Société

Le CPD (Cameroon Patriotic Diaspora) fustige l’irrévérence et la provocation du préfet des hauts-plateaux et affirme sa solidarité envers nos chefs et rois traditionnels

Le 24 Juillet 2020, M. Yampen Ousmanou, préfet du département des Hauts-Plateaux a adressé une lettre de menaces a peine voilées à Sa Majesté Sokoudjou Jean Rameau, Chef Supérieur des Bamendjou.

Dans ce brûlot grotesque, M. Yampen Ousmanou reproche à Sa Majesté Sokodjou d’avoir tenu dans sa chefferie, “une concertation politique non déclarée” et lui adresse “mise en garde ferme” contre toute récidive.

La Cameroon Patriotic Diaspora(CPD) dénonce et condamne fermement cette attitude irrévérencieuse et provocatrice du Préfet des Hauts Plateaux contre Sa Majesté Sokoudjou Jean Rameau.

Ces derniers mois les menaces des représentants de l’administration camerounaise se sont accentuées contre des tenants du pouvoir traditionnel dans notre pays. Sa majesté Biloa Effa a été destitué parce que soupçonné d’être proche de l’opposition et le chef traditionnel du village de Minta a été publiquement humilié et menacé de destitution par un Sous-Préfet pour avoir refusé de recevoir un sceau envoyé par Paul Biya dans le cadre de la lutte contre le COVID-19.

Pour continuer la destruction des fondations de nos valeurs culturelles, les suppôts de l’administration coloniale continuent de former des agents administratifs zélés à travers un système éducatif qui remet totalement en cause la valorisation des tenants de nos traditions. A travers celui-ci, des personnes qui jadis étaient initiées pour la gestion harmonieuse de la cité deviennent ce qu’il convient désormais d’appeler « Commis d’administration aux ordres ».

Comment en est-on arrivé là ? Comment un préfet qui a la base n’a aucune autorité traditionnelle parce qu’il est passé par L’ENAM peut se permettre d’interpeller l’un des chefs les plus charismatiques de notre pays ? Comment M. Yampen Ousmanou peut-il menacer un chef traditionnel, l’une des icônes vivantes de la lutte d’indépendance inachevée du Cameroun, pour avoir reçu des visiteurs dans sa chefferie? Comment faire pour libérer nos chefs traditionnels du joug colonial qui se perpétue à travers des fonctionnaires véreux alors que sous d’autres cieux, comme au Ghana, au Nigeria, au Burkina, .. ils sont respectés, encadrés et valorisés.

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Devons-nous continuer à observer sans mot dire l’assassinat de nos traditions sous nos yeux par ce système jacobin ?
Que de questions qui nous interpellent, auxquelles nous devons nous appesantir pour appeler à la reconsidération et/ou la refondation des valeurs de notre pays. Notre patrimoine traditionnel et coutumier est en péril, le CPD lance une ultime alerte à toutes les forces vives du Cameroun afin de mettre un terme à ce processus de destruction.

LE FO’O Jean Rameau SOKOUDJOU n’est pas sous l’autorité du Préfet

Le Préfet n’est qu’une autorité de l’administration. Il ne peut agir que dans les limites de ses compétences. Celles-ci lui donnent-il le droit de s’adresser en ces termes à un chef de premier degré comme c’est le cas du FO’O Sokoudjou ? La réponse est Non. Nous assistons une fois de plus à l’une des dérives de ce système néocolonial dont la mission est de déconstruire jour après jour tout ce que nous avons de précieux.

Pour rappel : La dynastie des Bamendjou date de plus de cinq siècles. En 1957, au début de la guerre entre nationalistes camerounais et partisans de l’administration coloniale, le FO’O Jean Rameau Sokoudjou, est l’un des rares chefs traditionnels à soutenir les nationalistes. Pendant deux années, il est successivement assigné à résidence puis incarcéré dans plusieurs prisons du pays, pendant que sa chefferie est occupée par des troupes fidèles à l’administration.

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Il est aujourd’hui un symbole de leadership et de la dignité des grands chefs et rois en qui la nation sera éternellement reconnaissante. Dans un esprit d’apaisement, nous invitons M. Yampen Ousmanou, certes préfet des hauts-Plateaux, mais avant tout “sujet” du Sultan Bombo Njoya, Roi des Bamoun, à faire amende honorable et demander pardon à l’autorité traditionnelle SM SOUKOUDJOU, Roi des Bamendjou, ainsi qu’à toutes les autorités traditionnelles sans exclusive de la nation du Cameroun du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest.

La chefferie est un domicile privé

L’initiative prise par le préfet doit impérativement être recadrée. Faudrait-il désormais que toute concertation dans un domicile privé soit déclarée à l’administration ? Les libertés individuelles sont de plus en plus confisquées au Cameroun aujourd’hui où seules les manifestations de l’Etat-RDPC sont acceptées.. Mr Yampen Ousmanou aurait-il réagi de la sorte si le FO’O avait reçu en consultation des membres du RDPC ?

Au-delà de ce qui s’est passé redonnons à nos chefferies traditionnelles la place qu’elles méritent. Paul Biya étant comme il le dit lui-même, le meilleur élève de la France, son régime s’acharne à détruire tout ce qui peut concourir à l’émancipation du peuple camerounais.

En règle générale, nos chefferies devraient bénéficier des subventions constitutionnellement établies de l’Etat sans être obligées de se prostituer comme c’est le cas aujourd’hui.

Nous nous attellerons dans la reconstruction du Cameroun à restaurer la respectabilité des gardiens de nos valeurs culturelles et traditionnelles qui demeurent le socle, la boussole de notre société.

Fait à Munich, Le 30 Juillet 2020

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