Société

Lutte contre covid 19 : La médecine traditionnelle force sa place au Cameroun

La pratique de la médecine au Cameroun a désormais amorcé sa décolonisation. Parce que les autorités camerounaises ont finalement accepté officiellement que désormais, il faudra aussi compter sur la pharmacopée africaine pour affronter cette pandémie en particulier, et pour lutter contre d’autres maladies en général.

Le chemin aura été très sinueux. Même s’il faut attendre la très longue procédure que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) impose à ses membres pour homologuer un nouveau médicament à mettre à la disposition des malades, l’ingéniosité et le dynamisme des spécialistes de la médecine dite traditionnelle ou africaine ont démontré à l’occasion de la pandémie du Coronavirus que le Cameroun en particulier, l’Afrique et le monde en général, peuvent compter sur ce savoir-faire pour mener la guerre que ce méchant virus a déclarée et qui a pratiquement mis le monde entier à ses pieds. A l’issue de la dernière concertation interministérielle qui s’était tenue à Yaoundé le 15 juillet 2020, les spécialistes de la médecine africaine qui y avaient déployé les fruits de leurs impressionnantes recherches, avaient presque arraché l’onction du gouvernement camerounais pour se lancer dans le traitement tous azimuts des malades, et pour approfondir leurs recherches. Dans le quotidien gouvernemental, ils avaient presque célébré l’occasion de la concertation interministérielle.

Pour Madeleine Tchuinté, ministre de la recherche scientifique et de l’innovation, la rencontre de Yaoundé visait à encourager les initiatives développées par les acteurs de la pharmacopée traditionnelle contre le covid 19. Elle visait aussi à valoriser les résultats des recherches obtenus et à définir la démarche qui nous permette tous ensembles d’apporter des réponses concrètes, durables et économiquement viables aux problèmes de la santé dans notre pays ». Manaouda Malachie, le ministre de la santé, avait indiqué quant à lui que « face aux propositions des médicaments traditionnels », le gouvernement camerounais propose plutôt «une démarche d’accompagnement ». Avant d’expliquer : «depuis que le ministère de la santé publique a reçu des solutions traditionnelles, nous avons toujours prêté une oreille attentive pour en savoir plus. Nous avons eu à déployer des équipes qui sont allées rencontrer ceux qui ont une avancée substantielle en matière de recherche. Nous avons saisi tous les acteurs de la médecine traditionnelle pour leur demander un certain nombre d’éléments pour leur permettre d’avancer dans leurs recherches», déclarait le ministre de la santé il y a un an.

Dr Shantal Joséphine Briand, spécialiste des médecines alternatives, elle aussi présente à ce forum, lève un voile sur les difficultés auxquelles les tradipraticiens sont confrontés : «nous attendons beaucoup d’accompagnement du gouvernement, bien que nous soyons très satisfaits de la prise en considération de nos recherches. C’est un jour historique et nous avons pris du plaisir à présenter nos trouvailles. Nous voulons une production à grande échelle. Pour cela, nous souhaitons que le gouvernement nous soutienne pour intensifier et améliorer la production et aussi travailler en collaboration avec la médecine traditionnelle».

Mgr Samuel Kleda, l’archevêque de Douala qui dès le début de cette pandémie avait été le premier à brandir ses armes de lutte contre covid 19, avait encore rassuré l’opinion publique. «Nous avons mis au point ce médicament qui est très efficace contre covid 19 et qui aide beaucoup les Camerounais. Des études doivent être menées pour que le gouvernement reconnaisse ce produit afin de soigner des gens au-delà des frontières. Car, il n’existe pas encore de traitement efficace contre le coronavirus, surtout celui lié à la détresse respiratoire. Alors que le produit que j’ai mis au point réagit contre ce mal. C’est un médicament qui mérite d’être reconnu à travers le monde».

David Nouwou

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