Retour de la grippe aviaire à l’Ouest : L’État accusé

elevage des poulets

Avec le retour de la grippe aviaire, de nombreux opérateurs du secteur avicole ne font pas confiance à l’encadrement de l’Etat, qu’ils accusent par ailleurs de non-assistance.

Dans le sillage de la préparation des fêtes de foin d’année 2021 et au sujet de la disponibilité probable de la viande de volaille sur le marché, Roger Penka, le président de l’Interprofession avicole du Cameroun (Ipavic) pour les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, se faisait rassurant dans une interview dans ces colonnes. Malgré les difficultés rencontrées par de nombreux aviculteurs, il faisait savoir que ses membres tiennent la route. « La filière avicole camerounaise est résiliente. Nous sortons d’une crise sanitaire (celle du COVID-19, ndlr) qui a impacté toute l’économie, aussi bien l’aviculture qui est une industrie vivante contrairement aux autres industries. Mais toujours est-il que l’aviculture a gardé les bases de production. Ainsi, jusqu’à ce jour, l’outil de production et la capacité de se relever et de remettre le marché à flot sont restés intacts. C’est vrai que les acteurs ont perdu beaucoup d’argent dans cette crise. Mais beaucoup sont en train de se relever malgré de nombreux sacrifices financiers ». Il trouvait alors utile que l’Etat leur vienne en aide. « Les banques nous mettent aujourd’hui la pression pour ce qui est des recouvrements. Nous espérons que le gouvernement va nous tendre la main, pour qu’on se remette le plus vite sur pied afin non seulement de satisfaire la demande actuelle du marché mais aussi faciliter l’accès des ménages à ce protéine et à moindre coût ».

Le spectre de la grippe aviaire n’était pas bien loin. « L’existence de l’épizootie de la grippe aviaire, principalement dans l’Union européenne en France, Belgique et Hollande, qui se disent nos principaux fournisseurs, a impacté l’approvisionnement du marché aussi bien en œufs à couver qu’en poussins, chairs et pontes. Le phénomène ne s’est pas encore estompé. Mais, il a été contenu grâce à la production locale. Il y a de plus en plus de fermes de production de parenté, d’œufs à couver (Oac) local qui ont pu résorber une grande quantité de manque qui devait être sur le marché. Actuellement, la France reste encore dans la grippe aviaire, de même que la Hollande et la Belgique. Pour le moment, on utilise plus de ressources génétiques locales », rappelait-il.

Un avis peu partagé par les aviculteurs peu scientifiques qui voient dans les mesures sanitaires prises, un moyen de les paralyser. Pour eux, l’Etat fabrique de temps en temps la grippe aviaire, « pour les menacer ». Face aux problèmes qu’il soulevait, la solution intermédiaire était de se libérer de la dépendance occidentale, en ce qui concerne la production des parentaux. « La dernière fois, on était bloqué parce qu’il fallait faire venir les parentaux d’Europe et celle-ci étant contaminée, on ne pouvait pas s’en approvisionner. Nous avons toujours tiré les leçons de nos difficultés. De la grippe aviaire de 2006, nous avons appris qu’il fallait commencer à produire beaucoup de parentaux locaux. De la crise du Covid-19, nous avons compris qu’il faut passer aux grands-parents et densifier la production locale des œufs à couver dans notre pays », reconnaissait-il. Depuis que le virus H5N1 est entré au Cameroun, il a déjà fait des gaffes. En mai 2016, le complexe avicole de Mvog Betsi, un quartier de la ville de Yaoundé, avait perdu 15 000 des 33 000 volailles de son cheptel. La grippe aviaire a été identifiée dix ans plus tôt, sur un canard d’élevage, dans la ville de Maroua.

F.K. / 237online.com

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