GICAM/DGI : le patronat accuse l’Administration fiscale de le terroriser

Célestin Tawamba et Mopa Fatoing

Au-delà de l’ostracisme dont les opérateurs économiques se disent victimes, le malaise est plus profond qu’on ne le pense.

Comme on le sait, le patronat camerounais par le biais de Célestin Tawamba, le Président en exercice du Groupement Inter Patronal en abrégé (GICAM), dans une correspondance a récemment interpellé le Président de la République par rapport au différend qui l’oppose l’Administration fiscale, de manière générale, et au Directeur Général des Impôt Mopa Fatoing en particulier. En claire il est reproché à ce dernier, entre autres, le manque de dialogue avec les opérateurs économiques, notamment les patrons des Grandes Entreprises. Un paradoxe qui ne s’aurait se justifier, d’autant plus que ceux-ci à eux seules assure 76% de la recette de la Direction Générale des Impôts.

Cette affaire a été abondamment commentée par la presse camerounaise. Quelques confrères ont eu à dénoncer le tir groupé d’une certaine presse sur Célestin Tawamba, sans prendre le temps de faire des investigations telles que préconiser par les canons du journalisme. Après enquête donc, il s’avère que ce problème est très sérieux, et que la lettre du Président du GICAM, n’est que la pointe visible de l’iceberg. Pour s’en convaincre, on se souvient de la récente visite du PDG du groupe Castel au Cameroun. Il avait été reçu par le Chef de l’Etat en personne. Mais ce qu’on n’a pas dit au camerounais ordinaire, c’est que ce monsieur venait plaider pour son entreprise dont le compte avait été saisi par DGI. Les Brasseries du Cameroun, faut-il le rappeler est le plus gros contribuable en termes de recette fiscal au Cameroun, et de surcroit l’un des plus grands employeurs après l’Etat.

Le comble du paradoxe est que le malaise est généralisé au sein du patronat camerounais. Les assureurs pour ne citer que ceux-là, lui reprochent de leur imposer un redressement 2,2% sur le chiffre d’affaire, ce qui est pour les économistes, ahurissant tel que le confirme le Pr en économie Alaka Alaka. En outre on lui reproche, en dehors de se renfermer dans sa tour d’ivoire, de refuser unilatéralement de mettre en application les lois fiscales adopté par les pays de la zone CEMAC.

Les économistes sont unanimes quant à la politique fiscale idéal d’une nation : « trop d’impôt tue l’Impôt » disent-il. D’autre part mordre le doigt qui vous nourrit risque d’être fatal pour le Cameroun. On ne doit non plus tuer la poule aux œufs d’or. Pour eux l’impôt doit se calculer sur le bénéfice et non sur le chiffre d’affaire. Ils disent qu’en économie on n’administre pas, on gère, c’est-à-dire qu’on tient compte d’un certain nombre de paramètre avant une prise de décision. Or selon eux on a l’impression d’avoir affaire à une administration arrogante. La preuve, ¾ de la loi de la loi sur les impôts ne parle que de répression.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *