Afrique

RDC – Célestin Djamen : “ Fayulu n’a pas dit son dernier mot ”

Observateur, lors du scrutin du 30 décembre dernier en République démocratique du Congo, l’homme politique camerounais réagit à la suite de la publication des résultats.

Vous avez été observateur pendant l’élection présidentielle du 30 décembre dernier en République démocratique du Congo (Rdc). Peut-on dire qu’elles se sont déroulées dans de bonnes conditions ?

Si nous pouvons reconnaître un retard conséquent quant à l’ouverture des bureaux de vote, force est de constater que la RDC a réalisé l’exploit de réussir l’organisation de ses élections. C’est d’autant plus appréciable que ce pays a rejeté l’aide financière de l’Union européenne pour cette échéance. Il faut rajouter que malgré la diabolisation de la fameuse machine à voter, tout s’est déroulé dans la paix et la sérénité.

Il y a eu une grosse polémique sur les machines à voter. Finalement, était-ce une innovation nécessaire ?

La machine à voter, c’est la réponse, plutôt géniale, aux difficultés rencontrées par ce pays-continent en 2006 et 2011. Saviez-vous que pour voter, il fallait, tenez-vous bien, plus de 20 minutes par électeur pour exercer son devoir citoyen ?
Le bulletin de vote c’était du papier journal format A2 de 58 pages et il fallait retrouver, avec un peu de chance, le nom de son candidat et enfin le cocher. La machine à voter, invention géniale des Congolais, fût la réponse idéale à ce dilemme. Ce fût une innovation nécessaire car très fiable, rapide, moins de 3 minutes et peu coûteuse. La commission électorale a déclaré Félix Tshisekedi vainqueur. Une surprise quand on sait qu’il y a un candidat qui était soutenu par le président sortant.

Est-ce une surprise pour vous aussi qui avez été sur le terrain ?

Ça n’est pas une surprise pour moi, loin s’en faut. J’avais d’autres échos sur place. Dans tous les cas c’est l’opposition qui gagne. Fayulu n’a pas dit son dernier mot pour autant. La loi lui donne jusqu’au 15 janvier pour protester.

Il y a quand même une curiosité, c’est qu’un candidat est déclaré vainqueur alors que des élections partielles sont encore à organiser. N’y a-t-il pas un risque que celles-ci changent la donne ?

Le Congo, c’est le Congo, de toute façon. Les villes de Yumbi, Butembo et Béni représentent 1.000.000 de voix, in-susceptibles de bouleverser la donne électorale maïs votre question est pertinente dans ce pays qui regorge de 40.000.000 d’électeurs inscrits.

Maintenant, pensez-vous que la Rdc pourra échapper à une crise post-électorale ?

Je ne lis pas dans la boule de cristal, mais mon instinct m’assure que la paix régnera en RDC. Si Ramazani avait été proclamé vainqueur, sans doute que, au vu de ce qui se murmurait sur le terrain, les émeutes voire la crise électorale ne seraient pas qu’une simple vue de l’esprit.

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Propos recueillis par Jules Romuald Nkonlak
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