Société

Violence contre les policiers : Le gouvernement sort de sa réserve

Selon le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, un « serpent affamé » sera aux trousses de tout individu qui s’attaquera encore aux hommes en tenue.

De nombreux policiers ont subi des violences diverses ces dernières semaines dans plusieurs villes du Cameroun. Le phénomène avait pris un effet de mode sous le regard amusé de nombreux usagers. Les réseaux sociaux ont été mis à contribution pour donner à ces actes « irresponsables », un caractère viral. Face à ce conflit grandissant mettant aux prises le tandem « usager-Policier », le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, est sorti de sa réserve.

Sous un ton menaçant, le membre du gouvernement a mis en garde tout individu qui commettra des violences contre les policiers ou hommes en tenue. C’était au cours d’un point de presse organisé le vendredi 10 septembre. Pour lui : « Ces comportements irresponsables et méprisants à l’endroit de la police ont atteint des limites inacceptables et ne peuvent plus être tolérés. Je tiens à préciser que la tenue qu’arbore un agent de Police est bel et bien la tenue de l’Etat et non celle de l’individu qui la porte ». Et d’ajouter en guise de menace : « Tout individu surpris en train d’exercer des violences ou des voies de fait contre un policier dans son travail, fera désormais face à la rigueur de la loi. Cela ne servira à rien de tenter de fuir, car c’est un serpent affamé qui viendra vous chercher dans votre cachette », a tonné le Minat. Une sortie qui a reçu un écho favorable au sein de la société. Albert Brice Kenfack invite les usagers à se ressaisir : « Je pense qu’il était temps de siffler la fin de la recréation. Après l’altercation entre l’honorable Nourane et un policier à l’Ouest, il est clair que d’autres cas ont suivi. Nous devons respecter ces policiers qui veillent sur notre sécurité au quotidien. Il ne sert à rien de s’en prendre à eux quelle que soit la situation ». Un avis entièrement partagé par Ewane Philippe, étudiant : « Les vidéos qu’on a regardé ces derniers jours sont inacceptables. Ça donne l’impression qu’on est dans la jungle ; une société sans règle de conduite. En tout cas, le Minat va sortir le serpent pour traquer les usagers qui bagarrent encore avec les policiers ».

Paul Atanga Nji invite les usagers à saisir la hiérarchie de la police pour se plaindre en cas de mésentente avec un policier. « J’ai lu avec beaucoup de réserve la sortie du Minat. Il est dans son rôle. Cette communication ne résout pas le problème. Comment voulez-vous que le policier soit respecté quand il prend 500 Fcfa aux chauffeurs de taxi pour surcharge. C’était à Etoudi il y a quelques jours. Pour un rien, il vous colle un motif risible. Certains sont cupides et violents. Il est évident qu’ils trouveront des usagers d’un tempérament violent sur leur chemin », a expliqué David Fru, enseignant. Et d’ajouter : « La sortie du Minat vient au bon moment. Les responsabilités sont partagées. Un usager ne laissera pas ses activités pour aller porter plainte contre un policier. Nous savons comment fonctionne la justice au pays. Il y a une crise entre les usagers et les institutions. Le Minat gagnerait aussi a interpellé publiquement les policiers. Le mal est profond. Le Camerounais a tendance à se faire justice ; ce qui est dommage ».
En dehors du « serpent » désormais aux aguets, le code pénal camerounais en son article 156 stipule dans ses alinéas 1 et 2 que : « Est puni d’un emprisonnement d’un (01) à trois (03) ans et d’une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui commet des violences ou voies de fait contre un fonctionnaire. La peine est un emprisonnement de cinq à dix ans et une amende de 20 00 à 500 000 francs si les violences ou les voies de fait sont préméditées ou si elles entrainent, même non intentionnellement les blessures telles que prévues aux articles 277 et 280 du présent code ». L’alinéa 5 quant à lui indique que : « Si les violences et voies de fait sont commises avec l’intention de donner la mort, le coupable est puni de mort ».

Solière Champlain Paka

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