Zones conflictuelles: La situation des femmes préoccupe au Cameroun

Crise anglophone

Pour essayer de trouver des voies et moyens pour sécuriser la gente féminine dans les zones en conflit, Women’s internationale league for peace and freedom (Wilpf)-Cameroon a organisé un atelier de validation du rapport sur l’analyse de la dimension genre dans les conflits le 04 mars dernier à Yaoundé, en présence de Sharon Garrey, chargée d’affaires au Haut-commissariat de Grande Bretagne au Cameroun.

Cela fait déjà plus de 03 ans que la crise sociopolitique a éclatée dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, et un peu plus de 06 ans que la secte islamiste BokoHaram sème la terreur dans la région de l’Extrême-nord. D’un côté comme de l’autre, le bilan est un long tableau noir sur lequel la majorité des victimes, en ce qui concerne les dégâts humains de la crise, sont des femmes. Pour apporter un secours à ce « sexe faible », Women’s internationale league for peace and freedom (Wilpf)-Cameroon a engagé en juillet 2019 avec ses partenaires, des travaux d’analyse de la dimension genre dans les conflits. La validation du rapport de cette étude qui a duré environ 06 mois, s’est tenue le 04 mars dernier à Yaoundé.
C’est la résidence du Haut-commissariat de Grande Bretagne qui a servi de cadre à ces assises qui regroupé une bonne brochette de militants des organisations de défense des droits de l’Homme. « Il était important après avoir mené un travail de terrain, de réunir les partenaires une fois de plus pour qu’ensemble nous puissions regarder les données qui ont été collecté, contribué à les enrichir et surtout envisager quelles sont les prochaines étapes », a indiqué Sylvie Ndongmo, la présidente de Women’s internationale league for peace and freedom (Wilpf)-Cameroon.

Situation alarmante

Et du constat du terrain, la situation est alarmante. « En matière de paix et de sécurité on n’a pas besoin de millions de morts pour dire que la situation est alarmante. Nous savons tous au Cameroun qu’il y a de milliers d’enfants qui ne vont plus à l’école depuis quelques années et le travail de terrain nous l’a démontré. Nous savons qu’il y a plusieurs familles qui n’ont plus d’abris ; nous savons qu’il y a beaucoup de femmes et d’enfants qui sont victimes de viol ; il y a de nombreuses femmes qui ont des enfants dont elles ignorent le père, ça ce sont les conséquences de ce qui se passe au Cameroun en ce moment. Et nous pensons que la situation est alarmante parce que les femmes sont touchées, parce que l’éducation camerounaise est touchée, parce que c’est tout le pays qui paye le plus lourd tribut et nous pensons véritablement qu’il faut qu’on se serre les coudes pour trouver une solution urgente à cette situation », déplore Sylvie Ndongmo. Mais en attendant, l’organisation dont elle a la charge ne reste pas les bras croisés.

Elle se bat comme elle peut pour essayer de donner du sourire à ces sinistrés des conflits. « La première des choses que nous faisons, c’est d’abord écouter. L’écoute est extrêmement importante. Nous étions dans ces régions en crise et beaucoup de femmes ont pleuré mais elles nous ont demandé de revenir parce qu’elles avaient l’impression d’être un peu réconforté du fait qu’elles pouvaient s’ouvrir à d’autres femmes pour partager leur douleur. Il est surtout question pour nous, puisque nous ne sommes pas une organisation humanitaire, d’identifier les conflits qui perturbent les communautés, comment les femmes en sont impactées mais surtout quels sont leurs besoins et leurs préoccupations et c’est ça que nous portons à l’attention des autorités, de la communauté nationale et internationale pour que des actions soient prises. Nous n’avons pas le pouvoir de décision mais nous portons les voix de ces femmes à qui de droit pour que des décisions soient prises en leur faveur », martèle-t-elle.

Massacre de Ngarbuh

S’agissant par exemple du massacre survenu à Ngarbuh le 14 février dernier, la coordonnatrice de la plateforme « femmes camerounaises pour les élections pacifiques » dit ne pas encore pouvoir se prononcer dessus parce que n’ayant pas encore fini avec le recoupement de l’information sur le terrain. « Pour que nous nous prononcions nous faisons un certain nombre de recoupement. Nous avons eu cette information et nous sommes toujours à travers nos points focaux dans un travail de recoupement de l’information parce que nous ne voulons pas verser dans des informations que nous ne pouvons pas démontrer. Mais ce qui est sûr, nous le condamnons avec la plus grande énergie parce que la violence d’où qu’elle vienne, est condamnable. Que ce soit des groupes armés ou de l’armée, nous disons non et nous refusons que les femmes qui ne sont pas celles qui initient des conflits continuent d’être des victimes ; ça fait surtout mal de savoir que des femmes enceintes ont perdu leur vie dans ce massacre de Ngarbuh », révèle-t-elle.

Somme toute, la validation du rapport sur l’analyse de la dimension genre dans les conflits, va permettre de répondre partiellement ou totalement aux attentes des femmes dans les zones en crise. « La Grande Bretagne a été pendant longtemps un défenseur des droits de la femme. Et avec nos partenaires, nous travaillons pour le maintien de la paix et la sécurité. Après la validation de ce rapport, nous allons discuter avec nos partenaires pour savoir exactement ce qu’il faudra faire », a indiqué Sharon Garrey, chargée d’affaires au Haut-commissariat de Grande Bretagne.

Rostand TCHAMI

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