Cameroun : La grippe aviaire est de retour à l’Ouest

Le centre ville de la capitale regional de l'Ouest

Un arrêté régional, signé ce dimanche 6 février 2022, institue des mesures urgentes de prévention et de lutte contre la (grippe aviaire) Influenza Aviaire Hautement pathogène, confirmée dans la Région.

Nouvelle urgence sanitaire dans la Région de l’Ouest. Dimanche, 6 février 2022, le gouverneur a prescrit sept mesures visant à endiguer la grippe aviaire dans le département de la Mifi. « Ces mesures seront de facto applicables aux autres départements de la Région en fonction de l’évolution de la maladie », souligne cet arrêté pris un week-end. Ce jour, le chef de l’administration territoriale dans cette zone du pays faisait savoir à un fermier, Daniel Ndefonkou, promoteur de l’exploitation avicole de Kongso, à Bamougoum, que sa ferme sera détruite. « Suite aux mortalités importantes des volailles enregistrées dans votre exploitation sis à Kongso (Bafoussam 3ème), et la confirmation par un diagnostic de l’infection à Influenza Aviaire Hautement Pathogène (grippe aviaire), écrit Awa Fonka Augustine, j’ai le regret de vous informer qu’une opération d’abattage sanitaire d’urgence sera menée dans votre exploitation par les responsables des services vétérinaires, conformément aux dispositions de la loi n°006/2001 du 16/04/2001 portant nomenclature et règlement zoo-sanitaire des maladies du bétail réputées légalement contagieuses et déclaration obligatoire ».

Là serait selon nos sources, l’un des principaux foyers de cette maladie des volailles qu’on soupçonne d’être entrée à travers les poussins importés et la légèreté des contrôles sur la provende pour les nourrir . De sa ferme aux autres, le gouverneur a prescrit la « mise en œuvre des opérations d’abattage sanitaire d’urgence dans les foyers identifiés, leur destruction par incinération et enfouissement sous contrôle des responsables des services vétérinaires avec l’appui des forces de maintien de l’ordre ». De même, il est érigé une « barrière sanitaire au niveau de la ferme, avec interdiction d’accès à toute personne non-autorisée pendant la période de déroulement des opérations d’abattage sanitaire et de désinfection des foyers ». Dans ce qui est le plus grand bassin de production avicole sur le territoire national, les mouvements des « animaux sensibles » ainsi que des produits des fermes seront désormais surveillés. Awa Fonka Augustine parle de la « mise en œuvre urgente des enquêtes/investigations épidémiologiques, par les services vétérinaires compétents dans les fermes avicoles, couvoirs et marchés de volailles » sur l’ensemble de la région.

Trafics et veille sanitaire

L’on se souvient du jeu de cache-cache auquel se livrent régulièrement les producteurs, les négociants, les services vétérinaires et les forces de l’ordre déployés sur les routes pour lutter contre la circulation des produits et sous-produits des fermes attaquées par la maladie. Des cargaisons d’œufs, des carcasses de poule se sont régulièrement retrouvées dans nos métropoles, malgré les contrôles diurnes et nocturnes instituées pour les combattre. Cette fois encore, le gouverneur a ordonné la « mise en œuvre immédiate des opérations de police sanitaire vétérinaire ». En clair, « les déplacements des volailles et produits des fermes à l’intérieur et à l’extérieur de la Région de l’Ouest ne sont autorisés que pour les fermes détentrices d’un résultat du test PCR négatif datant d’une semaine ou du test ELISA négatif datant de moins de 72h pour l’Influenza Aviaire Hautement Pathogène délivré par le Laboratoire national vétérinaire ». Encore faudrait-il que toutes les fermes soient identifiables.

Bien que les missions d’inspection, d’abattage et d’incinération fassent l’objet d’un rapport adressé au gouverneur, pour des besoins de contrôle, des opérateurs de la filière suspectent cette précaution. Une fois de plus, certains fermiers refusent de reconnaître la présence des microbes dans la ville de Bafoussam et accusent les pouvoirs publics de décourager l’initiative privée. Pour mémoire, la dernière fois que les fermes avaient été détruites, plusieurs éleveurs découragés avaient frôlé le suicide. Le corps de l’un d’eux avait d’ailleurs été repêché dans la rivière Noun, après la découverte d’une lettre dans laquelle il affirmait être incapable de rembourser les dettes contractées pour lancer son activité. Comme plus tard, les cultivateurs de tomate.

Franklin Kamtche / 237online.com

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