Société

Cameroun – Carnet noir : La dernière consultation d’Alim Hayatou

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Sante publique, chargé de la lutte contre les épidémies et les pandémies, l’homme a rendu l’âme hier lundi 05 avril, vaincu par une courte maladie.

La dernière actualité autour d’Alim Hayatou remonte au 2 mars 2021. Nos confrères du quotidien Mutations annonçaient à la Une que le Secrétaire d’Etat auprès du Minsante, chargé de la lutte contre les épidémies et les pandémies était sevré de budget. Ulcéré par cette situation d’inconfort qui le mettait à l’étroit, ce dernier avait écrit au ministre de la Santé publique, apprend-on, pour lui demander pourquoi il lui coupait les vivres. Surtout en ces temps où la résurgence du Covid-19 doublée des alertes de choléra et autres grandes maladies secouaient le pays.

Un pactole de 142 millions de Fcfa au total. Manaouda Malachie à qui on reprochait déjà d’avoir envoyé son plus proche collaborateur et non moins lamido de Garoua au garage, n’avait pas daigné répondre à cette correspondance au vitriol. L’infortuné tire donc sa révérence à 75 ans, sans avoir reçu d’accord favorable de la part de son supérieur hiérarchique qui a brillé par une incroyable indifférence. Ce sont des sources familiales qui ont confirmé son décès hier aux premières heures de la matinée. Une grosse perte pour le Septentrion à qui la mort a arraché deux valeureux fils (avec Adoum Gargoum, ministre délégué, chargé de la Coopération avec le monde islamique décédé le 08 mars Ndlr) en l’espace d’un mois.

27 années de bons et loyaux services

Secrétaire d’État en fonction depuis 25 ans, Alim Hayatou quitte la scène et laisse des collaborateurs, des amis, des sujets et une famille éplorés par la nouvelle de sa disparition qui est tombée tel un couperet. Lui que beaucoup présentent comme un homme humble, sympathique, rigoureux, rassembleur, sans histoires quoique influent. Son départ laisse un vide dans le bastion du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dont il était une figure de proue et présenté comme un ogre pour les partis d’opposition qui tentaient en vain d’installer leur fief et se faire du « bétail électoral ». Ecarté du théâtre des opérations depuis la survenue de la pandémie Covid-19, ceux qui l’ont connu gardent de lui, l’image d’un patriote, d’un travailleur acharné, d’un fidèle de Paul Biya et surtout, un homme intègre.

Christian TCHAPMI

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