SÃ?©bastien EyaÃ?â??a et Darlyse Nkolo: SÃ?©parÃ?©s de leur bÃ?©bÃ?© par un mÃ?©decin

Ce couple, qui se dit traqué aujourd??hui, partage son quotidien entre la peur, la détresse et les auditions dans les commissariats.«Depuis que cette histoire a commencé, on n??a jamais dormi deux jours de suite au même endroit», commence Sébastien Eya??a Meba??a, père d??un bébé disparu au Centre médico-social encore appelé «hôpital de la Caisse» à Yaoundé. Darlyse Nkolo, sa compagne, y avait été admise autour du 3 février 2012. Elle va accoucher le lendemain, mais le s*e*xe du bébé ne lui sera pas communiqué. «J??ai demandé à voir mon bébé, se souvient-elle, l??infirmière m??a dit que je ne le pouvais pas tout de suite mais plutôt le lendemain.»Ledit 5 février, après avoir longuement insisté, les infirmières lui apprennent enfin qu??elle peut aller voir le fruit de ses entrailles en pavillon de néonatologie. Elle se rend dans cette

salle, où elle rencontre un pédiatre qui se montre intrigué par sa présence en ces lieux. «Il m??a demandé ce que je faisais là, ce que je voulais et qui j??étais. Quand j??ai décliné mon identité, il m??a demandé d??aller voir dans les berceaux si mon bébé s??y trouvait, avec à son poignet le nom de la mère, Nkolo.» Elle s??exécute, fait enfin la connaissance du nourrisson avec qui elle blague un peu, constatant qu??il avait tout pris de son père. Mais, à peine avait-elle pris son bébé dans ses bras que le même médecin vient le lui arracher, indiquant que ce n??était pas le sien qui, lui, se trouvait dans une autre salle. «Je n??ai rein compris, alors qu??il portait effectivement mon nom à son poignet.»Elle se met donc à la recherche de son bébé qui, d??après les informations fournies par les infirmières, une heure après l??accouchement, est de s*e*xe masculin. En vain. Les choses s??accélèrent dès le lendemain, le 6 février 2012. L??hôpital lui demande de partir. Face à son obstination, la direction de l??hôpital insiste et met sa menace à exécution le 7 à 18h. Beaucoup d??autres événements vont se produire dans l??espace : «Mon carnet d??hôpital sera trafiqué, mon lit sera changé et on va même me demander d??aller chercher des couches pour mon bébé. Plus tard, le pédiatre viendra m??informer que mon bébé va bien et que nous quitterons l??hôpital bientôt.»Darlyse Nkolo est expulsée, mais fait de la résistance jusqu??à 2h du matin, le lendemain. «Les gens de l??hôpital nous ont pris pour des voleurs de bébé, des imposteurs. Le directeur de l??hôpital a même dit que je n??ai jamais accouché dans cet hôpital.» Sur insistance de sa mère, l??infortunée se résout à rentrer à la maison. Le 10 février, le directeur de l??hôpital de la Caisse prend contact avec un journaliste, à qui il indique que le bébé Nkolo se trouve à la morgue de son hôpital. L??homme de média contacte à son tour l??avocat du couple et lui communique cette information. «Nous sommes partis à la morgue, on a refusé de nous remettre le corps du bébé qu??on dit être le nôtre. Ce qui fait qu??à ce jour, on n??a jamais vu ce bébé. Et on n??en sait rien sur son s*e*xe parce que le nôtre, c??est un garçon», indique Sébastien Eya??a Meba??a. Du côté de la direction de l??hôpital, c??est le mutisme total. Aucune réponse aux questions de journalistes, aucune explication officielle non plus.Depuis ce temps, le père indique avoir été agressé à Mimboman, le 27 février au soir alors qu??il rentrait de l??église. L??enquête, ouverte par la police judiciaire, a permis une confrontation à laquelle aucun responsable de l??hôpital n??a assisté en dehors des 20 infirmières qui ont accouru. «On en a reconnu 4, indique e père, et elles ont toutes déclaré aux enquêteurs qu??elles nous avaient reçu. Mais les policiers nous ont menacé, ne voulant même pas nous écouter.»Le couple malheureux vit aujourd??hui traqué, et doit régulièrement changer de maison. Il n??a plus confiance à la police ni aux autorités, qui se bouchent les oreilles face à leur détresse. Les traits tirés, fatigués de changer d??asile, ils se méfient de tout. Mais Sébastien et Darlyse s??en sont remis à l??enquête de la gendarmerie, dont les conclusions restent attendues. Et ils promettent d??organiser un sit-in devant l??hôpital, si celles-ci ne satisfont pas leurs attentes.

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