Opération épervier : Olanguena défie le pouvoir

A travers un site internet nommé justicecameroun.com, l??ancien ministre de la Santé publique, inculpé pour détournement de deniers publics, crie au complot !Epervier Urbain Olanguena plaide sur la toileA travers le site nommé justicecameroun.com, l??ancien ministre de la Santé publique, inculpé pour détournement de deniers publics, crie au complot !« Nous sommes victimes d??une immense injustice sur fond de règlement de comptes, dans un contexte d??amalgame absurde. » D??un ton péremptoire, l??éditeur de

« justicecameroun.com » dans sa « lettre » rend son verdict de l??affaire  ministère public et Etat du Cameroun contre Urbain Olanguena Awono et autres déclenchée le 31 mars 2008.Et de manière plus détaillée, l??auteur de la lettre précise : « La vérité est pourtant simple ! Mes collaborateurs accusés, ni moi-même, nous ne sommes coupables de rien. Aucun dollar, aucun euro, aucun centime de franc Cfa, mis à notre disposition par les partenaires internationaux ou par notre Gouvernement, n??a été détourné. Tout a été géré dans la transparence requise, dans l??intérêt de la santé publique. » On le comprend, l??éditeur, c??est bien l??ancien ministre de la Santé publique. Et dans son entreprise, il n??est pas seul. Le site «est initié par un groupe de partisans de la manifestation de la vérité et à l??expression de la justice ??Les partisans de cette cause humanitaire et sociale ??se recrutent tant à l??intérieur du Cameroun que dans de nombreux pays étrangers » et justifient leur adhésion par plusieurs « faits probants »A savoir la correspondance en avril 2008, du directeur général du Fonds Mondial, le professeur Michel Kazatchkine, aux membres de son conseil d??administration qui exprime la préoccupation de son organisation  au vu des arrestations – depuis la fin du mois de mars 2008 – de l??ancien ministre de la Santé publique de la République du Cameroun, Urbain Olanguena Awono, ainsi que des docteurs Maurice Fezeu, Raphael Okalla et Hubert Wang ;de même que le rapport du collège d??experts commis par le juge d??instruction chargé de l??information judiciaire dans le cadre de cette affaire qui blanchirait l??ancien Minsanté et ses coaccusés. « Malgré cela, nous croupissons en prison depuis 22 mois déjà sans jugement. »Le site aux couleurs gaies qui rassemble plusieurs rubriques se donne, entre autres, objectifs de dénoncer « les man??uvres et les règlements de comptes orchestrés  contre de hauts serviteurs de l??Etat ayant fait preuve de compétence et d??efficacité, et d??honnêtes citoyens par certaines « forteresses de haine » tapies dans l??entourage du Président de la République. »Et pour l??illustrer, le site dans sa configuration, démontre au fil des pages les incohérences et contradictions des initiateurs de l??affaire ; peint de bon ton, le principal accusé qu??on veut d??une probité morale à nul autre pareil.Justice instrumentalisée ou intimidéeL??affaire « Ministère Public et Etat du Cameroun contre Olanguena Awono Urbain et autres », peut-on lire a été déclenchée le 31 mars 2008 avec l??interpellation, par les éléments de la direction de la police judiciaire, de plusieurs hauts responsables du ministère de la Santé publique et quelques uns de leurs collaborateurs à qui il était reproché d??avoir détourné solidairement la mirobolante somme de 14,8 milliards de FCFA dont plus de la moitié pour le seul ex-ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono. Dix huit mois après l??ouverture de l??information judiciaire par le juge d??instruction, ponctuée de plusieurs contrôles à posteriori et un audit approfondi réalisé par un collège d??experts judiciaires commis par le magistrat instructeur, seules sept personnes sur 14 sont renvoyées devant le tribunal de grande instance de Yaoundé pour répondre solidairement de détournement d??un montant total d??environ 680 millions de francs contre 15 milliards de FCFA annoncées sous un grand ramdam médiatique au déclenchement de l??affaire. « Le montant des détournements allégués, trahit par ce fait même l??intention de nuire qui a habité les initiateurs de cette opération » peut-on lire.Dans ce contexte, prétendent les auteurs de justicecameroun.com, le risque que la justice ne soit instrumentalisée, ou au pire, intimidée, et que les médias soient manipulés dans le cadre du procès qui va bientôt s??ouvrir, est grand et presque certain. D??où l??intérêt de prendre l??opinion publique nationale et internationale à témoin  et de mettre en place un instrument d??information au service d??un public avide de la bonne et de la juste information sur le déroulement de ce procès.Cathy Corinne Koum, LNE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *