Société

Mayo-Sava: Deux personnes égorgées par Boko Haram à Silimri

Ils ont été tués le 26 octobre dernier dans l’arrondissement de Kolofata.

Des combattants de Boko Hara ont discrètement investi la localité de Filimri dans l’arrondissement de Kolofata le 26 octobre dernier et passé au peigne plusieurs concessions. Pendant leur sala besogne, les malfrats ont froidement égorgé deux Malloum Kimé et Abor non sans emporter d’importants stocks de denrées alimentaires. «Ils les ont surpris dans leurs chambres et les ont maitrisés puis les ont égorgés comme des animaux. Nous ne savons pas ce qui s’est passé ce jour pour qu’ils soient restés dans leurs maisons cette nuit-là. Les chefs de famille et les jeunes vident toujours leurs maisons à la tombée du jour depuis plus de quatre ans. Ils se réfugient soit à Tolkomari centre soit dans des grottes en montagne pour la nuit. Malheureusement, cette nuit-là ils sont restés dans leurs domiciles. Et c’est comme ça qu’ils ont été surpris et l’irréparable est commis» déclare Mal Abba, membre du comité de vigilance de Filimri. La localité de Filimri située dans l’arrondissement de Kolofata et à deux kilomètres de Tolkomari est essentiellement habitée par des éleveurs peuls. Aussi regorege t-elle un grand nombre d’enclos à bétails. «Tout porte à croire qu’ils ont été attirés par les bœufs et les moutons que regorge cette localité.

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L’assassinat de nos bien-aimés n’était certainement pas dans leur programme. Ils savent que les hommes et les adolescents ne restent pas à leurs domiciles à la tombée du jour. Ils fuient tous leurs maisons pour se réfugier dans des localités sécurisées par des hommes en tenue. Toute la population de Filimri se déporte toutes les nuits à Tolkomari centre et ne repartent dans leurs domiciles qu’au petit matin. Ces hommes le savent. Ils ne pensaient certainement pas trouver des hommes dans des concessions. Ils visaient ravir les animaux et vider les lieux sans se faire attirer les foudres des forces armées dont le camp est situé à moins de trois kilomètres.

C’est pendant cette opération silencieuse qu’ils coincent les deux infortunés dans leurs chambres. On leur a signalé la présence de ces derniers dans le village, mais ils n’ont pas réussi à leur échapper», croit savoir un membre du comité de vigilance de Filimri. Malloum Kimé était un mal entendant. Il fallait crier fort pour qu’il entende. Ses voisines ont chuchoté et poussé des cris légers pour l’alerter et l’amener à se cacher mais il n’a rien entendu. Ils l’ont surpris, l’ont extrait au milieu de ses épouses et lui ont tranché la gorge. Toutes les deux victimes ont été égorgées. Ils n’ont pas fait usage des armes à feu. «Les gendarmes auraient pu peut-être les sauver si nous les avions joints à temps. Mais il y avait un problème de connexion ce soir-là. Nous avons dû rallier leur camp à pied pour les en informer. Ils ont tenté en vain de les rattraper car ces derniers avaient déjà quitté les lieux et commis leurs forfaits» déclare Maïmouna, habitante de Filimri.

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