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Can Cameroun 2019: Price Waterhouse Coopers dénonce Ahmad Ahmad

Can Cameroun 2019: Price Waterhouse Coopers dénonce Ahmad Ahmad

Le président de la Caf a voulu influencer le travail du cabinet londonien en terre camerounaise. Il a reçu une fin de non recevoir.

En prenant fait et cause du pays des Lions Indomptables, la compagnie d'audit Price Watherhouse Coopers (PWC) se désolidarise de son partenaire. L'on savait l’agenda de la Caf (Confédération africaine de football) pourtant clair. «Dans quelques jours, nous effectuerons, en compagnie d’un cabinet d’expertise, une mission d’inspection au Cameroun», avait déclaré Ahmad Ahmad sur les antennes de la RTB (Radio télévision burkinabé) le 06 août 2017. Il n’en est plus question. Depuis samedi dernier, l’arrivée de la première mission d'inspection des futures infrastructures de la Coupe d'Afrique des Nations 2019 (Can 2019), qui doit se tenir cette année-là au Cameroun du 07 juin au 07 juillet, a été reportée sine die. Dans une lettre adressée à la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) le 18 août dernier, l’instance faîtière du football africain explique que ce report est dû «au désistement à la dernière minute de la compagnie d'audit Price

Watherhouse Coopers (PWC) qui devait accompagner la délégation de la Caf».

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Si pour l’instant les deux parties restent officiellement muettes par rapport à ce retournement de situation, la sortie de Édouard Messou sur les ondes d’une radio française le 20 août 2017, fournit cependant quelques pistes de lecture. L’Ivoirien, président pour l’Afrique francophone de PWC, a souligné moins une position unilatérale qu’une réelle conjoncture ouverte entre Ahmad Ahmad d’une part et le cabinet d’audit londonien d’autre part. PWC reprocherait au Malgache de vouloir absorber et de dominer les intérêts privés et est seul juge de l’intérêt général. «A Casablanca (Maroc) le 17 août 2017, lors d’une séance de travail avec le président de la Caf, le débat autour du cahier de charge de PWC en terre camerounaise a échappé à la sphère de la neutralité pour devenir, aux yeux de cette structure, un enjeu de mise à l’écart du Cameroun», affirme Édouard Messou. Ceci pourrait sembler anecdotique si les récentes déclarations d’Ahmad Ahmad n’étaient pas le cruel révélateur de la nécessité de «faire quelque chose et vite» pour barrer la voie au pays des Lions Indomptables. «Permettez-moi de rappeler que la Caf a déjà souhaité organiser des missions d’inspection au cours des derniers mois, mais à chaque fois le Cameroun a sollicité un report», confiait-il le 17 août 2017 à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Pour Édouard Messou, «ce propos, autant que les craintes sur la sécurité de la mission au Cameroun, est venu réamorcer inutilement la polémique sur l’incapacité du Cameroun à organiser la compétition». «Dans l’histoire des controverses ou des conflits qui opposent, sur la longue durée, des acteurs dotés de représentations et d’intérêts divergents, il arrive que surgisse un argument qui contraint les protagonistes à une forme d’invention argumentative, soit pour consolider leur position défensive, soit pour déplacer le jeu des alliances et conquérir ou reconquérir l’assentiment du public», soutient une source à la Fécafoot. Telle semble être la stratégie adoptée par Ahmad Ahmad qui, au nom de la Caf et de PWC, aurait émis des réserves sur la sécurité de la mission d’inspection au Cameroun. Relativement à cela, Tombi à Roko Sidiki a adressé une lettre au secrétaire général de la Caf le 18 août dernier. Dans ses écrits, le président de la Fécafoot a assuré que toutes les dispositions sont prises, balayant du coup toutes les déclarations erratiques du président de la Caf. A Tsinga (Yaoundé), on conclut qu’il s’agit d’une fuite en avant. «En composant avec l'ignorance, en se livrant à des interprétations, en posant des hypothèses et de ces constructions intellectuelles sur la sécurité, il en ressort des croyances plus erronées», appuie une autre source. Celle-ci ajoute avant de s’interroger: «Nous savions que du 20 au 28 août prochains, la délégation de la CAF forte de six personnes serait dans nos murs. D’où vient-il que subitement, ces gens craignent une ambiance glaciale malgré l’implication personnelle du président de la République?».

Jean-René Meva’a Amougou

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