Tribune libre: Paul Biya est l’unique Président élu du Cameroun

Huit mois après la présidentielle du 07 octobre 2018, le patron du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) revendique toujours le (vrai) fauteuil du chef de l’État, qu’il estime avoir conquis à l’issue des élections.

Pourtant, le Conseil constitutionnel a officiellement validé, le 22 octobre dernier, la réélection du chef de l’État sortant, Paul Biya. Ce dernier a totalisé 71,28% des suffrages, devant Maurice Kamto (Mouvement pour la renaissance du Cameroun – MRC –, 14,23%), Cabral Libii (Univers, 6,28%) et Joshua Osih (Social Democratic Front – SDF –, 3,35%).Ceci pour un taux de participation globale de 53,83%. Et selon la constitution en vigueur au Cameroun, seuls les résultats du conseil constitutionnel font foi. D’où vient-il que Kamto, Juriste mondialement reconnu et dont l’engagement en politique est une chance pour le Cameroun, se met à gesticuler au terme des résultats officiels proclamés par le Conseil constitutionnel?

Maurice Kamto s’est lancé dans un bras de fer avec l’occupant du palais d’Etoudi, Paul Biya. Au mépris de la légalité républicaine, le leader du Mrc se fait appeler « Président élu » du Cameroun. Même les communiqués officiels du Mrc décrivent malencontreusement Kamto comme le « président élu » du Cameroun. Le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) est allé jusqu’à saisir la Commission des droits de l’homme de l’Union Africaine(UA) pour contester l’élection de Paul Biya. Curieusement, cette instance a déclaré la requête du Mrc recevable. Ce qui est inacceptable, ce, étant donné que le Cameroun a déjà tourné la page de la présidentielle du 07 octobre dernier. Les motivations du Mrc laissent à désirer dans tous les sens : son équipe dénonce sans aucune preuve des malversations ayant selon elle abouti à attribuer frauduleusement 1 327 000 voix à Paul Biya. Une quinzaine d’avocats, notamment Me Emmanuel Simb, Akere Muna, Yondo Black, Abdou Bagui ou encore Michèle Ndoki, sont mobilisés pour défendre la position du MRC et de son patron, qui refuse de reconnaître les résultats et continue de dénoncer « un règne sans fin, aveugle à son propre épuisement ». Toute chose qui crée une sorte de confusion dans l’esprit des Camerounais et de la communauté internationale, alors que le vrai président du Cameroun s’appelle Paul Biya. Qu’on l’aime ou pas, Paul Biya est le Président élu du Cameroun. Le Cameroun n’a pas deux Chefs d’Etat.

Face à cette cacophonie sans précédente inspirée des ennemis tapis dans l’ombre, le chef de l’État, au pouvoir depuis 1982, observe attentivement les faits et gestes de Maurice Kamto et de la communauté internationale qui contestent son élection. Heureusement, Biya a pour lui « la force de l’expérience », par ailleurs son slogan de campagne lors de la présidentielle du 07 octobre. En 1992 déjà, son opposant, John Fru Ndi, avait revendiqué la victoire dans les urnes lors de la présidentielle. Le « chairman » du SDF avait ensuite dû se résoudre à rentrer dans le rang, incapable d’ébranler suffisamment la machine du RDPC. Depuis, Biya a conservé son fauteuil présidentiel. Et John Fru Ndi a quitté le devant de la scène politique. Maurice Kamto, de fait nouveau leader de l’opposition, est prévenu : il a face à lui un stratège redoutable.

La force de l’expérience

Comment comprendre que le Mrc aiguise encore son couteau pour contester les résultats, au lieu de se concentrer pour préparer les prochaines élections régionales, législatives et municipales ? Que vise réellement ce parti d’opposition à travers des manifestations infinies? La vérité c’est que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) est une redoutable machine de conquête et de conservation du pouvoir, avec à sa tête, un génie politique qui s’inspire des stratégies de Machiavel pour mettre en œuvre une ingénierie électorale savamment orchestrée, qui fait de lui un multi-champion des joutes électorales. 7 participations à la présidentielle, 7 victoires. En 2011, Biya a rempilé pour un sixième mandat consécutif, à l’âge de 78 ans, avec un score qui a laissé rêveur : 77,989 % des voix, lequel est tout de même plus bas que celui de 1997 (92, 57 %). Daniel Pennac n’avait –il pas dit que « la nature de l’énergie qu’il faut déployer lors d’une campagne a beaucoup plus à voir avec le goût du pouvoir qu’avec le sens du bien public » ? S’était-il seulement renseigné sur la sociologie politique du Cameroun où le goût du pouvoir est la mère de toutes les envies politiques ? A la verité, le score obtenu par le président Paul Biya lors de la présidentielle du 07 octobre dernier, sont venus pour corroborer ce qui se vit sur le terrain. Implanté dans les 360 communes, le Rdpc s’impose tout autant qu’il est le parti le plus visible du Cameroun. Qui ignore que le Mrc n’avait pas de représentants dans plusieurs bureaux de vote, dont les localités du Sud, de l’Est et du septentrion? Comment Kamto a-t-il pu obtenir tous les résultats des bureaux de vote moins de 24 heures après le scrutin ? A cette dernière question, le Professeur Maurice Kamto n’a pas pu apporter de réponses lors de son audition après son arrestation au terme des manifestations du 26 janvier dernier. « Je ne peux pas répondre à ces questions », avait-il confié au Commissaire de police qui l’interrogeait.

Depuis 1992 en effet, Paul Biya n’est plus jamais passé à côté de perdre une présidentielle. La grosse machine huilée et rodée à la chose électorale lui garantit de facto une victoire écrasante à chaque fois sur ces adversaires foncièrement divisés. Et quand on regarde ses adversaires, Paul Biya les dépasse tous de la tête et des épaules. On a même comme impression que les Camerounais votent pour le Chef de l’Etat de manière instinctive .Plusieurs analystes politiques soulignent que même sans battre campagne, Paul Biya gagnerait une élection au Cameroun. C’est que le Champion national est le seul candidat qui fédère, fait presque l’unanimité. On a qu’à voir des traditionnels scores électoraux. De plus, la président du 07 octobre 2018 a été plus facile à gagner pour le président Paul Biya que les échéances passées. Ce, à plus d’un titre. Joshua Osih, candidat du Sdf, n’avait pas l’aura d’un John Fru Ndi. Il a peiné à convaincre. Ses différentes tournées, aussi bien dans la diaspora que dans le Grand Nord du Cameroun ont été un fiasco. En bon politicien, il a accepté les résultats du Conseil constitutionnel.

Maurice Kamto , le tireur de pénalty autoproclamé , a été un personnage assez clivant. Lui-même l’avait dit dans un média, qu’il n’excluait pas une défaite. Nous reconnaissons qu’il avait une capacité mobilisatrice plus élaborée que celle d’Osih, parce qu’il a pu attraire les foules. De plus, ayant servi dans le système Biya et trainant des casseroles relativement au marché du code pénal, il a inspiré plutôt méfiance aux yeux de l’opinion. A l’heure où nous sommes, il sera plus intelligent pour Maurice Kamto de reconnaitre enfin la victoire du président Paul Biya et de se mobiliser pour les prochaines élections régionales, législatives et municipales.

Les résultats complets de la présidentielle du 07octobre 2018, région par région, proclamés par le Conseil constitutionnel :

Dans la région de l’Adamaoua :
Participation : 55,90%
Paul Biya : 79,77%
Cabral Libii : 11, 30%
Maurice Kamto : 2,61%
Garga Haman Adji : 2,6%
Joshua Osih : 1,88%
Serge Espoir Matomba : 0,55%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,56%
Adamou Ndam Njoya : 0,27%
Akere Muna : 0,21%

Dans la région du Centre :
Participation : 58,69%
Paul Biya : 71,1%
Maurice Kamto : 15,25%
Cabral Libii : 9,66%
Joshua Osih : 2,11%
Garga Haman Adji : 0,67%
Serge Espoir Matomba : 0,39%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,38%
Adamou Ndam Njoya : 0,31%
Akere Muna : 0,13%

Dans la région de l’Est :
Participation : 63,24%
Paul Biya : 90,43%
Cabral Libii : 3,77%
Maurice Kamto : 2,63%
Garga Haman Adji : 1,14%
Joshua Osih : 0,91%
Serge Espoir Matomba : 0,41%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,33%
Adamou Ndam Njoya : 0,24%
Akere Muna : 0,14%

Dans la région de l’Extrême-Nord :
Participation : 72,30%
Paul Biya : 89,21%
Maurice Kamto : 3,45%
Cabral Libii : 2,81%
Garga Haman Adji : 1,77%
Joshua Osih : 0,98%
Serge Espoir Matomba : 0,62%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,48%
Adamou Ndam Njoya : 0,35%
Akere Muna : 0,32%

Dans la région du Littoral :
Participation : 54,78%
Maurice Kamto : 38,6%
Paul Biya : 35,75%
Cabral Libii : 12,79%
Joshua Osih : 9,06%
Franklin Ndifor Afanwuei : 1,18%
Garga Haman Adji : 0,85%
Serge Espoir Matomba : 0,67%
Adamou Ndam Njoya : 0,76%
Akere Muna : 0,34%

Dans la région du Nord :
Participation : 54,86%
Paul Biya : 81,62%
Cabral Libii : 5,77%
Maurice Kamto : 4,15%
Garga Haman Adji : 2,92%
Joshua Osih : 2,03%
Serge Espoir Matomba : 1,1%
Franklin Ndifor Afanwuei : 1,06%
Akere Muna : 0,84%
Adamou Ndam Njoya : 0,52%

Dans la région du Nord-Ouest :
Participation : 5,36%
Paul Biya : 81,74%
Joshua Osih : 10,41%
Maurice Kamto : 3,6%
Cabral Libii : 1,18%
Franklin Ndifor Afanwuei : 1,15%
Akere Muna : 0,83%
Garga Haman Adji : 0,41%
Adamou Ndam Njoya : 0,39%
Serge Espoir Matomba : 0,28%

Dans la région de l’Ouest :
Participation : 64,03%
Paul Biya : 48,19%
Maurice Kamto : 30,56%
Adamou Ndam Njoya : 10,4%
Joshua Osih : 5,2%
Garga Haman Adji : 2,5%
Cabral Libii : 1,44%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,76%
Akere Muna : 0,53%
Serge Espoir Matomba : 0,48%

Dans la région du Sud :
Participation : 73,77%
Paul Biya : 92,91%
Cabral Libii : 2,75%
Maurice Kamto : 2,15%
Joshua Osih : 0,99%
Adamou Ndam Njoya : 0,53%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,28%
Garga Haman Adji : 0,21%
Serge Espoir Matomba : 0,13%
Akere Muna : 0,04%

Dans la région du Sud-Ouest :
Participation : 15,94%
Paul Biya : 77,69%
Joshua Osih : 12,72%
Maurice Kamto : 3,54%
Cabral Libii : 1,71%
Franklin Ndifor Afanwuei : 1,65%
Akere Muna : 0,84%
Adamou Ndam Njoya : 0,65%
Garga Haman Adji : 0,63%
Serge Espoir Matomba : 0,57%

Dans la diaspora, zone Afrique :
Participation : 51,27%
Paul Biya : 49,22%
Maurice Kamto : 33,33%
Cabral Libii : 9,51%
Joshua Osih : 3,71%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,87%
Akere Muna : 0,27%
Adamou Ndam Njoya : 1,96%
Garga Haman Adji : 0,56%
Serge Espoir Matomba : 0,57%

Dans la diaspora, zone Europe :
Participation : 38,82%
Paul Biya : 51,97%
Maurice Kamto : 30,96%
Cabral Libii : 14,41%
Joshua Osih : 1,87%
Garga Haman : 0,19%
Serge Espoir Matomba : 0,19%
Adamou Ndam Njoya : 0,19%
Akere Muna : 0,13%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,06%

Dans la diaspora, zone Amérique :
Participation : 75,28%
Paul Biya : 83,85%
Maurice Kamto : 8,46%
Cabral Libii : 4,62%
Joshua Osih : 1,54%
Serge Espoir Matomba : 0,77%
Franklin Ndifor Afanwuei : 0,77%
Akere Muna : 0,00%
Adamou Ndam Njoya : 0,00%
Garga Haman : 0,00%

Dans la diaspora, zone Asie :
Participation : 33,93%
Paul Biya : 71,91%
Cabral Libii : 10,03%
Maurice Kamto : 8,03%
Garga Haman : 3,78%
Serge Espoir Matomba : 1,67%
Adamou Ndam Njoya : 1,34%
Franklin Ndifor Afanwuei : 1,34%
Akere Muna : 1,00%
Joshua Osih : 1,00%

Par Zéphirin Koloko, Directeur de publication du journal « L’Avenir », Directeur Général de l’Agence Camerounaise de Communication (Acacom).

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