Economie

Production : Le Cameroun vise 640.000 tonnes de cacao à l’horizon 2030

Le Guichet Producteurs du Fodecc qui se veut un mécanisme visant à favoriser l’accroissement de la production cible également 160.000 tonnes de café contre 22.000 tonnes actuellement.

Le bassin de production du café et du cacao de l’Ouest fait face à de nombreuses contraintes. Celles-ci ont été présentées au ministre de l’agriculture et du développement rural (Minader) à Bafoussam le jeudi 09 septembre dernier, lors de la campagne de sensibilisation, d’information et de formation des producteurs et autres acteurs des filières café et cacao sur le « Guichet produits » du Fonds de développement des filières cacao et café (Fodecc) par la présidente de l’Ouest de la plateforme nationale des organisations professionnelles agro-silvo-pastorales et halieutiques du Cameroun (Planopac). Pour Elisabeth Peuefo, il s’agit notamment de l’insuffisance des engrais chimiques et des produits de traitements phytosanitaires pour l’entretien des plantations, l’attaque des vergers par les maladies et les prédateurs, l’âge avancé des producteurs et le désintéressement des jeunes à la culture du café, la réception et la distribution des plants à contretemps sans respect du calendrier agricole.

La non maitrise des itinéraires techniques par certains producteurs, l’insuffisance d’équipements de travail atomiseur-pulvérisateur, la non implication des producteurs dans la négociation des prix fixés sans rapport direct avec la structure des coûts des producteurs de cacao et du café avec la présence des intermédiaires qui achètent à bas prix les produits, le coût élevé des intrants agricoles, la fluctuation et la baisse des prix de vente du café sur le marché, le vieillissement des verges, la faible transformation locale des produits, la baisse de la fertilité des sols, la dégradations des pistes de collecte, le non payement à temps par l’Etat des frais de pépiniéristes relatifs aux plants précédemment réceptionnés et distribués aux producteurs, le manque d’engouement des producteurs du café qui n’ont plus de motivation à investir dans cette filière.

« Le nouveau instrument qui est le Guichet producteurs fait désormais du producteur un agent économique identifié à l’activité connue et reconnue, ouvert au digital mais surtout artisan de son propre épanouissement. Avant l’indépendance, le territoire qui couvre l’actuelle région de l’Ouest était spécialisé dans la production de cafés avant de s’ouvrir progressivement à la culture du cacao pour en devenir aujourd’hui l’un des principaux bassins de productions. Nous sommes donc présents à Bafoussam pour valoriser la production cacaoyère et caféière du terroir spécialement riche en opportunité et accroire les rendements en quantité et en qualité pour le bénéfice des producteurs. Le guichet producteur ambitionne de révolutionner les filières café et cacao, par le biais de l’ingénierie numérique », a présenté Samuel Donatien Nengue, administrateur du Fodecc.

Selon ses déclarations, le « Guichet Producteurs » est un nouveau mécanisme qui va permettre aux producteurs de cacao et/ou de café, des différents bassins agricoles du pays, de rentrer directement en possession des subventions gouvernementales de masse ou à la carte. Un dispositif qui va révolutionner ces filières en plaçant les agriculteurs locaux au cœur de la compétitivité du secteur grâce à une information de choix, à des aides ciblées, à l’intégration du téléphone mobile intelligent dans les échanges entre le fonds et les planteurs locaux. Favoriser l’accroissement en quantité et en qualité de la production de ces filières dans le but d’augmenter la production nationale de cacao à 640.000 tonnes à l’horizon 2030, contre 257.151 tonnes au cours de la saison 2019-2020. Pour ce qui est du café, la production ciblée est de 160.000 tonnes contre 22.000 tonnes actuellement. Pour l’exercice 2021, les enveloppements budgétaires s’élèvent à 6.2 milliards de FCFA. Mais elles sont appelées à croître de manière exponentielle pour atteindre 50 milliards de FCFA, dans cinq ans, après la période de rodage, à travers des subventions en intrants agricoles (engrais, semences/plants et produits phytosanitaires), en équipements et machines agricoles et en infrastructures de soutien à la production.

Aurélien Kanouo

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