Politique

Massacre des élèves à Kumba: L’indignation de Marafa

Après des mois au cours des quels il a brillé par un silence de cimetière, l’ex Minetat, Sgpr sort de sa réserve et trempe son stylo dans le sang des enfants assassinés à Kumba et les larmes de leurs mères devenues définitivement inconsolables.

Le Cameroun étouffe suffoque et sature dans toutes sortes d’injustices, les haines tribales, des rancunes tenaces et des règlements de comptes. À cela, il faut ajouter: l’escalade des instincts grégaires et la montée des replis identitaires. Tel Sisyphe traînant, roulant son rocher, l’ex Minetat, Sgpr, Marafa Hamidou Yaya, refusant de rester muet et docile dans sa cellule de prison, a fait une sortie pour exprimer sa douleur et sa mélancolie. En cette période qui aurait pu être un deuil national, le ressentiment profond et affligeant des camerounais dans leur amour propre, les blessures et les abcès créés par le lourd fardeau du crime et des massacres commis en milieu scolaire à Kumba agacent et indignent Marafa Hamidou Yaya.

Dans son style libre, indépendant et singulier qu’on lui connaît, l’ex Minetat, Sgpr tout en exprimant son crève-cœur contre les thuriféraires, les caciques et « créatures » du Renouveau, tance les mauvais arbitrages de Paul Biya. « Même si l’heure est au deuil, j’adresse également à ces communautés si tragiquement atteintes, et en particulier aux enseignants et aux écoliers, un message d’encouragement », lance-t-il. Marafa Hamidou Yaya demande à tous de garder espoir. Selon lui, Vaille que vaille, il faut continuer à préparer l’avenir, un avenir dont l’horreur se sera retirée.

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Etat de jungle

 lire entre les lignes de la lettre de l’ex ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, il s’observe que la mauvaise répartition des ressources et les retombées générées par la croissance, la distraction et le « viol » sur la fortune publique sont sources de certains crimes et escalade de la violence. Marafa Hamidou Yaya pense que l’aggravation de l’indignation découlent de l’excès de zèle, les nombreux abus de pouvoir, le laxisme, le tribalisme primaire et exacerbant, les promotions de réseaux, un faisceau de magouilles, la surenchère, les chantages, la corruption, les violations permanentes des lois et l’accroissement des actes délictueux, entachés d’irrégularités. L’ex Minetat, Sgpr invite le gouvernement à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour punir les coupables et protéger les populations. « Vous devez remettre la nation sur la voie du dialogue et de la réconciliation. C’est la méfiance généralisée, c’est l’esprit de division selon des lignes ethniques, religieuses, linguistiques, qui tue. Qui nous tue, car ces massacres que nous pleurons, ce sont des massacres de Camerounais par des Camerounais ». On comprend en explorant l’expression de Marafa Hamidou Yaya, qu’un éventuel laisser-aller pourrait consacrer le « Visa » pour toutes sortes de dérives et des forfaitures.

Toutes choses qui pourraient conduire au triomphe de l’Etat de la jungle. Pour les besoins de transparence et de la bonne gouvernance, Marafa Hamidou Yaya appelle à se mobiliser, à condamner, fustiger toutes sortes de; concussion, les manœuvres de corruption, la distraction, les détournements de fonds; l’enrichissement illicite et sans cause, le délit d’initié, les malversations financières afin que chaque maillon du peuple puisse accéder au mieux-être social.

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Sévir contre les coupables

« Au peuple, je dis : il est nécessaire d’en appeler au gouvernement et de le mettre face à ses responsabilités. Mais il est tout aussi nécessaire, et tout aussi urgent, de trouver en chacun de nous les ressources pour nous traiter les uns les autres en frères et en sœurs. Car c’est ce que nous sommes » serine-t-il. Pour ainsi dire, Marafa Hamidou Yaya estime qu’il est désormais impératif de mettre un terme à l’isolement, l’exclusion au profit du frère.

Dans le même temps que l’ex Minetat pense qu’il faut que le sang versé des enfants innocents de Kumba soit vengé, que le crime ne finisse pas dans les tiroirs de l’oubli comme il en est souvent des enquêtes sans fins, il affiche des lueurs d’espoir de voir les coupables de cet assassinat commis par lâcheté et sans périls être maudits, persécutés et sévèrement châtiés. Pour Marafa Hamidou Yaya, il faut prier pour que le sang des enfants versé à Kumba soit le dernier sacrifice d’un holocauste qui va voir germer une paix définitive. Si en conclusion, l’ancien Minetat/Sgpr avoue que « le sang qui coule à Kumba est celui d’une énième fratricide », il rejoint les
enseignements d’Amadou Kourouma: « Il n’y a pas de marche qui un jour ne finit pas ».

Souley ONOHIOLO

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