113 divorces sur 150 affaires à Ndokoti : le mariage en crise à Douala

Divorces Ndokoti – 113 sur 150 affaires matrimoniales Douala

113 divorces pour 150 affaires traitées. Le chiffre tourne au tribunal de Ndokoti, à Douala, et il interpelle grandement. Un mariage sur deux qui bascule devant le juge, ça pose question sur ce qui se joue vraiment derrière les portes closes des foyers camerounais, bien après la fête et les habits assortis.

Un tribunal qui ne désemplit pas

Le tribunal de première instance de Ndokoti est devenu, sans le vouloir, un baromètre social. 150 affaires matrimoniales, 113 divorces prononcés ou en cours. Le rapport dépasse les 75 pour cent, un niveau que peu de villes africaines affichent avec autant de constance.

Maître Prudence Marcelle Madeng II, avocate, a posé son propre diagnostic sur la question. Sa liste ne fait pas dans la dentelle. Mauvais casting au départ, précipitation de l’horloge biologique, incompatibilité chronique, violences sous toutes leurs formes, ingérence familiale, adultère, et une mention particulière pour le téléphone et les réseaux sociaux, qu’elle qualifie sans détour de « lupanar ».

Le drame de Yaoundé, où un homme a tué sa femme moins de deux ans après leur mariage alors qu’ils avaient vécu 15 ans en concubinage sans incident, illustre à quel point la case légale du mariage change parfois la donne. Le couple tenait en union libre. Le mariage, lui, n’a pas tenu.

Le mariage, une question de chance ou d’éducation ?

Vingt ans de mariage, ça ne se décrète pas sur un casting de 24 heures ni sur un dossier étudié pendant des jours. C’est le constat d’un couple qui a traversé deux décennies ensemble, sans recette miracle, juste en refusant de franchir la ligne rouge quand ça se gâtait.

Le chiffre révèle surtout une absence criante d’éducation à l’amour et au mariage, comme le pointe Maître Madeng dans son diagnostic. La dot elle-même, censée sceller une union, devient parfois « meurtrière » quand elle écrase les familles sous des charges économiques insoutenables dès le départ.

Difficile de ne pas y voir un système entier à revoir, entre pression sociale, précipitation et manque de préparation réelle des couples avant l’engagement.

À Ndokoti comme ailleurs, le tribunal continuera d’enregistrer les ruptures tant que la société camerounaise n’aura pas réglé ses comptes avec l’idée même du mariage.

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✍️ À propos de l'auteur
Alain-Claude Ndom
Alain-Claude Ndom

Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.

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