Société

Exactions de l’armée: L’éternel conflit entre Mediapart et le gouvernement camerounais

Depuis le déclenchement du conflit de Boko Haram dans les Régions septentrionales couplé à la crise dans les régions du Nord-ouest et Sud-ouest qui oppose ces derniers aux forces de l’ordre, c’est la confusion totale.

Entre dénonciations des exactions commises par le Bataillon d’intervention rapide (Bir) par certains médias étrangers et démentis du gouvernement, la vérité semble se trouver dans une boite de pandore.

Le site Français avait publié le 19 septembre une enquête initiée par un média Néerlandais sur les méthodes du Bataillon d’Intervention Rapide (Bir). L’enquête de Médiapart affirmait entre autres que des véhicules militaires «bastions» de fabrication Française «étaient utilisés par le Bir». Média-
part ajoutait par ailleurs que dans les deux régions, le Bir procède à des opérations de «contre instruction» en utilisant des «Méthodes qui leur ont été enseignées par des formateurs Français, Américains et Israéliens selon les principes élaborés par la France à l’époque des guerres d’Indochine et d’Algérie et perfectionnés par les Américains en Irak. Pire, le Bir est soupçonné par ces médias « de posséder des chambres de tortures dans la base du Bir à Maroua Salak», peut-on lire dans cet article.

Mensonges?

Cette publication a créé une levée de boucliers de deux personnalités pas des moindres. D’abord le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, qui a répondu le 19 septembre à cet article. «Il va sans dire qu’il se dégage des allégations de cette presse étrangères, colportées et relayées par une kyrielle de médias internationaux, une indéniable volonté de nuire à l’image de l’armée camerounaise», avait déclaré le porte-parole du gouvernement. Il a été secouru par Cyrille serge Atonfack, chef de la division de la communication au ministère de la Défense, «Médiapart et Arte veulent jeter du discrédit sur notre noble mission.

Ces allégations et cette abjecte campagne sans fondement de nature à saper de nos troupes et tuer avant son éclosion les fruits des assises du grand dialogue national. En dépit des actes isolés et illégaux de certains de ses éléments du reste déjà traduits en justice, le Cameroun devrait mériter plus d’égards. Ces allégations sont de la pure calomnie qui a eu un échec cuisant face à leur volonté de faire chuter le Cameroun. Honte aux hypocrites et non à la domination et à la soumission», martelait-il.

Parallélisme

Ces versions opposées des différentes parties laisse un certain nombre d’interrogations qu’il semble important de relever beaucoup plus du côté du gouvernement puisque c’est lui qui est accusé et devrait apporter les preuves tangibles. Depuis l’arrivée de René Emmanuel Sadi à la tête du ministère de la Communication, il s’est souvent caractérisé par beaucoup de contradictions sur les versions officielles des faits (affaire du bébé qui a été criblé de balles, l’affaire des saccages dans les ambassades, et bien d’autres). Même si on peut reprocher à Médiapart l’opportunité de cette publication dans un contexte de grand dialogue national, le gouvernement camerounais du fait de son caractère dubitatif dans la proclamation des faits, semble donner raison à ces médias étrangers qui n’attendent que la faille.

La Voix du Centre N° 0115 Du 30 Septembre 2019

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