Economie

Cameroun: La SONARA ingurgite 150 milliards de Fcfa en deux ans

La reconstruction de la Société nationale de raffinage, conditionnée par la restructuration de sa dette évaluée à plus de 700 milliards de Fcfa.

Au passage ce 1er décembre 2020 à l’Assemblée nationale (An), le ministre le d’Eau et de l’énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a évoqué la réhabilitation de la Société nationale de raffinage(Sonara), unique raffinerie du Cameroun dévastée par les flammes le 31 mai 2019 à Limbe, dans le Sud-ouest du Cameroun. « Les premières évaluations des cabinets d’études qui se sont intéressés à ce dossier situent le coût des réhabilitations autour de 250 milliards de Fcfa. Des négociations sont d’ores et déjà engagées avec des partenaires techniques et financiers qui ont manifesté leur intérêt pour la réhabilitation de cette raffinerie. Cependant, la finalisation de ces négociations reste tributaire de la restructuration de l’importante dette de la Sonara. Le gouvernement est à pied d’œuvre pour boucler cette opération de restructuration et permettre d’amorcer un règlement progressif de cette dette », a déclaré avec aisance le Minee.

Au débris, pour souligner, la Caisse autonome d’amortissement (Cca), organisme en charge de la dette publique au Cameroun, estime à 704 milliards de Fcfa, au 30 septembre 2020 la dette de la Sonara. Ce qui fait dire le Fonds monétaire internationale (Fmi) que la raffinerie représente un risque considérable pour le système bancaire camerounais. « Un provisionnement total des expositions à la Sonara conforme à la réglementation de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) absorberait plus de la moitié des fonds propres du système bancaire en l’espace de deux ans (150 milliards de Fcfa de provisions obligatoires sur deux ans, sur un total de 280 milliards de Fcfa des fonds propres réglementaires pour l’ensemble du système bancaire) », avait souligné le Fmi dans le cadre de la cinquième revue de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit publié en août dernier.

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Gérer l’impact sur les fonds propres

Toutefois serait-il hyperbolique de croire que cette question semble préoccupée autant le pouvoir résolutif de Yaoundé ? Pour pallier à cette situation inquiétante et ennuyeuse, les autorités camerounaises pour rejoindre la démarche du conseil d’administration de cette entreprise entendent faciliter un accord sur le rééchelonnement de la dette de ladite entreprise envers les banques et les fournisseurs. Ce rééchelonnement, qui étalerait le remboursement sur cinq exercices budgétaires, contribuera à gérer l’impact sur les fonds propres et la rentabilité des banques. Il convient alors d’apostropher que cette structure, mis en service il y a quatre décennies, avec une capacité de production de 2,1 millions de tonnes de barils de pétrole par an, connaît par ailleurs depuis quelques années des travaux de modernisation et d’extension de son outil de production estimés à plus de 500 milliards de Fcfa. S’il faut donc s’en tenir au verbe du Minee, il est clair qu’à la fin des travaux à l’horizon 2021, la capacité de production devrait se situer autour de 3,5 millions de tonnes de barils par an.

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Axel ABANDA

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