSF s´est ainsi délibérément engagé dans une opération illégale, malgré les mises en garde répétées des autorités camerounaises, qui avaient déjà suspendu celle-ci dans la région du Nord-Ouest.

Il est établi, selon le communiqué, que cette ONG entretient des relations avec les terroristes, selon le chef division communication du Mindef, et pour un retour à la paix, il est opportun d´adresser clairement la nécessité de la présence de cette structure dans les régions en crise. « Médecins Sans Frontières entretient des relations étroites avec les terroristes opérant dans la région du Sud-Ouest, et engagerait suffisamment divers moyens pour faciliter les actions sanguinaires sur le terrain. Pour un retour définitif de la paix, il semble plus qu´opportun d´adresser plus clairement la nécessité de la présence de cette ONG dans les régions en crise sécuritaire au Cameroun », indique Cyrille Serge Atonfack Guemo.

Il ressort au regard des premiers éléments de l´enquête, épinglant l´ONG que celle-ci aurait assuré la couverture avec la complicité des responsables locaux de MSF, du montage d´une fausse fiche d´évacuation avec un faux nom du patient, les autorités nullement notifiées. « Des premiers éléments de l´enquête en cours, il ressort que l´infirmière de bord, dame Mewouo Marguerite aurait, et avec la couverture des responsables locaux de MSF, monté de toutes pièces une fausse fiche d´évacuation avec pour nom de patient Ndip Ben. La même fiche déclarait le patient non blessé par balles et plutôt en provenance de Manfe. Par ailleurs, les divers documents de prise en charge du patient ne portent aucune signature.

L´autre grief est la non notification des autorités administratives de la Manyu par MSF suivant le protocole opérationnel en vigueur validé d´accord partie. « A l´arrivée de l´ambulance à Ashum, l´un des blessés, Bessong Eugene alias Pa Lampat qui a succombé à ses blessures, avait déjà été inhumé par ses complices dans la forêt de Ntenmbang. Le survivant Mbu Princely Tabe alias « général Moving star, sera immédiatement pris en charge par l ́équipe de MSF et l ́évacuation décidée pour le Presbyterian Medical Institutions de Mayemen, communément appelée Mayemen annex, arrondissement de Nguti, département du Koupe Manengouba, Région du Sud-Ouest. Il convient de préciser qu´à aucun moment de cette opération d´exfiltration, MSF n´a notifié les autorités administratives de la Manyu conformément au protocole opérationnels en vigueur validés d´accord parties », précise le Divcom.
Le fugitif et ses complices de MSF ont été stoppés au check point de Nguti, dans le véhicule de marque Toyota B1, immatriculé IT 22791, conduit par le nommé Ashu Dabinash Godlove, avec à bord l´infirmière Mewouo Marguerite Gerzande le 26 décembre 2021. Après les premiers soins prodigués au terroriste Mbu Princely Tabe alias « général Moving star », par les éléments de l´infirmerie du 6e Bataillon d´Infanterie Rapide de Nguti, son transfert sera fait par les Forces de Défense et de Sécurité vers l´hôpital de district de Manfe, pour prise en charge appropriée.

Il faut le rappeler, après près de huit mois de suspension par les autorités camerounaises, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières s´était vu contrainte de retirer ses équipes de la région du Nord-Ouest, durement affectée par des années de violence armée entre forces de sécurité et groupes armés séparatistes. L’annonce avait été faite par l’organisation au mois d’août 2021, suite aux contraintes du gouvernement. «. Nous ne pouvons rester plus longtemps dans une zone où nous ne sommes pas autorisés à offrir des soins à la population. Nous ne pouvons malheureusement maintenir notre personnel en stand-by plus longtemps … Nous n’avons donc d’autre choix que de retirer nos équipes. Nous garderons toutefois un petit bureau de liaison à Bamenda, la capitale régionale, afin de poursuivre le dialogue avec les autorités », expliquait Emmanuel Lampaert, coordinateur des opérations de MSF pour l’Afrique centrale.

En décembre 2020, les autorités camerounaises ont suspendu les activités de MSF, officiellement jusqu’à ce que son cadre de collaboration avec le gouvernement soit revu. « Décision prise après une série d’allégations accusant MSF de soutien aux groupes armés locaux, accusations rejetées par MSF, que ce soit dans ses échanges avec les autorités que dans l’espace public », avait expliqué l’ONG. En mai dernier, le directeur général de MSF, Stephen Cornish, avait fait le déplacement de Yaoundé, pour rencontrer les officiels camerounais, malheureusement aucun accord n’avait été trouvé pour une reprise des activités. Dans un communiqué rendu public le mercredi 22 juin 2021, l’ONG avait affirmé que cette situation faisait payer un tribut inacceptable aux habitants. C’est depuis 2018 que MSF menait ses activités dans la région du Nord-Ouest où sévit depuis quatre ans un conflit armé entre l’armée camerounaise et des séparatistes anglophones.

Moïse Moundi / 237online.com

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