Yaoundé: Les agences de transport de Tongolo et Etoudi résistent à Tsimi Evouna

Agence de voyage

Malgré la sommation de libérer les sites qu’ils occupent aux quartiers Tongo et Etoudi, les compagnies de transport inter-urbain installées dans la zones font la sourde oreille.

L’annonce du délégué du gouvernement qui avait demandé aux exploitants de Tongolo et Etoudi de prendre attache avec les services techniques compétents de sa municipalité (direction de l’Urbanisme, de l’architecture et du cadre de vie), pour leur délocalisation vers la plateforme d’Olembé n’a pas trouvé large écho chez les propriétaires des agences de transport interurbain.

Les activités se poursuivent dans la quiétude.

La décision du délégué du Gouvernement de la Communauté urbaine de Yaoundé annonçant une délocalisation vers Olembe est toujours considérée comme une rumeur. Selon Serge Atangana Ambassa, responsable de l’agence Leader voyage les raisons de ce bras de fer sont claires, les agences n’ont toujours pas été notifiées. « Nous n’avons pas encore été notifiés d’une telle décision, mais si c’est le cas nous allons nous conformer. On ne saurait faire le bras de fer avec le gouvernement », rappelait-il au journal EcoMatin.

Outre cette raison, les chefs de compagnie de transport souhaitent voir le gouvernement s’attaquer ardemment au transport clandestin. « Nous payons des taxes, nous remplissons toutes nos obligations envers l’Etat, mais des voitures qui n’appartiennent à aucune agence transportent clandestinement des gens au lieu mobile Emana. Il faut que ça cesse. Quand on va nous envoyer à Olembe et que les autres restent, c’est nous qui allons perdre », précisait encore Serge Atangana Ambassa.

Pour Hervé Maga, chef d’agence de Confiance voyage cette décision de déguerpir les lieux ne préoccupe pas. « Pour moi, c’est une rumeur. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cela est annoncé. Jusqu’ici rien n’a été fait. Vu que nous n’avons été notifiés ni par le représentant de la Communauté qui a un bureau ici à la gare routière, ni par qui que ce soit, nous travaillons normalement. Nous allons jouer les « Thomas », voir avant de croire. Qu’ils viennent nous déguerpir », déclarait le chef d’agence de Confiance voyage.

Malgré la résistance de certains chefs d’agences considérée comme de la rébellion, Albertine Noa chef d’agence Royal Vision s’inquiète de l’issue de cette annonce. Elle reconnait avoir été notifiée par des agents de la CUY et le gestionnaire de la gare routière. « Nous avons été informés lorsque des agents de la communauté urbaine sont venus apposer des croix il y a quelques mois. Ensuite, le gestionnaire de la gare routière avait convoqué une réunion pour nous informer de ce que nous ne pourrons plus exercer ici, il nous a dit que la gare routière allait être délocalisée pour Olembé. En fin d’année, lors d’une autre réunion, il nous a informés de ce que dès le mois de janvier, aucune agence ne pourra plus traverser l’échangeur simplifié d’Olembé » a-t-elle déclaré.

Tout en poursuivant, elle a précisé que son patron et elle avaient fait un tour sur le site d’Olembé et le constat était déplorable car les travaux n’avaient pas démarré. D’où son interrogation de savoir où allaient-ils être installés ? En bordure de route ? Etant donné qu’ils payent des taxes à la communauté urbaine.

Pour rappel, le communiqué de Gilbert Tsimi Evouna signé le 23 décembre 2019, somme les agences de voyage installées entre le lieu-dit « feux Tongolo » et le carrefour Etoudi de prendre attache avec les services techniques compétents de sa municipalité (direction de l’Urbanisme, de l’architecture et du cadre de vie), pour leur délocalisation vers la plate-forme d’Olembé. Cette décision du délégué du gouvernement est motivée par le fait que
ces compagnies sont situées à un jet de pierre du palais présidentiel, et le nouveau centre administratif en chantier. Bien plus, Gilbert Tsimi Evouna s’appuie sur l’organisation du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en avril 2020 et de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations 2021. Selon le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé des moyens supplémentaires ont déjà été engagé pour la réussite de ces évènements sportifs et le relooking de la cité capitale camerounaise. « Des mesures exceptionnelles et urgentes sont prises pour soigner l’image de la ville de
Yaoundé », a précisé le premier magistrat municipal de Yaoundé.

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