Economie

Victimes économiques de la crise dans le Noso : Baba Danpoullo le plus gros perdant

Les pertes subies par les entreprises du plus grand investisseur de la région du Nord-ouest n’ont pas été prises en cours du grand dialogue national.

El hadj Baba Dampoullo est connu comme propriétaire des sociétés les plus pourvoyeuses d’emplois dans la région du Nord-ouest. Sa notoriété va au-delà de sa région d’origine pour s’étendre sur l’ensemble du territoire du Cameroun, voire même sur d’autres continents au monde. La diversité des activités de ses entreprises est impressionnante. L’agriculture, l’élevage et l’industrie sont des secteurs sur lesquels cet investisseur de gros calibre a fait son pari.

Quel Camerounais n’a jamais entendu parler de Tole tea ? Non seulement il est le producteur de ce produite très apprécié par des consommateurs et de la sous région Cemac, mais également il est propriétaire de la société qui fournit la matière première pour ce faire. Ses entreprises basées dans le Nord-ouest emploient plus de 10.000 personnes de manière permanente.

Si l’on y ajoute les emplois indirects, il apparait clairement que de nombreux habitants gagnent leur vie au sein des sociétés mises en place par cet patriote engagé à contribuer de fort belle manière au développement du Cameroun.

Quelques données chiffrées permettent de mieux comprendre la profondeur des pertes subies par les entreprises de Baba Dampoullo depuis le début de la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, au regard de son implantation dans cette partie du pays. Sur le plan agricole, la situation est d’autant plus ahurissante qu’il s’agit des milliers d’hectares de plantation incendiés, mettant par le fait même de nombreux travailleurs au chômage. La plantation de thé de Dawara est réalisée sur une superficie de 8 000 hectares. Celle de Ndu couvre une superficie de 650 hectares. Baba Dampoullo est également présent dans la région du Sud-ouest avec une plantation de 550 hectares à Tole.

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Le cheptel bovin de Baba Dampoullo n’a été épargné par les méfaits de la crise dans le Noso. dans sa base de Dawara où il élève des milieux de bœufs et de chevaux, les terroristes ont fait main basse sur son patrimoine, volant parfois même ses bêtes sous son regard impuissant. Il ne serait pas exagérer de dire que cela peut être considéré comme l’une des pires humiliations. Sinon, comment comprendre que des individus arrachent les biens d’un individu de manière aussi flagrante sous ses propres yeux.

Vengeance

La décision du Premier ministre d’ignorer les entreprises de Baba Dampoullo dans la liste des structures ayant connu des pertes dans la crise au Nord-ouest et au Sud-ouest trouverait son fondement dans l’affaire Viettel Cameroun S.a. Selon des sources généralement bien recoupées, le président de la République aurait confié à Dion Ngute la mission de traiter l’affaire Viettel Cameroun, opposant Baba Dampoullo à ses partenaires vietnamiens.

Malheureusement, au cours de la gestion de ce dossier, le Premier ministre aurait de manière flagrante son impartialité. Et comme il n’a pas pu évincer Baba Dampoullo de la société, il a choisi de se venger sur le terrain de la crise dans le Noso, ayant été désigné par le président de la République pour conduire les travaux du grand dialogue national. Au fond, il se trouve que Dion Ngute a voulu faire entrer sa cousine et son beau fils, avocat des Vietnamiens, dans la société Viettel Cameroun S.a.

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Une tentative qui s’est avérée infructueuse. A l’analyse, c’est pour se venger para rapport à l’affaire Viettel Cameroun S.a que le Premier ministre aurait décidé d’écarter les entreprises de Bba Dampoullo de la liste des sociétés ayant connu des pertes dans le cadre de la crise dans le Noso. Touche chose qui n’est pas de nature à encourager Baba Dampoullo à investir davantage en vue de contribuer à la réduction du chômage dans les deux régions du Cameroun.

En tout état de cause, les états de service de Baba Dampoullo sont bien connus et appréciés enau sommet de l’Etat. Ses largesses sont également très appréciées dans les localités où il a investi. Le bon sens aurait voulu que ses nombreuses pertes, évaluées un milliard 600 millions de franc Cfa depuis trois ans, soient au moins reconnues dans le cadre de la tenue du grand dialogue national, quand bien même il pourra ne pas être dédommagé. Pour le moment, les regards sont tournés vers le président de la République qui, en père de famille, pourra la décision idoine afin de réparer cette injustice.

Le Jeune Enquêteur N° 340 du 15 octobre 2019

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