Une délégation a quitté Yaoundé pour aller présenté des excuses aux Algériens qui réclament un milliard de F cfa auprès de Fecafoot.
Le match avorté entre l??Algérie et le Cameroun est devenue une affaire d??Etat. Pour tenter de laver l??honneur suffisamment terni du Cameroun dans cette affaire, Michel Zoah, le ministre en charge des Sports a décidé, lors d??une réunion de crise tenue à son cabinet jeudi dernier, de l??envoi d??une mission tripartite en Algérie. La délégation qui a quitté Yaoundé ce week-end pour Alger est constituée du Dr Emmanuel Wonyu, le secrétaire général du ministère des Sports, de Joseph Antoine Bell, consultant au ministère des Sports, d??un
représentant de la Fecafoot et d??un représentant du ministère des Relations extérieures. Ces personnes ont pour mission d??aller présenter les excuses à la Fédération algérienne de football (Faf).
Pour rappel, après la défection de l??équipe du Cameroun, la Fédération algérienne de football a saisi la Fédération internationale de football association (Fifa). Les Algériens estiment à prêt d??un milliard de F cfa, le préjudice financier causé par l??annulation de ce match. Le lendemain du match avorté, Iya Mohammed, le président de la Fécafoot, a, travers un communiqué adressé à la Faf, exprimé «ses regrets et s??est excusé du désagrément causé à la grande famille du football». «Ces excuses et regrets ne dispensent pas la Fédération camerounaise et son équipe nationale des réparations pour les très graves préjudices sportif, moral et financier causés à la Faf», a répondu son homologue algérien.
Collimateur
En attendant de voir les fruits de la mission envoyée à Alger, le match annulé va continuer a joué les prolongations dans différents bureaux, du Minsep, de la Fécafoot et surtout de la présidence de la République cette semaine. Il a été notamment convoqué par le président Iya Mohammed, pour ce jeudi, un conseil de discipline extraordinaire de la Fécafoot pour statuer sur l??attitude des joueurs de la sélection nationale qui ont boycotté, pour une affaire de primes non payées, le match amical qui devait les opposer aux Algériens. Dans le collimateur des membres de cette institution, le capitaine Samuel Eto??o Fils à qui la fédération reproche d??avoir fortement influencé ses coéquipiers à ne pas jouer ce match, mais également, les cadres tels Alexandre Song Bilong, Idriss Carlos Kameni et Jean II Makoun. A noter qu??au moment de la grogne des joueurs, Samuel Eto??o qui était permissionnaire s??était rendu du côté de Barcelone. Mais, il a tenu à préciser, par téléphone, qu??il était très solidaire des grévistes.
En effet, le règlement intérieur des sélections nationales de football du Cameroun, qui fixe le régime disciplinaire à observer, prévoit des sanctions contre joueurs et encadreurs. Celles-ci peuvent aller jusqu??à une «exclusion définitive» de l??équipe, voire une «interdiction d??exercer toute activité relative au football». Mais ces sanctions doivent être prononcées par la commission de discipline de la Fédération et, en cas d??appel, par la commission de recours. La première, qui fonctionne comme un tribunal, doit au préalable en être saisie, par le ministre des Sports, le président de la Fédération ou tout joueur et encadreur justifiant d??un intérêt. Or, dans l??affaire des «bannis» du Mondial 2010, (Song Bilong, Achille Emana et Carlos Kameni), ont n??a jamais su qui avait pris la décision d??écarter ses joueurs. On en vient à souhaiter que la Présidence de la République du Cameroun, d??où se tiendra ce jour, une autre réunion de crise, toujours en rapport avec ce match annulé, tire toutes les conséquences de cette nième humiliation.




