Grippe aviaire : Les commerçants du marché Casablanca moins inquiets

Vendeurs de Poulets

La confirmation des cas de grippe aviaire dans la région de l’Ouest, n’influence en rien les activités dans cet espace réputé être le lieu de commercialisation de la volaille dans la ville de Bafoussam.

Il est 10h32, hier 7 février 2022. Un conducteur par moto, est concentré à attacher sur le porte bagage de son engin, une corbeille dans laquelle se trouve des poulets. Ce paquet constitué de 12 oiseaux a été acheté par Brigitte Solange Folem, à destination du quartier Tougang, où elle va procéder à la braise, comme il en est de coutume depuis quelques années. « Je fais cet exercice quand je suis libre en matinée, de lundi à dimanche. Généralement, les vendeurs me livrent sur commande sur place. Mais avec l’annonce de la grippe aviaire, j’ai décidé de venir voir la situation. Mais j’ai été surprise de constater que tout se passe plutôt bien. Les prix sont restés les mêmes jusqu’ici. 237online.com J’ai pris le poulet à 2.600F. C’est à ce prix qu’on vend depuis un mois », confie-t-elle. « C’est vrai que généralement, dès l’annonce de cette maladie animale, les fermiers vident les poulaillers afin de réduire les risques mais cette fois, il semble qu’ils n’ont pas paniqué. Nous en profitons parfois pour conserver les poulets.

C’est un risque énorme mais on n’y peut rien. Il faut souvent en prendre afin d’espérer mieux », conclut-elle avant de se précipiter sur la moto.
Dans une atmosphère morose, non étrange aux habitués de ce marché du Casablanca, comme c’est le cas les lundis, c’est un jour sans véritable affluence. Selon les déclarations de certains vendeurs de poulets, seuls les « braiseurs » et quelques ménages s’y rendent pour des achats. « Le lundi, nous venons juste pour éviter l’oisiveté. Vous constatez de vous-même que tout est vide. Certains points de vente n’ont d’ailleurs pas ouvert. Il ne faut pas croire que cela est dû à la grippe aviaire que l’Etat fabrique chaque fois pour nous nuire. Si à la fin de la journée, je vends 5 à 10 poulets, ça sera toujours quelque chose. Si j’étais resté à la maison, je devrais trouver cet argent où ? Nous faisons les affaires à partir de mercredi jusqu’à samedi. Seuls les ménagères qui ont besoin d’un ou de deux poulets font les achats aujourd’hui mais il peut avoir des jours où un gros acheteur arrive. C’est pourquoi, nous venons chaque jour car on ne sait jamais », explique Rachel Tiomela, concentrée à présenter son produit aux passants. « Le poulet, moins cher », lance-t-elle. « Regardez et faites le choix », ajoute cette vendeuse de poulets au marché Casablanca de Bafoussam.

Dans une allée qui conduit aux « nettoyeurs » de poulets, ce n’est pas une journée d’affaire pour André Paul Kenfack. Ce dernier vient de livrer trois poulets nettoyés à l’un de ses rares clients de cette matinée. Selon les déclarations des vendeurs, l’annoncée de la confirmation des cas de grippe aviaire dans le cheptel dans la région de l’Ouest, reste encore l’affaire des autres car, « ce marché ne fait pas encore partie des foyers de cette maladie. Nous continuons notre activité de commercialisation du poulet tout en prenant des dispositions pouvant nous épargner de cette maladie cette fois-ci. Nous sommes tranquilles. Nous allons sauver notre marché de cette maladie dangereuse », confie Pierre Kengne, vendeur de poulets au marché Casablanca de Bafoussam.

Aurélien Kanouo / 237online.com

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