Société

Découverte au Cameroun d'une bougie contre le paludisme

Sous l’encadrement du Docteur Tchamgoue Joseph, Franck Happi et ses camarades mettent sur pied, la Bougie anti-Moustique (BAM).

Dans un laboratoire de la ville de Yaoundé, le Docteur Tchamgoue Joseph, PhD en chimie des substances naturelles et ses étudiants ne dorment pas. Au quotidien, il est question de faire une nouvelle trouvaille qui peut améliorer les conditions de vie des camerounais à partir de dame nature. « On remarque que les insecticides aujourd’hui sont assez toxiques pour notre santé. Elle est la cause de plusieurs types de cancer. Donc il est important d’encourager le bio… Raison pour laquelle, nous travaillons totalement dans le 100% nature. », confie Maptoum Lise, technicienne supérieur en chimie.

C’est dans ce sens que Happi Djomkam Franck Geordi, co-fondateur de la startup Africa Chemistry Development (ACD) et inventeur de la pâte à papier fait à base du sissongo, Badjeck Alicia, Maimouna Ahlalhadji, Kamga Loïc, Maptoum Lise ont réussi à moderniser une vieille recette de grand-mère.
Pour Franck Djomkam Happi « Nous sommes dans un pays où le taux de mortalité dû au paludisme est très élevé. D’ailleurs, nous sommes parmi les dix pays les plus touchés dans le monde. La cause de ce paludisme est le moustique (Anophèle femelle). . Nous avons donc vu qu’il faut un produit qui peut non pas tuer, mais de repousser le mal hors de nos maisons. Pour ce qui est de la plante médicinale associée on a pensé à nos grand-mères, qui avant de partir au champ, s’imbibaient le corps de cette huile pour ne pas être attaquée par les moustiques ».

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A travers cette plante aux propriétés thérapeutiques donc la teneur doit beaucoup à la thérapie traditionnelle africaine, ils ont pu en extraire l’essence afin de l’associer à la bougie. Résultat, la bougie chasse les moustiques. Selon le Docteur Tchamgoue Joseph, fondateur de l’ACD, « Généralement dans les zones rurales, on n’a pas l’électricité à 100%, les gens qui y vivent sont obligées de faire recourt à la bougie. D’où l’idée de combiner une huile essentielle qui a les propriétés de chasser les moustiques avec la bougie qui va servir pour l’éclairage. Donc le deux en un est plus facile.»

Maintenir l’équilibre naturel

Le plus intéressant encore sur cette nouvelle trouvaille est que, dans le but de garantir l’équilibre naturel, le produit ne tue pas les moustiques mais il les chasse. « Puisqu’il faut un certain équilibre dans l’environnement, généralement, les insecticides que nous utilisons à la maison sont des produits de synthèse chimique comportant des substances cancérigènes qui s’accumulent dans la nature et cause des maladies. Donc la particularité de cette bougie est qu’elle ne tue pas les moustiques, mais chasse les moustiques sur un rayon bien déterminé. Donc si vous êtes dans un appartement et que vous allumer la bougie minimum 30 minutes, cela renvoie tout ce qu’il y a comme anophèle femelle hors de l’appartement. Donc, là vous pouvez dormir tranquillement. De plus, contrairement aux insecticides qui sont parfois mal disposés. Les bouteilles parfois après utilisation sont jetées dans l’environnement. Ce qui va polluer l’environnement. Or, ces substances, s’évaporent complètement après utilisation dans l’atmosphère. »

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De Start-up à…

Encore au stade de petite production, la jeune équipe dont la moyenne d’âge est de 22 ans, vise grand. Elle entend fournir en grande quantité si l’opportunité se présentait. D’après le docteur Tchamgoue Joseph, « Pour ce qui est de la production, nous sommes déjà à notre troisième production. Soit déjà une centaine de bougies qui ont été testées et vendues. Nous commençons à avoir les gens qui s’y intéressent vraiment. Pour l’instant, la distribution se fait beaucoup plus à Yaoundé. Nous avons des partenaires à Douala qui sont intéressés. Hors du pays aussi, pour des cérémonies nous avons un partenaire qui vient de passer une commande de 200 bougies. ». De plus, ajoute-t-il, « si la demande est explosive, il va vraiment falloir un financement pour produire à l’échelle industrielle. Actuellement, nous faisons cette production, juste à l’échelle des start-up. Si le projet est intéressant, il y a forcément des bailleurs de fonds qui pourront investir. Pour ce qui est de la matière première, elle est trouvée sur place. » D’où l’interpellation de ces derniers à l’endroit des pouvoirs publics camerounais. « Nous avons besoin de l’aide des autorités pour nous soutenir dans ce projet pour qu’on puisse élargir notre production, également trouver des marchés. Le produit est fini. Il est même déjà commercialisé. Pour le moment nous faisons du porte à porte pour la promotion », a confié Alicia Badjeck.

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