Samuel Eto’o défie l’État camerounais : le football en otage ?

Samuel Brys

Le bras de fer entre Samuel Eto’o, président de la FECAFOOT (Fédération Camerounaise de Football), et les autorités camerounaises prend une tournure inquiétante. L’ancien footballeur de légende semble prêt à tout pour imposer sa vision, quitte à fragiliser l’État et à exposer le pays à l’embrasement. Une situation explosive qui soulève de nombreuses interrogations sur l’ego surdimensionné d’Eto’o et l’emprise du football sur la société camerounaise.

Quand un individu se croit plus fort que l’État

Pour Darren Lambo Ebelle, observateur avisé de la scène politique camerounaise joint par 237online.com, l’attitude d’Eto’o relève purement et simplement de la « sédition« . « Nous avons dit non à la sécession de notre pays, alors pourquoi sommes-nous si complaisants face à ce qui n’est ni plus ni moins qu’une défiance d’une Association ayant reçu l’agrément de l’État, contre l’État ? », s’interroge-t-il.

Une situation d’autant plus choquante qu’Eto’o semble bénéficier du soutien d’une partie de l’opinion, prête à le suivre aveuglément en raison de son statut d’icône du football. « Un repli identitaire béant s’est formé autour de sa personne », observe amèrement M. Ebelle. Une dérive communautariste qui expose le Cameroun au chaos.

Le football, nouvel opium du peuple ?

Pour de nombreux observateurs, cette crise est révélatrice du pouvoir démesuré pris par le football dans la société camerounaise. Un sport roi devenu au fil des ans un véritable « opium du peuple« , capable de susciter les passions les plus irrationnelles et de pousser les foules à défier l’ordre établi.

« Le football draine beaucoup de mauvais esprits« , estime Darren Lambo Ebelle. « Ce que se plaît à faire Eto’o est une blague de mauvais goût, qui ne devrait amuser aucun esprit rationnel ». Pourtant, ils sont nombreux à applaudir la fronde du président de la FECAFOOT, au risque de précipiter le pays dans le chaos.

L’heure des décisions fortes a sonné

Face à cette situation explosive, les autorités camerounaises se doivent de réagir fermement pour réaffirmer la primauté de l’État et endiguer la défiance d’Eto’o et de ses partisans. « Il faut prendre des mesures à son égard et celui de ses lieutenants, selon les lois de la République », préconise M. Ebelle.

Une suggestion : retirer immédiatement la gestion des équipes nationales à la FECAFOOT pour la confier à une structure étatique comme la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS). Un électrochoc nécessaire pour rappeler que les Lions Indomptables sont la propriété du Cameroun, et non d’un homme seul, fut-il nommé Samuel Eto’o.

L’heure est grave. En s’arc-boutant sur ses positions par pur égocentrisme, l’ancien capitaine des Lions joue avec le feu et expose son pays au pire. Il est temps de lui rappeler une vérité fondamentale : au Cameroun, personne n’est au-dessus de la nation. Pas même un « monument » du football.

Par Mathieu Sima pour 237online.com

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