Politique

Fête de la Jeunesse 2019 : Paul Biya promet 500 000 emplois

Dans son discours en prélude à la célébration de la 53e édition, le chef de l’Etat a fait de nouvelles des promesses.

Comme en 2018, les jeunes ont suivi de simples intentions dans le discours du chef de l’Etat adressé à la jeunesse en prélude à la célébration de la
53e édition le 10 février 2019. Sans dire concrètement comment son gouvernement va s’y prendre, il a affirmé qu’ « En 2019, il est prévu de créer au moins 500 000 emplois. Le gouvernement poursuivra l’opérationnalisation d’un dispositif de gestion prévisionnelle des emplois. Les axes stratégiques du plan d’action prioritaire de la politique nationale de l’emploi continueront d’être mis en œuvre. L’accès à la formation professionnelle sera amélioré, à la fois par la diversification des filières et la densification de l’offre de formation dans de nouveaux centres. Le niveau de celle-ci sera relevé grâce à l’ouverture à Yaoundé de l’Institut national de formation des formateurs et du développement des programmes. Ce que je viens de dire permet de constater l’ampleur des efforts qui sont faits par les pouvoirs publics pour donner à nos jeunes une formation de qualité et faciliter leur insertion dans la vie active.
Peter Awok, titulaire d’une maîtrise s’est dit choqué à la fin. « Je suis resté sur ma soif ! Pas de concours particuliers, de politiques incitatives pour faciliter l’intégration des jeunes en entreprises. Je n’attends plus rien » , a-t-il affirmé. Samson Ndo a précisé que le point n’a pas été fait sur les emplois annoncés en grande pompe l’année dernière. Paul Biya précise que l’objectif est d’atteindre un niveau de croissance compatible avec notre ambition de l’émergence. « À cet égard, il est permis d’être raisonnablement optimiste, notre taux de croissance étant à nouveau orienté à la hausse. Selon les prévisions, après 3,8% en 2018, il pourrait être de 4,4% en 2019 et de 4,7% en 2020, avec les retombées positives pour l’emploi des jeunes. À côté de ces perspectives encourageantes pour le retour de la croissance, il convient de mentionner la part qui revient à la promotion de l’emploi assurée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Plus de 500 000 emplois ont été créés en 2018 grâce aux grands chantiers en cours, aux projets agricoles, routiers et infrastructurels, ainsi qu’aux travaux menés par les collectivités territoriales décentralisées. »
Le chef de l’Etat a davantage mis l’accent sur les devoirs des jeunes envers la nation. Aussi les a-t-il invité à faire de l’émergence de notre pays une « cause nationale » . Principaux acteurs, ils doivent se mobiliser pour faire triompher une cause juste et nécessaire. Etablissant presque les
responsabilités de chaque génération, il a affirmé que « Pour nos pères fondateurs, ce fut l’indépendance, indissociable de l’unité nationale. Pour
leurs successeurs, la mise en place et la consolidation des institutions du nouvel État. Pour la génération suivante, l’avènement de la démocratie et
du progrès social. Pour celle d’aujourd’hui, la modernisation de l’économie et la justice sociale » . Il s’est agi pour lui donc de consolider les
institutions étatiques, le progrès social n’est pas à proprement parler sa mission. « En ce qui vous concerne, il s’agit tout d’abord de défendre tous
nos acquis afin de mieux mener le combat pour l’émergence. Beaucoup a été fait, au cours des dernières années, pour améliorer notre tissu
économique.

« Il vous reviendra de poursuivre dans la même voie. Il vous faudra mettre en œuvre nos grands projets de révolution agricole, d’industrialisation et
d’infrastructures, sans oublier ceux qui concernent le domaine social, comme l’éducation, la santé et l’habitat » . Une rengaine qui transparaît dans la plupart de ses discours. Le Chef de l’Etat poursuit que lors de sa prestation de serment en novembre dernier, s’adressant aux jeunes, il a demandé de ne pas perdre espoir. « Je le répète aujourd’hui. En effet, je n’ignore pas vos difficultés. Je comprends votre aspiration au changement et votre désir de participer davantage aux décisions qui engagent votre avenir. Je vous le dis à nouveau : le Cameroun de demain se fera avec vous. » , a-t-il indiqué. A propos de l’année 2018 qui a été marquée par la tenue de l’élection présidentielle, il a salué l’enthousiasme des jeunes, soit comme
électeurs, soit comme candidats, soit comme acteurs du processus électoral. D’après lui, cette participation est encourageante, car elle traduit
l’intérêt certain des jeunes pour les affaires du pays. Cet intérêt doit être conforté et poursuivi.

Il a aussi profité pour critiquer cette pratique devenue courante qui s’exprime à travers les réseaux sociaux et qui donne lieu à des dérives
préoccupantes. Si le principe de cette forme de démocratie directe n’est pas répréhensible en soi, on peut malheureusement constater, pense-t-il,
qu’elle se traduit souvent par des prises de position outrageantes à l’égard des autorités, des acteurs politiques ou de simples citoyens. Cette
manière de faire de la politique enfreint souvent non seulement les principes démocratiques, mais la loi. Pour lui, il existe une autre façon, plus
responsable et plus recommandable, de faire de la politique. Par définition, celle-ci se rapporte à la gestion de la société. En votant, en se
présentant à une élection, en étant élu conseiller municipal ou régional, député ou sénateur, on fait de la politique au sens noble du terme. « Si vous
en avez l’ambition, n’hésitez pas à vous engager dans cette voie pour le bien de votre pays
» , a-t-il martelé. En le faisant, les jeunes participeront de ce fait à la construction de la société juste, démocratique et fraternelle, fondée sur nos réalités socio-culturelles et notre héritage historique, société que notre peuple appelle de ses vœux.

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