Grippe aviaire – Jean Calvain Tala Kamga : « Que l’Etat nous accompagne avec les vaccins »

Jean Calvain Tala Kamga

Le secrétaire général de l’association des vendeurs de la volaille au marché Casablanca de Bafoussam Jean Calvain Tala Kamga, parle des dispositions mises en place pour éviter la contamination de leurs produits par la grippe aviaire dans cet espace reconnu être le principal marché de vente de poulets, après les cas confirmés dans la région de l’Ouest.

Comment avez-vous appris la confirmation des cas de grippe aviaire dans un foyer dans le département de la Mifi ?

Cette information a été reçue comme un coup de tonnerre. Vous êtes sans ignorer que la vieille maladie ne tue pas le patient comme on le dit de manière triviale. Nous nous habituons déjà avec de cette crise sanitaire, régulière en saison sèche. Nous sommes sereins. Nous n’avons d’ailleurs pas paniqué comme par le passé. Nous nous sommes simplement organisés à prendre des dispositions afin d’affronter le mal qui est désormais en face de nous.

Nous n’avons paniqué parce qu’en 2017, nous avions été jeunes dans la perception de la chose mais aujourd’hui, nous sommes déjà aguerris. Nous pensons qu’on peut essayer de gérer parce que dans la souffrance, nous sommes devenus plus matures qu’hier. Les leçons apprises nous ont forgé à nous adapter aux réalités. Nous savons aujourd’hui, que nous sommes obligés d’accompagner l’Etat dans la résolution de cette crise que de le combattre. Ces mesures prises par le gouverneur visent d’ailleurs à éradiquer cette maladie.

Il y a quelques jours, certains vendeurs parlaient déjà de la résurgence de cette maladie hautement pathogène. Est-ce que vous avez été surpris par la confirmation de la grippe aviaire dans la région de l’Ouest ?

Comme vous pouvez constater, en saison sèche, il y a toujours plus de maladies de poules qu’en saison pluvieuse. Du coup, depuis le début de cette saison, il y a des mortalités de part et d’autre. Nous nous sommes inquiétés à un moment donné de la résurgence de cette maladie qui constitue un principal danger pour notre activité. Mais nous nous disions qu’il s’agissait là des maladies contrôlables.

Cette maladie est désormais de retour après la confirmation faite par l’arrêté régional du gouverneur de la région de l’Ouest du 06 février 2022 dernier. Comment comptez-vous, vous organiser pour circonscrire cette dernière dans les foyers déjà identifiés et confirmés afin de l’éradiquer ?

Au marché Casablanca de Bafoussam, dans notre rôle de responsable des vendeurs de volailles, nous avons sensibilisé tous les commerçants sur cette maladie en les invitant à être plus vigilants sur le genre de sujets achetés dans les différentes fermes et surtout prendre des dispositions nécessaires pour que toute personne qui vient de la ferme avec les animaux passe d’abord par une étape dite d’observation.

En cas de moindre pépin, qu’on revoie en saisissant les responsables compétents pour des mesures d’urgence. Quant à nous, les sujets qui sont là ne posent aucun problème car, cette fois-ci, le marché de Casablanca n’est pas un foyer de la grippe aviaire. Déjà, nous avons pris des dispositions après la dernière expérience aux conséquences indescriptibles sur notre activité, pour sécuriser ce marché : tous les sujets malades venus des fermes sont immédiatement renvoyés vers les agents vétérinaires avec l’accompagnement de la police du marché et des responsables de la Délégation de l’Elevage.

Nous serons encore plus rigoureux et regardant pour qu’aucun sujet malade ne vienne contaminer nos sujets. Déjà, nous sommes en étroite collaboration avec les vétérinaires de Bafoussam 2 et 3 parce que nous étions basés dans l’arrondissement de Bafoussam 2, mais on nous a recasés dans Bafoussam 3, le temps de la reconstruction du marché. Nous appelons ces deux délégations d’arrondissements, en cas de soucis. Ces responsables sont mieux outillés à apporter nos doléances auprès de l’Etat.

En leur présence, quand un vendeur ne veut pas coopérer, la police du marché intervient immédiatement. Nous sommes obligés de réagir ainsi afin de sauver cette activité qui est notre vie au quotidien. Nous ne pouvons pas laisser un sujet malade, venir contaminer tout le secteur de poulets. Nous souhaitons que l’Etat nous accompagne dans le suivi et contrôle des sujets dans les fermes. Nous avons plus besoin aujourd’hui et que par le passé de l’accompagnement de l’Etat afin d’être plus assurés dans cette activité. Cet accompagnement pas par la mise à dispositions des vaccins aux fermiers.

Pendant les fêtes de fin d’année, les ménages ont été face à la montée des prix du poulet. Une flambée justifiée par la demande supérieure à l’offre. Quelle est la situation actuelle au marché Casablanca de Bafoussam ?

Le poulet est disponible sur le marché actuellement. La flambée des prix qu’il y avait par le passé n’existe plus. Les prix ont beaucoup baissé. Pour le moment, le poulet qui coûté 5.000F pendant les fêtes ou il y a quelques semaines, varie actuellement entre 2.500F et 3.000F. Malheureusement, les aliments sont devenus plus chers. En faisant une comparaison des prix, vous comprenez que nous jouons au maintien. Quand le poulet était cher, les aliments étaient moins chers. Présentement, les aliments sont chers mais le poulet demeure moins cher. Il faut avouer qu’il s’agit d’un problème de l’offre et de la demande.

Nous pouvons croire que la baisse des prix du poulet sur le marché actuel n’a aucun lien avec la grippe aviaire confirmée dans le département de la Mifi ?

Bien évidemment, la baisse des prix actuellement n’a aucun rapport avec la grippe aviaire. C’est juste qu’il y a moins de cérémonie que récemment. Cette réalité entraine naturellement plus d’offre que de demande. Voilà les raisons réelles de la baisse des prix sur le marché jusqu’à présent.

A. K. / 237online.com

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