La prétexte fantaisiste de libération masque l’égoïsme dans la crise anglophone – 237online.com
Politique

La prétexte fantaisiste de libération masque l’égoïsme dans la crise anglophone

Chaque jour qui passe emporte son lot de pertes dans les deux régions anglophones du Cameroun, où la douleur et les souffrances intenses sont quelque chose de tangible.

Chaque jour offre le spectacle douloureux des blessures, de la frustration et de l’oppression portées sur des visages frappés quotidiennement par la mort d’êtres chers, des propriétés réduites en cendres par des pyromanes, des enlèvements effrénés de proches transportés dans des endroits inconnues, des lointaines forêts, jusqu’à ce qu’une rançon conséquente soit payée; quoique, cela ne vous garantit en rien le retour de l’être cher ! Vous pouvez peut-être obtenir en retour un cadavre torturé, ou un corps inerte respirant à peine, mutilé et traumatisé, voir un légume. Le traumatisme ne concerne pas que les victimes, il concerne également les familles, y compris celles de ces hors-la-loi qui prétendent être des libérateurs, mais qui ont tellement traumatisé leurs communautés de telle sorte que chaque seconde qui passe, elles vivent un film d’horreur; s’échapper demeure alors la seule issue, si seulement vous réussissez à le faire. Et pour ceux qui réussissent à sortir de ce champ de mines, ils deviennent juste un chiffre, une statistique ! Une statistique sans cesse croissante de réfugiés au Nigéria voisin, ou de personnes déplacées à l’intérieur du pays, qui cherchent désespérément de l’aide dans le premier paradis de fortune qui s’offre à eux, et où l’espoir de revenir se bouscule avec les souvenirs traumatisants des scènes d’horreur vécues chez eux. L’incertitude se profile alors comme un nuage, toujours présent et sombre en permanence.

Le coup porté à l’économie de ces deux régions est fatal. Les entreprises ont fermé, les petits commerces ont disparu. Les plus téméraires sont chaque jour affaiblis par les villes-mortes, la brutalité et le harcèlement constant de voyous armés, réclamant ce qu’ils appellent «contribution». S’agissant précisément de cette soi-disant contribution à l’effort de guerre de libération, il n’est pas nécessaire de croire à la cause pour être sollicité; vous n’avez pas à vous y opposer pour être harcelé; Il suffit simplement d’exister et d’être repéré pour que vous soyez harcelé et contraint de vous séparer de vos gains et autres biens.

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Ce chaos a pour origine des « simples » actions de syndicale, notamment les grèves menées par des avocats du système juridique Common law et des enseignants du sous-système éducatif anglophone, à la recherche de meilleures conditions de travail et de solutions à un certain nombre de problèmes professionnels. L’occasion faisant le larron, des opportunistes ont détourné la grève et en ont fait une revendication politique sur la forme de l’État. En un clin d’œil, la médaille a été retournée du coté pile le visage le plus hideux de cette mascarade a été dévoilé. Une classe brutale a émergé et un conflit armé s’en est suivi. La terreur et l’horreur ont été leurs armes. Ce qui était autrefois un mouvement de revendications légitime s’est transformé en une «lutte» pour l’indépendance des deux régions anglophones, afin de créer le pays putatif appelé Ambazonia. Quelle grosse entourloupe !

Parmi les révoltés, deux sons de cloches cependant. Les modérés pensent qu’avec le système de gouvernance fédéral, les populations des deux régions anglophones conserveront et protégeront mieux leur identité. Par identité, ils désignent des problèmes structurels et constitutionnels tels que les systèmes juridiques et éducatifs qui caractérisaient le Cameroun britannique avant la réunification avec le Cameroun francophone en 1961. Les fédéralistes estiment également que cela mettra fin à la domination des anglophones par les francophones, ou plutôt à la marginalisation des deux régions anglophones. Les populations de ces régions anglophones se considérant, selon eux, comme des citoyens de seconde zone. Certains postes gouvernementaux semblent réservés exclusivement aux francophones depuis la réunification. Ils citent à titre d’exemple le fait qu’un anglophone n’a jamais été secrétaire général à la présidence de la République, ni ministre des Relations extérieures, de l’Administration territoriale, pour ne citer que ceux-là. Le caractère bi-jural du pays est négligé au détriment des anglophones. Le président Paul Biya a réglé certains de ces griefs. Il y a une section Common law à la Cour suprême, dirigée par un anglophone. Le nouveau ministre de l’Administration territoriale est anglophone et l’un des ministres en charge de l’éducation est originaire de la région du Sud-Ouest. Dans le secteur pétrolier, un anglophone est directeur général du Fonds de stabilisation du prix des hydrocarbures (CSPH). Cependant, pour eux, le Président Paul Biya doit en faire plus pour être convaincant. Somme toute, les fédéralistes sollicitent une révision constitutionnelle devant mettre un terme à l’État unitaire décentralisé.

Les sécessionnistes, quant à eux, visent le divorce entre les deux régions anglophones d’une part, et le Cameroun francophone d’autre part. C’est ce qu’ils appellent «libérer notre peuple» des griffes de Yaoundé. Pour y parvenir, les sécessionnistes ont monté au pif une « armée » brutale, barbare, impitoyable, mal formée et mal équipée. Les jeunes sont appelés à se battre pour la «lutte» de l’indépendance contre des forces gouvernementales bien formées et bien armées. Vous n’avez pas besoin de lunettes pour voir que le fantasme de libération est une prison à ciel ouvert, avec la population des deux régions en tant que prisonniers d’armes artisanales et de machettes brandis par les « Ambas ». Sous le couvert de la libération, des individus et des groupes armés pillent et s’en mettent plein les poches. Chuo Ayaba, chef des « Ambazonia Defense Forces » a été piégé à Londres. Il a s’y est rendu tout seul pour signer un contrat pétrolier, livrant ainsi la partie anglophone du Cameroun.

Que cela soit donc clair : le conflit en cours ne concerne pas l’amélioration de la situation des anglophones, du moins pour les séparatistes. Il s’agit d’un intérêt personnel. Seule une personne crédule ne verra pas le conflit comme un stratagème d’enrichissement rapide. Il y a beaucoup d’argent à gagner. Des personnes sont enlevées contre rançon. Les propriétés sont pillées, des maisons et des bâtiments incendiés. Les biens sont confisqués. L’argent est collecté de force auprès de la population sous le fallacieux prétexte de la «contribution à la lutte». Le maraudage est à l’ordre du jour. Des gangs de bandits ont pris le pouvoir, terrorisent la population et règlent leurs comptes. Les politiciens politiquement morts instrumentalisent la crise pour relancer leur carrière politique. D’autres, qui ne peuvent diriger même un petit groupuscule, se répandent sur les médias en utilisant la crise pour attiser les sentiments de haine, de xénophobie et gagner en popularité auprès de cette population dont ils se targuent d’être les voix des sans voix. Ces catégories de personnes ne veulent pas que le conflit se termine, au contraire… Les organisations non gouvernementales germent et se nourrissent de la crise, prêtes à torpiller toute action susceptible de mettre fin au conflit et de sauver des vies, leur ôtant ipso facto leur nouvelle vache à lait et leur poule aux œufs d’or.

Mesape Gladys

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