Edéa : une femme tuée par des chiens, la loi camerounaise est claire

Drame Edéa – femme attaquée par des chiens, enquête ouverte

Une femme de 45 ans qui meurt en allant travailler tuée par cinq chiens. Le drame d’Edéa, survenu le 12 septembre dans la résidence d’un vice-recteur de l’Université de Yaoundé I, relance une question que le Code pénal camerounais tranche déjà. Reste à savoir si la justice appliquera la loi jusqu’au bout.

Ce que dit vraiment la loi

Dame Mbango Émilienne, femme de ménage et mère de famille, franchissait le portail de son lieu de travail samedi matin. Les cinq molosses de la propriété, appartenant selon Regard sur le Territoire au Professeur Stéphane Ngwanza, l’ont attaquée. Elle est morte sur place, dans des conditions que personne n’ose vraiment décrire en détail.

Les chiens ont été abattus. Une enquête est ouverte à Edéa, dans la Sanaga-Maritime.

Mais le vrai sujet, c’est l’article 289 du Code pénal. Ce texte punit de 3 mois à 5 ans de prison, et de 10.000 à 500.000 francs d’amende, celui qui par négligence ou imprudence cause la mort d’autrui. Laisser cinq chiens dangereux en liberté dans une cour où une employée doit entrer chaque matin, ça rentre difficilement dans la case « accident imprévisible ».

Certains vont vouloir minimiser l’affaire en invoquant l’article R.370, qui sanctionne la divagation de chiens d’une simple amende de 4.000 à 25.000 FCFA. Ça ne tient pas. Dès qu’il y a mort d’homme, on sort du contraventionnel pour entrer dans le délictuel, et ça change tout.

Le vrai test, c’est maintenant

Le professeur ne voulait évidemment pas la mort de cette femme. Personne ne dit le contraire. Mais la loi ne punit pas l’intention, elle punit l’absence de précaution, et c’est précisément le cœur du dossier à Edéa.

Difficile de ne pas y voir un cas d’école pour la justice camerounaise. D’un côté, un haut responsable universitaire. De l’autre, une ménagère de 45 ans dont la famille attend une réponse. Le dossier dira si la qualité du mis en cause pèse dans la balance, ou si la loi s’applique de la même manière pour tous.

L’enquête sera regardée de près, à Douala comme à Yaoundé. Le signal envoyé aux propriétaires de chiens féroces dépendra de ce qui sortira de ce dossier.

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✍️ À propos de l'auteur
Robert Ntanso
Robert Ntanso

Juriste et rédacteur pour 237online.com, Robert Ntanso décrypte le droit camerounais au quotidien dans la rubrique "Le Coin du Droit", pour que chaque citoyen connaisse ses droits.

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