Société

Violence en milieu scolaire au Cameroun: Tous coupables !

Ce qui est arrivé à Nkolbisson arrivera encore certainement dans d’autres établissements scolaires.

A condition que la communauté éducative décide d’agir. Pour l’heure, la démission des parents, des enseignants, des chefs d’établissements scolaires sont sur le banc des accusés.

Première faute. Un élève ayant déjà franchi la limite d’âge au milieu des gamins de 12 à 13 ans dans un lycée. On comprend mieux pourquoi personne parmi ses camarades de classe ne pouvait l’empêcher de commettre son meurtre. Comment cet enfant s’est-il donc retrouvé au lycée dans une salle de classe où il terrorisait tout le monde.
Deuxième faute, le silence. Des témoignages de certains de ses camarades font état de ce qu’il a déjà eu une altercation avec l’enseignant de mathématiques assassiné.
Une altercation au cours de laquelle ils seraient arrivés aux échanges de coups de poings. Mais l’administration de l’établissement n’était pas informé, ni de l’altercation, ni du comportement déviant de cet élève dont on dit qu’il arrivait régulièrement en retard, escaladait la clôture du lycée quand il le voulait.

Troisième faute, la présence du téléphone et du couteau dans les effets de l’élève.
Visiblement, l’enfant échappait déjà au contrôle parental qui a peut-être laissé faire au moment où il fallait intervenir énergiquement. Mais cet enfant a dû se retrouver dans ce lycée alors qu’il ne remplissait pas les conditions par l’intervention d’un parent. Le téléphone portable à l’origine de l’incident fatal certainement aussi acheté par les parents.

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Quatrième faute. L’enseignant qui se retrouve au mauvais endroit alors qu’il était supposé dispenser son savoir dans le Noun. Faute surtout aux responsables en charge de la gestion des dossiers administratifs des jeunes enseignants affectés et non encore pis en solde, sans frais de relève, obligés de faire des vacations pour suivre ou même payer le transport pour aller prendre service.
Quatre fautes graves qui donnent la note éliminatoire même si le sujet éliminé n’est pas celui qui a commis plus de fautes.
Au plus fort de la lutte contre la secte terroriste Boko Haram, les établissements scolaires avaient été instruits de se doter des détecteurs de métaux pour filtrer les entrées et éviter la présence d’objets dangereux dans les campus scolaires. Mais la vigilance est très vite tombée. Sinon, le couteau du jeune assassin de Nkolbisson ne serait jamais passé.

Face à la montée des violences en milieu scolaire, une unité de police spécialisée dans la protection des établissements scolaires a été créée. Ses actions restent très peu perceptibles et pourtant, une présence dissuasive et des descentes inopinées de cette unité dans les établissements scolaires pour des fouilles faites par les hommes en tenus et des élèves pris avec des armes ou de la drogue présentés à leurs camarades au cours d’un rassemblement et sévèrement sanctionnés devrait contribuer à dissuader ceux des élèves qui auront l’idée d’introduire des stupéfiants et des armes dans les campus scolaires.

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A l’heure de la modernité et des libertés, l’enseignant ne fait plus peur. Soit parce que la société lui a collé l’image de pauvre enseignant et dont les élèves nés de parents nantis peuvent mépriser, soit parce que les enseignants eux-mêmes ne maintiennent plus la distance nécessaire pour marquer les lignes à ne pas franchir. Mais hélas aujourd’hui, ils sont copains, invités aux anniversaires de leurs élèves, se retrouvent en boîte de nuit où c’est l’élève qui paie la consommation. Tout y passe et le mépris s’installe. Le lycée classique de Nkolbisson nous parle.
Il faut investir dans la sécurité dans les écoles.
Nkolbisson parle à l’autre bombe à retardement, lycée Général Leclerc, le lycée d’Elig Essono, le lycée technique d’Ekounou, le lycée de Mballa II, Biyem Assi, etc.
Du tramol, du chanvre indien, des couteaux et autres objets tranchants sont dissimulés dans les cartables. Ni les parents, ni les encadreurs à l’école n’ont encore pris la mesure du danger qui guette l’école.

Christophe Mvondo

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