Economie

MINFI: tentative de détournement de 600 millions

Patate chaude pour Sylvester Moh, le Dg du Trésor, qui en duo avec Achille Nestor Basahag, le directeur de la comptabilité publique, manègeraient pour effacer les traces de cette grosse somme d’argent, en prétextant d’un « toilettage des anomalies constatées dans les livres de comptes ».

Il y a près de trois mois, le directeur général du Trésor, de la Coopération financière et monétaire (Dgtcfm) soulignait dans l’une de ses instructions de l’apurement des dépenses à régulariser des exercices antérieurs de 2018. De fait, Sylvester Moh Tangongoh faisait état de l’entreprise des travaux préalables de toilettage des anomalies constatées dans les livres comptables du Trésor à l’effet de basculer au 1er janvier 2022 dans le nouveau système avec les comptes apurés et justifiés.

Ceci, disait-il, dans le cadre de la mise en œuvre de comptabilité en droits constatés tel que consacrée par la loi n° 2018/012 du 11 juillet 2018 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques. Il était alors question, à en croire le directeur général du Trésor, de régulariser les dépenses non soldées jusqu’au 31 décembre 2017 qui sont évaluées à 634 525 046 482 Fcfa.

« Relevées dans le calcul du solde budgétaire par la chambre des comptes de la cour suprême lors de la présentation de la loi de règlement devant le Parlement, lesdites dépenses devraient être apurées par les crédits ouverts en loi de règlement qui, aux termes de l’art 41 de la loi portant Régime financier de l’Etat, est une loi des finances », dixit Sylvester Moh.

En délicatesse avec la justice

Mais seulement, pour certains experts qui se sont fendus d’une correspondance adressée au chef de l’Etat, toutes les raisons explicatives de ces dépenses évaluées à des centaines de milliards à la pelle ne tiennent pas la route. Celles-ci ont de forts relents de détournements dont le directeur général du Trésor cherche, par des manœuvres bien connues, profitant de la confusion à la chambre des comptes suite au décès de son président, à effacer les traces. Il se dit que bien de tripatouillages ont cours dans la haute juridiction à cause de la poursuite de l’opération épervier. La disparition de plusieurs pièces à conviction serait alors à l’ordre du jour.

Comme qui dirait, la souris explicative a accouché d’une montagne de dénonciations. Selon certaines sources, la volonté d’exemplarité que semble manifester ce responsable du Minfi, vise simplement à flouer une fois de plus l’Etat. Dans le sillage de cette opération jugée de dolosive, on retrouve certains noms bien connus de ce département ministériel. Il s’agit notamment du directeur de la comptabilité publique, Achille Nestor Basahag qui est toujours en délicatesse avec la justice et précisément avec le Tcs. Cet homme incriminé dans plusieurs affaires ayant trait au détournement des deniers publics, serait, selon des sources, la pièce maîtresse dans le puzzle financier que nous essayons de mettre en lumière ici, sur la base d’éléments parvenus à notre Rédaction.

Ces informations font en outre état de ce que celui-ci « s’est permis de formaliser des instructions comptables qui ne relèvent pas de sa compétence, violant allègrement le principe d’indépendance entre l’organe de normalisation qui est du ressort de la cellule de la législation et l’organe de direction qui a la charge de l’exécution. Il a bénéficié dans cette procédure d’effacement en cours, du soutien pernicieux du directeur général du Trésor, M. Moh Sylvester, signataire de la fameuse instruction qui entend profiter de la circonstance pour istraire ces montants qui prennent des directions inconnues ».

Au demeurant, au lieu de ce qu’on appelle dans le jargon financier : « actualisation du système », il s’agirait simplement de « l’effacement au niveau des comptes publics ». Une opération mafieuse montée par une escouade d’agents de la déliquescence économique du pays, avec la mise à l’écart de la cellule de législation, qui viserait simplement, comme le soutiennent pince-sansrire certaines sources, à effacer en urgence les traces de plus de 600 milliards de nos francs. Pis encore, pour ces dénonciateurs, l’instruction du Dgtcfm n’a pour seul objet que la destruction par système d’apurement massif, « des détournements de certains comptables publics, grands financiers des insurrections en cours dans le pays. »

Trésorier payeur général

D’ailleurs, des sources concordantes soutiennent que le directeur général du Trésor, pour alimenter fortement son escarcelle, soumettrait des trésoriers payeurs généraux et les responsables de certains postes financiers au versement de la somme de 300 millions de Fcfa à la fin de cette opération interlope. Par ailleurs, cet homme fait partie de cette élite qui raconterait en petit comité que ses frères de cette zone sont marginalisés.

Quant au directeur de la comptabilité publique, Achille Nestor Basahag, qui respire la suffisance, a plusieurs fois marqué une fin de non-recevoir à nos sollicitations de le rencontrer dans le cadre de cette affaire qui sent du roussi. Entre voyages en Italie, fille à l’hôpital pour subir une intervention chirurgicale, et emploi de temps très chargé, les raisons manquaient le moins pour que ce responsable du ministère des Finances élude une mise en lumière des faits pour lesquels il serait incriminé. D’ailleurs il de notoriété que la fuite en avant est le sport favori de cet homme qui dans les draps sales dans l’affaire Mendo Zé s’en est sorti grâce, dit-on, au soutien de son « affidé », Sylvester Moh, qui aurait délié les cordons de sa bourse sans états d’âme.

On parle de plus de 200 millions défalqués du compte de la mutuelle du Trésor pour les raisons de la cause. Comme lui d’ailleurs, sa tendre moitié qu’est son épouse se trouve mêlée dans certains dossiers sulfureux à l’exemple de celui de Vamoulké à la Crtv, alors que certaines confidences font état de ce que ce ‘’ministrable’’ fait tout pour rester à l’abri des regards indiscrets. Une fois encore dans ce dossier assez grave, la vigilance du ministre des Finances devrait être de mise, au moment où certains criminels économiques s’affairent pour faire de ce département ministériel névralgique, dont il tient les rênes depuis plus d’un an, le creuset d’un désastre financier. Pour que ce ministère, après tant de scandales financiers enregistrés ces derniers temps, se refasse la cerise dans l’opinion nationale, il est donc impératif de traquer jusqu’à leur dernier retranchement ces ennemis de la République.

Source
Le Zenith N° 260
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