Un nouveau groupe inquiète les habitants de plusieurs quartiers camerounais. Ils se font appeler les « Zombies » et, contrairement aux bandes criminelles classiques, ils ne se cachent pas. Des vidéos filmées par eux-mêmes, largement partagées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, les montrent circuler en groupe en pleine journée, effectuant ce qui ressemble à des rondes dans des zones résidentielles.
Ce que les vidéos montrent
C’est là que ça devient vraiment troublant. Les « Zombies » filment eux-mêmes leurs sorties et les diffusent. Agressions, intimidations, racket de passants, dépouillement de riverains : les actes rapportés sont commis au vu et au su de tous, sans masque, sans discrétion apparente. Une mise en scène de l’impunité qui tranche avec les méthodes des « Microbes », ces bandes de jeunes délinquants qui avaient terrorisé plusieurs quartiers de Douala et Yaoundé depuis une dizaine d’années, mais qui opéraient généralement dans l’ombre.
Là, c’est différent. Agir à visage découvert, en plein jour, en se filmant, c’est un message adressé autant aux populations qu’aux forces de sécurité.
Les quartiers précisément touchés ne sont pas encore tous identifiés avec certitude. Rien ne confirme à ce stade l’étendue réelle du phénomène ni son degré d’organisation. Mais les vidéos circulent, les témoignages s’accumulent, et le sentiment d’insécurité, lui, est bien réel.
Une criminalité urbaine qui change de forme
Ce qui préoccupe les spécialistes de sécurité urbaine, c’est moins le nombre d’individus impliqués que la posture adoptée. Une bande qui patrouille en plein jour dans un quartier comme si elle y était chez elle envoie un signal fort : celui d’un territoire conquis, ou du moins revendiqué.
Le phénomène des « Microbes » avait déjà mis des années avant que les autorités n’y apportent une réponse structurée. Faudra-t-il attendre autant cette fois ?
De nombreux citoyens ne veulent pas le savoir. Ils appellent à un renforcement immédiat de la présence des forces de l’ordre dans les zones concernées, avant que le phénomène ne s’enracine. Une demande légitime. Parce que lorsqu’une bande criminelle commence à se filmer en train de racketter des passants en plein soleil, c’est que quelque chose a déjà lâché dans la chaîne de dissuasion.
Les autorités camerounaises n’ont pas encore réagi publiquement. Du côté de la Délégation générale à la Sûreté nationale, aucune communication officielle n’avait été émise au moment de la publication de cet article.
La question n’est pas de savoir si le phénomène est réel. Les images sont là. La question, c’est la vitesse de la réponse.
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Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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