Scandale à la BVMAC : Le DG accusé de licenciement abusif et d’effraction, l’ex-DAF réclame justice

BVMAC

Depuis deux ans, la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) est secouée par un scandale sans précédent. Au cœur de l’affaire, un différend opposant le Directeur Général (DG) à son ancien Directeur Administratif et Financier (DAF), brutalement licencié dans des conditions troubles.

Une effraction nocturne à l’origine du scandale

Le 23 juin 2022, un événement stupéfiant se produit dans les locaux de la BVMAC. Le DG est surpris en pleine nuit en train de forcer la porte du bureau de son DAF, en son absence. Pris sur le fait, il empêche pourtant son collaborateur d’accéder à son propre bureau le lendemain, allant jusqu’à changer la serrure. Dans la foulée, le DG engage une procédure de licenciement à l’encontre de son DAF, au mépris des règles élémentaires du droit du travail.

Un licenciement brutal et des accusations graves

Dès le 24 juin, le DAF se voit signifier sa suspension et son interdiction d’accès aux locaux de la BVMAC, sans la moindre explication. Ce n’est que le 11 août 2022, lors de la remise de sa lettre de licenciement, qu’il découvre les griefs retenus contre lui. Selon un prétendu rapport d’audit du cabinet Deloitte, il se serait rendu coupable de « fautes lourdes » et « d’actes non conformes à l’orthodoxie financière », causant un « préjudice colossal » à l’institution. Des accusations d’une extrême gravité, que l’ex-DAF découvre avec stupéfaction.

Un audit fantôme et des accusations sans fondement

Abasourdi par ces allégations, l’ex-DAF demande immédiatement à consulter le fameux rapport d’audit, dont il n’a jamais eu connaissance. Refus catégorique de la direction. Face à ce qui s’apparente à un déni de justice, il décide de saisir le gouvernement camerounais pour un arbitrage. S’ensuit un long bras de fer, marqué par le mutisme incompréhensible du DG, qui tarde à fournir le rapport accablant. Lorsqu’il daigne enfin le transmettre aux autorités, en septembre 2023, c’est pour proférer de nouvelles accusations délirantes à l’encontre de son ancien collaborateur, accusé cette fois de « crimes économiques » et de « détournements de centaines de millions de FCFA« .

Le rapport Deloitte vide l’abcès

Il faudra attendre janvier 2024 pour que l’ex-DAF obtienne enfin une copie du rapport tant attendu. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que son contenu est pour le moins édifiant. Non seulement le cabinet Deloitte se défend d’avoir réalisé un quelconque audit, mais en plus, le document ne contient pas la moindre trace des accusations proférées par le DG, que ce soit dans la lettre de licenciement ou lors de la confrontation devant les autorités. Autrement dit, le DG de la BVMAC aurait monté de toutes pièces ce dossier à charge pour se débarrasser de son DAF.

L’ex-DAF réclame justice et réparation

Fort de ces révélations accablantes, l’ancien DAF multiplie depuis les recours pour obtenir justice et laver son honneur. Réclamant la restitution de ses effets personnels, indûment confisqués depuis deux ans, ainsi que la révision des conditions de son licenciement abusif, il a saisi tour à tour les instances dirigeantes de la BVMAC, les actionnaires et le gouvernement camerounais. En vain, jusqu’à présent. Portant ce scandale sur la place publique, il espère enfin obtenir gain de cause et être blanchi des accusations infamantes dont il fait l’objet depuis deux ans.

Le silence assourdissant des instances dirigeantes

Mais le plus troublant dans cette affaire, c’est l’inertie des instances dirigeantes de la BVMAC, qui semblent s’accommoder des méthodes pour le moins expéditives de leur DG. En maintenant sa confiance à un dirigeant pris en flagrant délit d’abus de pouvoir, la gouvernance de la Bourse ne se rend-elle pas complice de cette tentative d' »assassinat professionnel », pour reprendre les termes de l’ex-DAF ? Peut-elle à ce point bafouer les valeurs d’éthique, de rigueur et de responsabilité censées guider l’action de cette institution cruciale pour les marchés financiers de la zone CEMAC ? Des questions qui méritent d’être posées.

Un arbitrage attendu et des enjeux cruciaux

Bien décidé à aller jusqu’au bout de son combat, l’ex-DAF de la BVMAC a saisi le gouvernement camerounais d’une requête en arbitrage. Une décision est attendue dans les prochaines semaines, qui pourrait faire jurisprudence en matière de licenciement abusif et de réparation du préjudice professionnel. Au-delà de ce cas personnel, c’est la question de la gouvernance des institutions financières de la zone CEMAC qui se trouve posée. Comment garantir la confiance des acteurs économiques et des investisseurs si les dirigeants de ces institutions peuvent bafouer aussi impunément les règles les plus élémentaires du droit et de l’éthique ?

Un scandale à suivre de près

En attendant l’épilogue de ce feuilleton judiciaire, une chose est sûre : le scandale qui secoue la BVMAC depuis deux ans est loin d’avoir livré tous ses secrets. Entre les zones d’ombre qui demeurent sur le rôle exact du DG dans cette affaire et le silence assourdissant des instances dirigeantes, il y a fort à parier que de nouveaux rebondissements ne manqueront pas de survenir dans les semaines à venir. Une affaire à suivre de très près, tant les enjeux pour la crédibilité et l’avenir de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale semblent cruciaux. Comme toujours, notre rédaction se tiendra en première ligne pour vous informer des derniers développements de ce dossier brûlant.

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