Alors que le Cameroun actait début février une hausse de 15% sur les tarifs de l’essence, un internaute avisé a décrypté en détails sur les réseaux sociaux les coulisses de ce psychodrame. Et dénonce une vaste manipulation des esprits via la fameuse « fenêtre d’Overton« . Explications.
Faire passer la pilule grâce à un leurre
Tout commence par une rumeur explosive qui affole les réseaux sociaux camerounais fin janvier : une imminente flambée généralisée du prix des carburants, tous produits confondus. De quoi provoquer un tollé populaire et pousser le gouvernement à organiser dans l’urgence une réunion de « concertation » avec les associations de consommateurs.
Sauf que derrière cette façade, un internaute malicieux a identifié une vaste manipulation destinée à « adoucir la pilule » d’une augmentation devenue inéluctable. En grossissant le trait via des projections apocalyptiques, le pouvoir cherchait avant tout manœuvrer habilement l’opinion pour mieux faire passer la couleuvre d’une hausse finalement « limitée« .
Une victoire en trompe-l’œil pour les citoyens grugés
Car au final, si le gaz et le pétrole lampant seront épargnés, l’essence et le gasoil ont bien augmenté de 15%, conformément au plan initial discret du gouvernement. Mais entretemps, ce dernier aura réussi son pari en jouant avec les peurs primaires de l’opinion : faire passer ce +15% pour une victoire, alors même que le matraquage fiscal se poursuit en toute discrétion.
Et notre analyste politique de dénoncer ce coup tordu digne d’un prestidigitateur, consistant à élargir in fine la « fenêtre d’Overton ». Comprendre : étendre le champ de tolérance collective à des mesures toujours plus douloureuses qui seraient apparues radicales en temps normal.
Une leçon de realpolitik à usage des citoyens
Bref, par ce décryptage impitoyable, l’internaute aura offert une véritable leçon de realpolitik à ses compatriotes. Et démontré par l’absurde à quel point les esprits les plus critiques et aiguisés demeurent essentiels pour contrer les stratagèmes machiavéliques des dirigeants.
Car désormais, la supercherie ne prend plus auprès d’un peuple devenu mature et conscient de la nécessité de débusquer les manipulations, aussi sophistiquées soient-elles. Cette prise de conscience collective constituera peut-être, qui sait, un premier pas vers l’avènement d’un véritable contrat social au Cameroun…
Par Francis Tagne pour 237online.com
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